Triumph Tracker 400, Fun Machine.

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Triumph s’est lâché avec sa gamme de monocylindre 400cc. Plusieurs déclinaisons sont au catalogue et l’on en croise sur nos routes plus que je ne l’aurais pensé. Nous avions déjà essayé la Speed Twin, nous revoilà chez le dealer pour l’essai d’une semaine en compagnie de la Tracker 400.

Commençons par le look. Qui dit Tracker, dit Guidon large et plat, selle et coque, porte-plaques latéraux, saute-vent. Tous les éléments du genre sont présents, pas de faute de goût. Triumph sait que quoi il en retourne quand il s’agit de doter une moto du look adéquat. Mais c’est quoi le Flat Track ? Ce sont des course sur un anneau de terre où l’on tourne le plus vite possible en constante recherche d’équilibre et d’adhérence et surtout sans frein avant pour pimenter le tout. Il ne sert à rien dans le virage perpétuel qu’est la course sur anneau. Je vous rassure tout de suite, le frein avant est présent sur cette interprétation d’une moto de Flat Track.

Comme je le disais plus haut, pour le look, c’est clairement un sans -faute. Triumph a poussé le bouchon jusqu’à remonter les repose-pieds pilote et la position induite est droite, bras écartés et jambes fortement repliées. Bon pour le look moins pour le confort. La version Tracker n’inspire clairement au mode tourisme mais clairement à se trouver des petites routes qui tournent assez fort et d’y aller poser les pneus et user les bords de ces derniers.

Une longueur de 2.03m et un empattement de 1.37m avec un angle de chasse de 24.4° font que cette Tracker 400 tourne dans un mouchoir de poche, se montre joueuse à souhait tout en offrant une bonne stabilité. Le mélange est assez réussi. Il n’y a donc rien à craindre lors de trajets quotidiens, elle se montre docile en usage raisonnable. Elle se pliera à vos navettes quotidiennes et même l’autoroute ne lui fera pas peur pour peu que vous n’oubliiez pas sa modeste cylindrée et le type de moteur embarqué, à savoir un bloc monocylindre.

Le bloc installé dans ce Tracker 400 est le vaillant petit monocylindre cubant 398cc, développant une puissance de 42cv à 9000T/Min et un couple de 37.5Nm à 7500T/Min. Des valeurs assez surprenantes, ce bloc prend ses tours sans rechigner et lors de l’essai de la première version, il nous avait bien plu. Il est volontaire, offre une sacrée dose de caractère et est enjoué à la tâche. Les prises de tours ne lui font clairement pas peur. Seul le couple impose de jouer du sélecteur par moment mais cela fait partie du plaisir à bord. Ce bloc est nettement plus à l’aise sur le réseau routier secondaire que sur autoroute mais une étape de liaison entre deux spéciales ne le rebute pas. Seuls les vibrations qui se montrent fort présentes à partir de 6500T/Min peuvent se montrer lassantes. On les ressent dans les mains et moins dans les pieds. Cela tient de l’architecture moteur, un monocylindre, équipé d’un arbre d’équilibrage ou non, reste un moteur qui vibre. Nous avons une liaison depuis plusieurs années avec une Royal Enfield Continental GT535 et les vibrations ressenties font partie de notre bonheur à chaque sortie. Les motos équipées de cette architecture moteur sont des maîtresses exigeantes en conduite, en entretien mais offrent en retour un plaisir à qui sait s’en servir comme il se doit. Triumph a retravaillé ce petit bloc moteur pour que 80% du couple soit déjà disponible dès 3000T/Min, ce qui le rend très plaisant en usage quotidien, le faisant passer pour un possible bicylindre parfois, ce qui est limite un sacrilège aux yeux des puristes.

Pour compléter ce look dédié à l’anneau de terre, Triumph offre des suspensions spéciales à ce Tracker 400. Une fourche inversée de 43mm Big Pistons au débattement généreux de 140mm. L’arrière se voit doté d’un amortisseur Monoshock avec réservoir externe et un réglage de précharge au débattement de 130mm. Ces suspensions se révèlent excellentes sur ce Tracker et le confort tout autant que la tenue de route ne s’en portent que mieux. Assurément un très bon choix de la part des ingénieurs. Cela mérite d’être souligné car ce n’est pas toujours le ca, les suspensions sont parfois sacrifiées sur l’autel du budget au profit d’autres postes.

Le double bras oscillant enserre une roue arrière de 17 pouces enrobée d’un pneu de 150/60 et l’avant une roue de 17 pouces également, montée avec un 110/70. Les pneus installés ont un profil plus sportif en parfaite adéquation avec l’usage supposé de ce Tracker 400.

Pour clôturer le chapitre, les freins sont à la hauteur des ambitions avec un étrier radial 4 pistons pour l’avant pinçant un disque de 300mm et pour l’arrière, un étrier flottant à simple piston pinçant lui un disque fixe de 230mm. Le tout est bien évidemment soumis à la bienveillante assistance d’un ABS.

Le poids est de 173Kg tous pleins faits et la hauteur de selle est de 805mm, ce qui assez haut et pourrait faire douter les moins grands d’entre nous. En parlant de cette selle, Triumph a commandé un stock de sapin tendre du nord au vu de son manque de souplesse et de confort. Ok, ce n’est pas une GT mais là, on parle d’un point qui nous pousserait dans les bras d’un sellier dès la sortie du garage, cela faisait longtemps qu’une moto ne nous avais pas parue aussi sèche de selle.

Pour le look, on parle d’un quasi-sans-faute. Même les 3 coloris se montrent cool, à savoir des combinaisons de Argent/Rouge, Noir/ Blanc et comme sur notre modèle d’essai et à notre avis, la plus jolie, la version Jaune/ Noir. Cette dernière sied à ravir à ce Tracker 400 et la contempler au soleil est un régal pour les yeux.

En roulant pendant la semaine, les kilomètres se sont enchaînés san regret. Le moteur plaisant accepte tous les usages, de la traversée de la ville au petit matin comme le retour par les routes de campagne le soir. Même les quelques navettes autoroutières n’ont pas entaché notre relation. Ce Tracker 400 se révèle être un bon compagnon de la vie de tous les jours. Il y a moyen de l’équiper d’une bagagerie qui permettra de belles évasions les weekends. Le duo est possible pour le ou la courageuse passagère. De nouveau la selle inconfortable qui limitera l’engouement mais aussi pour le passager, la position assez haute des repose-pieds.

Pour l’usage quotidien, le compteur mixant aiguille et écran digital se montre complet, lisible et apporte toutes les informations nécessaires au pilote. Il est commun avec d’autres modèles de la gamme et n’appelle aucune critique particulière.

La ligne d’échappement a attiré notre attention car nous pensions, au bruit, qu’il s’agissait d’une ligne en accessoire. Que Nenni, fieu ! Il s’agit d’une superbe ligne en inox à double paroi au look superbe. Le ronronnement à bas régimes et les grognements rageurs émis à la prise d’assaut de la zone rouge sont jouissifs pour l’oreille sans agresser celles des passants. C’est bien, au vu de l’économie sur ce poste, vous aurez du budget pour une selle perso confortable. Les commodos sont simples, efficaces mais en pur plastique. On aurait apprécié des modèles en acier laqué noir pour encore pousser le look plus loin. On chipote un peu mais quand on aime, on se montre parfois difficile.

Niveau protection face aux éléments, c’est simple, Il n’y en a pas. Comme vous passerez la plupart du temps sur petites routes, ce n’est pas grave mais il faut le savoir avant de signer le bon de commande. En fonction de votre usage, il y a des aspects dont il faudra tenir compte. Ce sera sac à dos ou bagagerie dédiée, ce sera jambes repliées mais tenue de route amusante, ce sera vent dans la quiche mais grand sourire, ce sera petit réservoir de 13 litres mais 300 kilomètres entre les pauses, ce sera mal au fesses mais gros bonheur à l’attaque.

Je considère les petites cylindrées comme des motos attachantes, ayant droit de cité sur nos routes, offrant aujourd’hui des capacités d’usage au quotidien san trop de restrictions et avec des budgets raisonnables. Il est possible de se prendre pour un pilote sans risquer ni sa vie ni son permis au guidon de ce Triumph Tracker 400. Le fun au guidon, l’efficacité du monocylindre, son agrément et ses compétences en font une moto bien née et qui peut, après essai, se voir attribuer ses chances au moment du choix. Le look est un plus, le nom Triumph est un gage de qualité et la dotation technique embarquée est de très bon niveau. Compagne du quotidien comme de voyages sur petites routes, ce Triumph Tracker 400 est une alternative de choix dans ce marché émergent, celui du permis A2. Triumph s’y place en concurrent sévère et pertinent face aux alternatives chinoises, non dénuées de qualité mais manquant d’aura. D’autant plus que même le prix conseillé de 6545€ ne nous paraît pas exagéré dans ce cas-ci. Le plus difficile sera de choisir parmi les différents modèles équipés de ce bloc moteur et seul votre usage pourra déterminer le plus adapté à vos besoins. Pour le look, c’est à vous de choisir. La seule certitude, il y en aura une qui vous fera chavirer. Un conseil, n’allez pas l’essayer sinon vous pourriez craquer….

Lolobadboy