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Triumph Trident 800 on l’attendait dans les tournants

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A la sortie du Trident 660, Triumph avait tapé dans le mille avec un roadster abordable et très efficace, pas avare en sensation alors quand pour 2026, ils annonçaient son grand frère, le Trident 800, on était déjà tout excité.

Le 660 était une bonne surprise avec un trois cylindres bien pétillant de 95 cv, une vraie petite bombe sans superflu mais efficace. Que peut on attendre d’un grand frère ? Plus de peps, plus de couple mais en gardant la même philosophie. C’est justement ce qu’on a voulu tester.

On reconnaît le style du Trident, une moto compacte, un phare rond, une couque arrière coupée net après la selle. On se limite à l’essentiel pour ne pas se perdre dans le style et surtout ne pas s’encombrer de poids supplémentaire. Avec une 800 affichant à peine 198 kg tous pleins faits, Triumph ne s’est en effet pas fourvoyé dans un surpoids inutile. La 660 est à peine moins lourde, à 195 kg, bluffant, non ?

Evidemment le moteur gagne en cylindrée et passe à 798cc en gardant un trois cylindres : l’équilibre idéal entre 2 et 4 cylindres pour du peps et assez d’allonge. Le nouveau bloc gagne forcément en puissance en passant à 115 cv à 10.750 tours, il devrait y en avoir assez. Il n’ y pas de raison qu’il ne me plaise pas, j’aime déjà le 660.

Temps moderne oblige, on a droit à 3 modes de conduite : route, pluie et sport. On a même un régulateur de vitesse toujours bienvenu en ces temps de répression, d’un shifter pour passer les vitesses encore plus rapidement et d’un écran TFT couleur.

Bon, l’écran, ça reste ce fameux double écran qui décidément ne fait pas l’unanimité. Il y a tant de possibilités techniques à l’heure actuelle que ces écrans font presque vieillots même s’ils proposent toutes les informations nécessaires à vos sorties et même plus puisqu’il peut être connecté à votre GSM et proposer une navigation simplifiée. Toujours à se plaindre ces essayeurs ! Non mais sérieusement, dans la même surface on pourrait avoir un écran TFT couleur avec des animations, une navigation complète par exemple.

Bon, je n’y tiens plus, attaquons directement l’essai, je vous parlerai technique en cours de route.

La selle n’est pas trop haute, à peine à 810mm ce qui rend le roadster très abordable pour la plupart des pilotes. Et comme en prime la moto n’est pas lourde, le Trident n’est en rien exclusif et même avec mon mètre quatre-vingt et mon surpoids, je ne me sens pas trop à l’étroit.

Petit coup de starter et la magie opère, ce feulement du trois cylindres est juste une mélodie pour vos oreilles. Rien qu’à l’arrêt, je suis fan mais en roulant, ça ne s’arrange pas. On accélère juste pour le plaisir de le faire rugir. Et avec un mode sport et 115 cv, autant vous dire qu’il faut garder un oeil sur le tableau de bord. On est vite, très vite, trop vite. A un point qu’on pourrait se demander si le Street Triple n’a pas de souci à se faire. Il est plus extrême alors qu’ici, je suis plutôt bien assis, buste assez droit et pas en appuie sur les poignets.

Il va falloir assurer côté partie cycle mais pas de souci à se faire avec une fourche inversée Showa 41mm BPSFF réglable en compression et détente et un amortisseur arrière RSU aussi réglable en précharge. Triumph a souvent le chic pour vous faire une partie cycle adaptée à vos folies, aussi passagères soient elles. Après, ne dites pas que je ne vous ai pas prévenu, elle n’est pas sans défaut. Si jamais l’envie vous prend de tourner exagérément la poignée droite et que la route n’est pas en bon état, vous allez être bien secoué. En usage plus raisonnable par contre, le Trident 800 se montre d’une précision impressionnante et quand l’asphalte peut se confondre avec un circuit, vous allez vous régaler. Ne vous méprenez pas ! Je ne vous incite pas à confondre route et circuit.

Le mode sport, ah celui-là, il vous en fera voir et entendre avec une sonorité qui ne va pas vous calmer, que du contraire et 115 cv dans une moto assez légère, c’est efficace. Les prochains virages vont arriver vite, très vite et vous pourrez compter sur un freinage au top avec des étriers radiaux 4 pistons sur des disques de 310mm et un 220mm à l’arrière. Ca freine bien, c’est dosable et gérable mais aussi sans mauvaise surprise. Bien entendu, l’ABS est là, variable selon l’inclinaison de la moto mais je n’ai pas poussé l’essai jusqu’à le déclencher malgré tout.

Et vas-y que je le balance d’un virage à l’autre sans la ménager mais toujours avec le sourire dans le casque ! Je roule, je roule et je me marre sauf que j’en oublie vite que le réservoir n’embarque que 14 litres et qu’à force à faire le con avec la main droite, je parle de tourner la poignée bien entendu, je dépasse les 5 litres au cent… Oups, il va vite falloir faire le plein.

Mais c’est qu’il me plait ce 800 ! Il a comparé à la 660 ce petit supplément d’âme qui lui donne un caractère bien trempé. Ce petit plus qui te faire dire qu’il faut parfois être raisonnable sous peine de vite perdre ton permis mais qui en même temps aguiche son pilote.
Tout est fait pour que ça plaise : le shifter, la sonorité, la position pas extrême mais qui t’offre la maniabilité.

Le trident est un roadster donc forcément sans protection mais avec une position assez confortable tout comme la selle. A seulement 810mm, la plupart des pilotes pourra s’y trouver à l’aise en permettant de poser les pieds au sol sans jouer les équilibristes. C’est aussi rassurant pour certains.

Si seulement Triumph l’avait doté d’un autre tableau de bord, le Trident serait vraiment craquant. Je ne sais pas pour vous, donnez-moi votre avis ! Il ne me convainc pas. Certes, il est complet, il a tout ce qu’il faut mais je m’attends à mieux, à plus surtout à l’heure actuelle avec tout ce qu’on peut voir ailleurs.

Vous savez ce qui est le pire quand on est essayeur comme moi ? C’est qu’après quelques jours, il faut rendre la moto. Qu’elle te plaise ou pas ! Evidemment, si la monture ne t’émoustille pas le moins du monde, tu seras content de retrouver la tienne ou l’essai suivant mais parfois tu t’y attaches et tu as un petit pincement au coeur quand tu rends les clés. Mais d’un autre côté, on se dit que notre essai convaincra certains d’entre vous qui pourront profiter de leur nouvelle machine par après. Ce Trident fait partie de ces motos qu’on garderait bien plus longtemps.

Le plus beau là dedans, c’est que Triumph propose ce Trident 800 à moins de 10.000 € avec un tarif affiché de 9.995 €. Il n’y a même pas besoin de lui changer le silencieux en plus mais nul doute que le catalogue d’accessoires vous tente pour personnaliser votre moto.

A l’heure du choix, vous vous demanderez peut être lequel choisir : Trident 660, Trident 800 ou Street Triple? Cette dernière, ça fait un bon moment que je n’en ai pas eu une entre les mains. Mais le Street est plus cher, plus puissant et plus léger, il est aussi plus sportif et sera sans doute moins conciliant au quotidien si vous comptez l’utiliser tous les jours pour aller bosser.
Le 660 est à peine moins cher à 9.195 €, un peu moins puissant mais quand même avec 95cv, il y a de quoi s’amuser. Le poids est quasiment identique avec 195 kg et un freinage moins bien gâté avec des étriers 2 pistons. Par contre, si vous avez le permis A2, le 660 peut être bridé pour cette catégorie, ce n’est pas le cas du 800 contrairement au Street qui existe en A2 aussi.
Si vous avez le permis A et que vous ne souhaitez pas forcément le plus extrême, le Trident 800 peut être un choix intéressant.