Michelin Pilot Road 4, Bibendum revival

De retour en MotoGP, le manufacturier français ne ménage pas ses efforts pour occuper le haut des différents créneaux pneumatiques. A Clermont-Ferrand, on se montre réactif mais aussi confiant dans les produits existants : le Road 5 est disponible mais n’existe pas dans les tailles de notre Pan European. « Qu’à cela ne tienne nous dit Bibendum, prenez du Pilot Road 4, c’est tout aussi bien ! »

Michelin Pilot Road 4, Bibendum revival
A charge maximale, le comportement du PR4 reste identique

Nous voilà donc avec deux machines équipées pour étalonner ce pneu sorti il y a cinq ans. Cette relative ancienneté n’est cependant pas une tare puisqu’avec le PR4, Michelin innovait tous azimuts en commercialisant sa nouvelle enveloppe en trois finitions. Grâce à ses variantes Standard, GT et Trail, le PR4 épouse toujours de très près le marché des grosses cylindrées car, à l’usage, la version Standard que nous avons essayée sur notre VFR 800  s’avère aussi convaincante en usage sportif, et la variante GT qui équipe notre ST 1300 ne lui rend pas grand-chose en la matière. Et puis, ne négligeons pas le point tarifaire: depuis la sortie du Road 5, le PR4 voit ses prix diminuer progressivement, ce qui le nantit d’un rapport qualité/prix concurrentiel.

Michelin Pilot Road 4, Bibendum revival
Le PR4 GT gère sans problème la masse de la Pan European dans toutes les phases de pilotage

Technologie embarquée

Comme de juste, le PR4 est un radial bigomme 2CT (2 Compounds Technology) offrant un mélange plus tendre sur les épaules, de manière à optimiser la tenue sur l’angle. Notons que la variante GT du PR4 (et uniquement elle) propose à l’arrière une architecture spécifique nommée 2AT (Dual Angle Technology), laquelle allie une structure radiale à des éléments bias pour ménager grip, performance et confort de conduite. En toute logique, les trois variantes présentent des répartitions de gommes spécifiques à l’utilisation pour laquelle elles sont conçues.

Michelin Pilot Road 4, Bibendum revival
Michelin Pilot Road 4, Bibendum revival

Bien entendu, le PR4 conserve les originaux ensembles puits/lamelles introduits sur le PR3, à propos duquel nous écrivions en 2012 : « Le plus bel hommage que nous puissions rendre au PR3 est de préciser que, depuis qu’il équipe notre Hayabusa, nous avons cessé de changer de cartographie lors de mauvaises conditions climatiques. » On le voit, la technologie XST (X-Sipe Technology) était au point dès le départ, atteignant un niveau de dispersion de l’eau rarement égalé jusque-là. Pour le PR4, on passe au XST+ qui associe des chanfreins aux lamelles de manière à homogénéiser l’usure : sur le PR3, les lamelles transversales du pneu avant s’usaient trop vite -à cause des freinages- par rapport aux lamelles longitudinales de l’arrière.

Michelin Pilot Road 4, Bibendum revival

Voilà un écueil écarté par le PR4 dont l’usure nous semble effectivement plus homogène que celle de son prédécesseur sur les 4000km parcourus en sa compagnie sur nos deux motos. A noter : Michelin annonce aussi que l’enveloppe du PR4 est optimisée pour des températures comprises entre -5° et 45 °. VFR et Pan se sont frottées, par des petits matins d’hiver, à des températures proches de -10° sans qu’une baisse sensible de leurs performances soit à déplorer. Soulignons aussi que le PR4 est censé offrir une longévité accrue de 20% eu égard au PR3. Vu que nous avions aussi essayé ce dernier, nous avons pu comparer…

Michelin Pilot Road 4, Bibendum revival
Mesurer les températures de fonctionnement en apprend beaucoup sur un pneu

Performances remarquées

Malgré son profil plus arrondi que celui du PR3, le nouveau Michelin ne nous a pas semblé conférer plus de vivacité à la Pan European qui sortait d’une monte de Dunlop RoadSmart III, ce serait même plutôt le contraire. A l’inverse, la VFR qui campait précédemment sur les mêmes Dunlop n’a rien perdu de son agilité ; les variantes du PR4 sont donc bien différentes l’une de l’autre.  Par contre, la progressivité affichée par le Michelin est remarquable car le pneu se révèle très neutre dans toutes les phases de pilotage. On prend de l’angle avec autant de sérénité que l’on accélère. Ou que l’on freine, car le PR4 est spécialement rassurant dans cet exercice du fait que l’on ne le sent pas se désunir sur les freinages de gorets ; on notera juste un léger flou à l’attaque du levier si l’on décélère vraiment fort, mais c’est tout : le pneu ne s’avachit pas et garde donc sa directivité.

Michelin Pilot Road 4, Bibendum revival
Même sur des revêtements glissants et détrempés, le PR4 assure et rassure

Précisons évidemment qu’en la matière le DCBS Honda (freinage combiné avant/arrière) présent sur nos deux motos facilite bien entendu la vie du pneu. Rendons également justice au PR4 en disant que le pneu français freine (presque) aussi bien sur le mouillé que sur le sec et ne s’est jamais fait déstabiliser par la masse considérable de la ST 1300. A titre anecdotique, Michelin affirmait lors de sa sortie que son PR4 freinait « 17% plus court que son plus proche concurrent sur routes mouillées et encore plus court sur surfaces glissantes, grâce à la nouvelle technologie lamelles XST+. » Une allégation évidemment difficile à entériner, mais il reste que le PR4 nous a effectivement donné l’impression rassurante de freiner (très) court, et plus encore sur le mouillé, d’ailleurs. Bien que certains essayeurs se soient fait l’écho d’une nervosité plus grande de l’avant monté en PR4, c’est une caractéristique que nous n’avons pas notée sur nos deux motos témoins ; au contraire, nous lui trouvions certes du naturel mais aussi une  légère paresse au moment de chercher le point de corde. 

Michelin Pilot Road 4, Bibendum revival

Au fond, l’essentiel du PR4 tient en ceci : des prestations de haut niveau sur le mouillé, confirmant en cela le potentiel très élevé du PR3 ; une tenue sans surprise sur les phases « critiques » de freinage et d’accélération mais aussi un potentiel sportif réel -essentiellement sur le sec. Ce potentiel sportif, le gommard français le doit à son excellente faculté de chauffe : 2 à 3km de route lui suffisent à acquérir sa température nominale d’environ 44 degrés en surface. A noter que ses flancs montent également en température même si l’on ne sollicite que la bande de roulement centrale, ce qui est rassurant au moment de prendre de l’angle. Autre caractéristique intéressante, le PR4 ne surchauffe pas si la route se prolonge ; il a plutôt tendance à conserver sa température nominale même si gaz et freinages le sollicitent. Deux conséquences en découlent : il ne perd pas ses qualités par temps chaud et il s’use moins vite que s’il surchauffait. Ce qui nous amène au dernier point de cet essai : la longévité. Michelin annonce un gain de 20% par rapport au PR3 et nos mesures, sur les 4000km effectués, confirment ces prévisions. Le PR4 s’use plus lentement que son prédécesseur, en dépit du poids de la Pan et de notre propension à rouler assez sportivement en VFR. Il semble donc que Bibendum tienne ses promesses !

Michelin Pilot Road 4, Bibendum revival
Le profondimètre en fait foi: le PR4 s’use moins vite que son prédécesseur


Les dimensions disponibles:

Pneu moto Michelin Pilot Road 4 Standard

Avant
120/60 ZR17
120/70 ZR17

Arrière
150/70 ZR17
160/60 ZR17
180/55 ZR17
190/50 ZR17
190/55 ZR17

Pneu moto Michelin Pilot Road 4 GT

Avant
120/70 ZR17
120/70 ZR18

Arrière 170/60 ZR17
180/55 ZR17
190/50 ZR17
190/55 ZR17

Pneu moto Michelin Pilot Road 4 Trail

Avant
110/80 ZR 19
120/70 ZR 19

Arrière
150/70 ZR 17
170/60 ZR 17

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Rude42
Je suis motard et rien de ce qui est motard ne m'est étranger.

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