Kawasaki Ninja 1000SX : Kawa persiste et signe !

Pour Kawasaki, le segment des GT sportives ou Sport tourer n’est pas mort ! La marque verte persiste et signe avec la 4ème génération de la gamme Z1000SX rebaptisée.

Apparue en 2011, la Z1000SX entre dans la famille des Ninja. Pas toujours facile de s’y retrouver dans les différentes familles (7 chez Kawa) ! Entre les Hypersport, Super sport, Supernaked et Sport Tourer, les nuances sont parfois subtiles. Par contre, l’appellation « Ninja » est commune à toutes les sportives de la marque.

Dans le Japon médiéval, les Ninjas étaient des guerriers-espions dont les atouts principaux étaient la furtivité et la discrétion. Si la discrétion n’est pas la qualité principale des Kawa sportives, leur furtivité et leur look taillé au couteau correspondent assez fidèlement à l’image du guerrier japonais : souple, rapide et efficace.

Quoi de neuf ?

Niveau motorisation, la version 2020 de la 1000SX ne présente pas d’évolution majeure si ce n’est une adaptation aux normes Euro 5 (en réalité Euro 5 ready). Par contre, l’esthétique a évolué : ligne plus acérée, carénage élargi afin d’offrir une meilleure protection, selles plus confortables et, malheureusement pour le look, un (gros) pot 4 en 2 en 1 remplace les deux échappements qui conféraient un cachet unique à la Z1000. La partie cycle évolue peu si ce n’est au niveau des suspensions plus performantes et de la monte de pneus Bridgestone Battlax Hypersport S22 spécifiques au modèle. Signalons également la bulle réglable sur quatre positions au lieu de trois, un écran TFT de 10,9 cm de diagonale, de nouveaux comodos, un éclairage full LED’s et l’adoption d’un Quickshifter up & down.

Comme il se doit pour une sportive moderne, la Ninja est bardée d’aides électroniques de dernière génération :

  • KIBS (Kawasaki Intelligent anti-lock Brake System) pour un freinage plus efficace.
  • KCMF (Kawasaki Cornering Management Function) pour une trajectoire idéale dans les courbes.
  • KTRC (Kawasaki Traction Control) à 3 niveaux pour une meilleure tenue de route.

La cerise sur le gâteau : en plus de l’ECU (Engine Control Unit), une centrale de mesure inertielle Bosch (IMU) mesure l’inertie suivant 6 axes : l’accélération longitudinale, transversale et verticale, la vitesse angulaire de roulis et la vitesse de tangage sont mesurées. Cette centrale est réellement un plus car elle permet d’optimiser les aides à la conduite habituelles comme l’ABS ou l’ antipatinage, afin de pouvoir exploiter la moto de manière optimale.

Au niveau moteur, signalons la présence de doubles papillons. Les papillons secondaires optimisent le remplissage des cylindres à tous les régimes afin d’obtenir un comportement à la fois souple et une puissance exploitable, quelles que soient les conditions d’utilisation.

L’embrayage « Assist & Slipper » assure une plus grande souplesse de la poignée et limite les effets négatifs lors de rétrogradages intempestifs.

Le pilote dispose des trois modes de conduite habituels : « Sport, Road et Rain », et d’un mode « Rider » grâce auquel il peut configurer la puissance moteur (142 ou 106 ch) en lien avec le KTRC.

Comme il faut vivre avec son temps, tous ces paramètres sont accessibles via une application Bluetooth intégrée dans le tableau de bord. En installant l’application « Rideology », de nombreuses fonctionnalités sont disponibles via le smartphone : informations de base (carburant, compteur, …), itinéraire, régime moteur, signalement des appels téléphonique ou sms, réglages des paramètres généraux.

Sportive mais confortable.

Pour une sportive, la position de conduite est confortable. Le pilote est légèrement penché vers l’avant, mais sans excès afin de réduire la pression sur les poignets. Malgré mes 185 cm, mes jambes ne sont pas trop pliées grâce à une hauteur de selle de 835mm. Pour les plus petits, il est possible d’opter pour la selle moyenne (820mm) ou la basse (812mm). Celle-ci se révèle confortable et facilite la position sport grâce au petit dosseret formé par la selle arrière plus haute. En ce qui concerne cette dernière, Kawa a pensé à vos passagers en leur offrant une meilleure assise ainsi que des poignées de maintien de belle taille. Ce n’est pas la selle d’une Gold Wing, mais c’est mieux qu’avant.

Toujours aussi sympathique malgré le nouveau pot, le bruit du 4 en ligne ne laisse pas indifférent. Un filet de gaz et une poignée d’embrayage (dont j’apprécie effectivement la douceur) plus tard, c’est en mode « Road » et bulle au minimum que je prends la route. La première impression est la facilité avec laquelle la Ninja se laisse apprivoiser. Grâce au « Ride by Wire », l’accélérateur répond au quart de tour. Cet embrayage est réellement un plaisir, à tel point que j’oublie d’utiliser le « Quick Shifter », très agréable également. Très vite, je me rends compte que la protection au vent, bien que réelle, n’est pas optimale, même avec la bulle touring au maximum. Par contre, le carénage plus enveloppant joue parfaitement son rôle. Grâce à un centre de gravité bas, l’équilibre et la maniabilité sont également deux qualités marquantes de la SX.

M. Hyde & Docteur Jekyll

Le passage en mode « Sport » commence à révéler le potentiel sportif de la Kawa. Rassurante et docile jusque-là, elle se montre puissante grâce à une montée plus rapide dans les tours et l’arrivée brutale du couple. En mode « Rider » et full puissance, on ne pilote plus la même machine. Rien qu’au bruit du moteur, on comprend qu’elle est devenue une vraie sportive agressive qui ne demande qu’à atteindre au plus vite la zone rouge et des vitesses largement prohibées. Une Ninja quoi ! Heureusement, la configuration « low power » permet de calmer les ardeurs de la belle tout en profitant de son potentiel.

Inutile de préciser que sur grands routes et autoroutes, l’envie d’ouvrir est permanente et qu’il faut faire preuve de lucidité pour rester dans les limites autorisées. Heureusement, le « cruise control » permet de rester raisonnable ! Ceci dit, la pression du vent sur le casque et le bruit vous ramèneront assez vite à un comportement plus sage.

C’est sur les petites routes sinueuses que la Ninja procure un réel plaisir. Son cadre rigide en aluminium, sa souplesse, son équilibre et la puissance disponible à tous les régimes font merveille. Le Quick Shifter, les suspensions irréprochables, ainsi que l’armada électronique coordonnés par la centrale IMU assurent une conduite sûre et agréable. Signalons quelques vibrations aux alentours des 7.500 tours en mode « Sport » et « Rider full power », mais rien de désagréable.

Côté freinage, les doubles disques avant Kawa de 300mm et le disque arrière de 250mm, bien secondés par l’ABS et consort assurent en toute circonstance. Les Bridgestone font également merveille.

Sportive et GT

Les qualités sportives indéniables de la Ninja ne doivent pas faire oublier qu’elle est également une GT. En réalité, elle le devient à condition d’opter pour le pack « Tourer » ou « Performance Tourer ». Aux 14.199 € de la version Standard, il faut ajouter 1.100 € pour un kit valises de 2 x 28L, un support GPS, des poignées chauffantes, une protection de réservoir, d’écran TFT et une bulle touring plus large. Pour 2.500 €, vous aurez en plus droit à un pot Akrapovic Carbon, un couvre-selle passager, une bulle large et fumée et des patins de protection. Le prix peut encore grimper en s’aventurant dans les options : top case, sacs de transport, prise 12V, …transforment la Ninja en voyageuse.

Côté rangement, un espace prévu sous la selle passager permet de stocker une veste de pluie ou un petit sac. Petit bémol en ce qui concerne l’absence d’espaces de rangement au niveau du poste de pilotage. Un compartiment permettant de stocker des clés et un smartphone aurait été bienvenu. Le fait que la prise 12V soit en option sur une machine de cette catégorie fait un peu pingre !

Si le pilote peut envisager sans crainte de parcourir de longues distances grâce à une position de conduite ergonomique et au confort global de la SX, il n’en va pas de même pour le passager. Même avec une selle dont le confort a été amélioré et des poignées de maintien efficaces, la Kawa reste avant tout une sportive. Pour les voyages au long cours, il faudra être résistant. Heureusement, le top case en option permet d’améliorer notablement le confort de la place arrière, à condition de rouler à vitesse raisonnable.

Autre point positif : la navigation au sein des nombreuses informations s’opère facilement via le comodo gauche grâce auquel on accède à une foule d’informations : rapport engagé, mode de conduite, jauge à essence, horloge, températures moteur et extérieure, odomètre, deux trips, vitesse moyenne, durée du trajet, charge de la batterie, consommations moyenne et instantanée et autonomie restante.

Deux affichages sont disponibles : »Normal » et « Sport ». Ce dernier affiche l’ouverture des gaz, les forces de freinage ainsi que l’angle instantané et maximum pris dans les virages grâce aux informations fournies par la centrale inertielle.

La navigation dans le menu est intuitive et permet de paramétrer aisément la moto. Les puristes pourront même modifier l’échelle du compte-tours en fonction du mode de conduite.

Le passage au garage est prévu tous les 12.000 km. Notons également qu’une version A2 de 85Kw est disponible.

Côté consommation, j’ai été heureusement surpris de ne pas dépasser les 6 litres; ce qui assure une autonomie d’environ 300 km.

Pour ceux et celles qui n’aiment pas le vert, la Ninja est également proposée en « Metallic Graphite Grey » et noir, ainsi qu’en Pearl Blizzard White » et gris/noir.

En conclusion

La Ninja 1000SX 2020 est une machine aboutie qui procure un maximum de plaisir. Si l’ADN est sportif, elle s’adapte à toutes les circonstances grâce à son moteur fabuleux qui se montre rassurant et docile à bas régime, puissant au milieu et agressif en mode full power.

Le pack Tourer, l’ergonomie générale et les suspensions confortables permettent d’envisager les longues distances sans problème.

Grâce à Kawasaki, la catégorie des GT sportives a encore de beaux jours devant elle. Elles constituent sans aucun doute une alternative séduisante par rapport aux routières pures et dures et autres gros trails routiers, plus lourds et moins polyvalents.

Surtout par rapport aux précitées, le budget reste raisonnable, surtout par rapport à sa polyvalence et au plaisir qu’elle procure.

Les +

  • Moteur fabuleux.
  • Confort global.
  • Polyvalence.
  • Budget raisonnable.

Les –

  • Protection de la bulle, même touring.
  • Confort sur longue distance pour le passager.

Moteur

  • Quatre cylindres en ligne 4 temps à refroidissement liquide
  • Cylindrée : 1,043 cm³
  • Alésage x course : 77 x 56 mm
  • Taux de compression : 11.8:1
  • Système de soupapes : Double ACT, 16 soupapes
  • Système de carburant : Injection: Ø 38 mm x 4 avec papillons secondaires
  • Système de démarrage : Électrique
  • Lubrification : Lubrification forcée, carter humide

Freins & Suspensions

  • Freins avant : Doubles disques semi-flottants de 300 mm. Deux étriers monoblocs radiaux à 4 pistons opposés
  • Frein arrière : Simple disque de 250 mm. Etrier à simple piston.
  • Suspension avant : Fourche inversée de 41 mm. Compression : réglage progressif. Détente : réglage progressif. Précharge : réglage progressif.
  • Suspension arrière : De type Back-link horizontale avec amortisseur à gaz. Détente : réglage progressif. Précharge : réglable par molette déportée.

Performances & Transmission

  • Puissance maximale : 104.5 kW (142 ch) à 10.000 tr/min
  • Couple maximal : 111 N/m / 8.000 tr/min
  • Consommation de carburant : 5.8 l/100 km
  • Emissions de CO : 2135 g/km
  • Transmission : 6 rapports
  • Entraînement final : Chaîne scellée
  • Embrayage multidisques à bain d’huile, manuel.

Châssis & Dimensions

  • Type de cadre : Doubles tubes, aluminium
  • Chasse : 98 mm
  • Débattement de la roue avant : 120 mm
  • Débattement de la roue arrière : 144 mm
  • Pneu avant : 120/70ZR17M/C (58W)
  • Pneu arrière : 190/50ZR17M/C (73W)
  • L x l x H : 2.100 x 825 x 1.190 (1.235 – Bulle en position haute) mm
  • Empattement : 1.440 mm
  • Garde au sol : 135 mm
  • Hauteur de selle : 835 mm
  • Capacité de carburant : 19 litres
  • Poids plein fait : 235 kg
Dominique
Enseignant tombé dans le monde de la moto très jeune

Articles similaires

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

[fbcomments url="http://peadig.com/wordpress-plugins/facebook-comments/" width="375" count="off" num="3" countmsg="wonderful comments!"]

Suivez-nous

15,402FansLike
200FollowersFollow
2,230SubscribersSubscribe
Publicité

Populaire cette semaine

Publicité