Yamaha MT-03

Mono-kini
Avec la Kawasaki ER-6 et la Suzuki GSR600, elle complète un trio de drôles de dames » vachement sexy. Après la V-Max, moto inclassable, les MT-01 et MT-03 prennent des places encore libres pour suivre l’évolution des styles de conduite et plaire à un public toujours plus large.

 

Yamaha MT-03

A mi-chemin entre le supermotard et le roadster, la MT-03 est d’abord très agréable à regarder. Fine, légère, courte, elle respire l’énergie, ses lignes sont dirigées vers le haut comme les deux silencieux en forme de trompettes ou le réservoir d’essence. Son phare avant incliné « à la Agusta » est porté par une jolie pièce en aluminium coulé et est directement surmonté par le tableau de bord, sans casquette. Les matériaux et les textures sont à l’honneur, le garde-boue avant en plastique granuleux, les deux morceaux de « carénage » de couleurs différentes sur les flancs du réservoir dont le clair assure une liaison réussie entre la fourche, le réservoir et le très discret radiateur. Le réservoir d’huile posé comme un sabot moteur dont il imite la couleur. La selle en exécution « nubuk » aussi agréable à toucher qu’à regarder avec sa finition bicolore et sa couture apparente en fil jaune, du tuning d’origine. Enfin, si elle partage sa fourche avec la FZ-6, elle renvoie cette dernière au vestiaire avec à son bras oscillant coulé en aluminium granuleux qui est magnifique. Sans oublier le très tendance ressort arrière posé sur le côté de la moto. Seul regret, les Durits de freins en plastique noir qui font « plomberie », des « tressées » auraient été plus dans le ton.

Un régal à  l’avant
Yamaha MT-03

 

Très courte pour être vive, elle n’est pas folle pour autant grâce à un angle de chasse de 26&deg.. Le très large cintre et la répartition de 52% des masses sur l’avant en font un régal à piloter. La MT-03 se balance comme un supermot’ aidée en cela par un pneu arrière de 160 et une selle qui reste étroite dans sa partie avant. La moto fait le travail, le pilote garde le buste droit, le regard porte loin, la main droite s’éclate avec l’accélérateur et le frein. La suspension arrière est dépourvue de biellettes comme sur une cross mais son débattement est bien celui d’une moto de route, l’assiette varie peu, elle permet une conduite « j’arrache, je pille, j’arrache, je pille, etc. » des plus amusantes. Le cadre diamant bien connu des XT fait encore merveille, même s’il reste discret côté look, il abat un solide travail. Le freinage est puissant, il permet de freiner tard en se faufilant jusqu’au dernier mètre. La MT est faite pour une conduite dynamique, elle ne se désunit pas et son large cintre autorise toutes les audaces.Un mono explosifSi la fiche technique annonce une puissance relativement faible, les heures passées au guidon de la ’03 nous ont bien amusés. Quelle pêche ! Elle tire bien sur les bras aidée en cela par des rapports courts. La patate est présente dès 3.000 t/min, elle augmente avec les tours pour atteindre une zone encore plus « velue » entre 5.000 et 6.000 t/min et tenir jusqu’à 7.000 t/min. De quoi envisager la ville avec des yeux de « killer ». Elle passe de 60 km/h à 100 en un coup de gaz. La nouvelle cartographie d’injection privilégie le remplissage du moteur à bas et moyens régimes, lui donnant un caractère moins pointu, le couple maximum est d’ailleurs très légèrement inférieur à celui des XT, la démultiplication finale a été rallongée conformément à l’esprit plus routier de cette MT. Les deux trompettes sous la selle combinent avec virtuosité les fonctions de catalyseur et de silencieux. Enfin, il s’agit plutôt d’un équaliseur réglé sur « bass-over-boost », côté son, cette MT ne craint personne. Sa voix grave est très gratifiante et seule la coupure des gaz produit des explosions qui sonnent comme des fausses notes.

Yamaha MT-03

 

Mais un mono quand même
Explosif, à condition de ne pas le promener sous les 3.000 t/min, zone marécageuse qui transforme votre belle monture en péniche. Cela demande un temps d’adaptation, il faut apprendre à le connaître. Et beaucoup utiliser la boite de vitesse qui est légère et verrouille bien. Car pour assurer une sortie de virage digne, il faut obligatoirement engager le bon rapport en entrée, alors dans ces conditions, sans anti-dribbling, avec un frein moteur important, un embrayage à câble et un mono qui réagit au quart de tour, la conduite n’est pas vraiment coulée. La MT-03 se mérite, mais ceux qui « l’auront en main » en sortiront un festival.Elle plafonne au dessus de 160 km/h, même si le dernier rapport est bien calculé, à 120 km/h, il tourne sur une zone bien coupleuse et permet des relances énergiques. L’injection éprouve des difficultés à se régler sur le seul cylindre et le moteur semble toujours hésiter. Même si le refroidissement par eau et la démultiplication autorisent les régimes de croisière, la naturel du mono revient au galop et nous rappelle qu’il préfère les routes sinueuses bourrées de relances que les autoroutes.

Yamaha MT-03

Contradictoire

Le cintre est tellement large qu’il laisse peu de place pour passer entre les rétroviseurs, c’est très frustrant car il faut se résoudre à freiner et attendre que le passage s’élargisse. L’esprit urbain de la MT trouve ici une sérieuse entrave. Et que dire au dessus de 100 km/h ? Sans aucune protection contre le vent et avec les bras ouverts, vous jouez à l’homme-parachute. Le buste penché vers l’avant rendra le 140 km/h supportable mais cela ne sera jamais agréable. Et alors que les suspensions font preuve d’un bon niveau de confort, la selle est trop dure et il ne faut pas une heure pour qu’elle devienne gênante. Difficile de profiter du paysage dans ces conditions.

Yamaha MT-03

Côté pratique

La selle est a une hauteur normale, rien à voir avec un supermotard. Le réservoir de 15 litres et la consommation de 6 litres/100 km permettent une autonomie de 180 km avant passage sur la réserve. L’injection garanti des démarrages sans souci. Les commodos proposent un warning (4 feux clignotants) mais l’indicateur de direction est dur à enclencher, il faut insister parfois en déplaçant la main. La béquille latérale est placée en arrière et n’est pas « naturelle » à trouver. Le tableau de bord est réussi, il se compose d’un compte-tours à aiguille et d’un écran digital avec l’heure, la vitesse et le totaliseur kilométrique, trip 1 et 2. Un bouton de sélection et un autre de remise à zéro sont bien accessibles avec les gants. Une fois encore, design ne rime pas avec pratique, il n’y a pas d’espaces de rangement, sous la selle, juste de quoi caser la petite trousse à outil et un U.Cette nouvelle Yam’ mettra notre irrationnel à contribution car elle n’est pas parfaite, pas totalement souveraine en ville à cause de la largeur de son guidon, pas à l’aise sur les liaisons à cause de son manque de protection au vent, elle est fatigante en promenade à cause de sa selle. Par contre, ses suspensions et la position en contrôle total permettent de passer sur n’importe quel nid de poule ou n’importe qu’elle rainure, elle parvient à nous faire oublier l’état des routes et nous donne une confiance énorme. C’est le genre de moto avec laquelle on peut toujours improviser, ce côté « tout est possible » est son point fort. Enfin, cette jeune geisha démontre qu’il ne faut pas être chère pour être belle, surtout en mono-kini.

Yamaha MT-03

Yamaha MT-03Yamaha MT-03

Geoffroyhttp://www.Objectif-moto.Com
Motard et SimRacer passionné, j’aime partager avec vous mes découvertes au travers d’Objectif-moto et Objectif-Racing!

Articles similaires

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

[fbcomments url="http://peadig.com/wordpress-plugins/facebook-comments/" width="375" count="off" num="3" countmsg="wonderful comments!"]

Suivez-nous

15,364FansLike
201FollowersFollow
2,530SubscribersSubscribe
Publicité

Populaire cette semaine

Publicité