La Triumph Bonneville T100 2017 : la référence évolue.

Avec la gamme Bonneville, Triumph continue à surfer sur la vague des modèles néo-rétros tout en les « upgradant » en fonction des exigences environnementales (Euro 4) et des déclinaisons de plus en plus variées. La T100, modèle de base de la gamme, subit elle aussi une très intéressante mise à jour.

Retour aux sources.

En 2000, la Bonneville a marqué la renaissance de Triumph. Descendante directe de l’emblématique Bonneville de 59, elle a évolué une première fois en 2008 en adoptant le moteur de 865 cm3 des Speedmaster et autres America. En 2014, nouvelle évolution, la Bonneville se voit dotée d’une selle plus confortable et équipée d’une sangle passager. Son bicylindre se pare d’ailettes usinées, d’un petit radiateur de refroidissement d’huile et elle adopte les silencieux de la Thruxton pour délivrer une sonorité plus flatteuse. Le modèle 2017 est équipé du bicylindre parallèle de 900 cm3 à 8 soupapes dévoilé avec la Street Twin en 2016. Il développe 55 chevaux à 5.900 tr/min pour un couple de 8,2 m.kg dès 3.230 tr/min. Les modèles T100 affichent leur caractère bien trempé et héritent de l’ADN originel de la Bonneville.

Simple mais à la pointe.

Plus simple, tu n’as pas ! Pas de béquille centrale ni de saute-vent, aucun élément de carénage, pas de poignées passager, juste une sangle de maintien, aucun espace de rangement, pas de protection ni de gadgets électroniques. Par contre, la Bonneville est à la pointe en ce qui concerne l’équipement : accélérateur Ride by Wire, ABS, antipatinage commutable, embrayage assisté, refroidissement liquide, feu arrière à LED, antidémarrage, prise USB sous la selle. Le compteur est doublé d’un compte-tours. Ils sont munis d’un cadran digital qui fournit toutes les informations nécessaires : indicateur de rapport engagé, compteur kilométrique, deux trip, indicateur d’entretien, autonomie carburant, niveau carburant, conso moyenne et instantanée, heure, paramètre antipatinage. Signalons également l’apparition d’un bouchon de réservoir à clé.

Triumph a également mis l’accent sur le confort. Le châssis et la suspension de la T100 ont été améliorés afin d’offrir une conduite souple, une facilité de prise en main et une tenue de route saine. La suspension arrière modernisée et la fourche avant à cartouche plus longs sont à la hauteur, ce qui était loin d’être le cas sur le modèle précédent. Rayon technologie, l’ABS, l’antipatinage et l’embrayage assisté améliorent également le confort et la sécurité. Plus légère que la T120, la 100 présente également un empattement et une chasse plus courts ainsi qu’une selle plus basse, ce qui permet une conduite plus facile.

Bonnie is beautiful.

La prise en main est à l’image de la moto, simplissime. Confortablement assis sur le siège unique, les pieds à plat sur le sol grâce à la hauteur de selle de 790mm, les bras bien positionnés, la Bonneville démarre avec ce bruit si caractéristique qui fait qu’on tombe immédiatement sous le charme. Son centre de gravité très bas, son poids naturellement limité (213 kg à sec) et les Pirelli Phantom SportComp conçus spécifiquement pour elle en font une moto maniable et agréable.

La Bonneville est indémodable parce qu’elle est simple. Elle plaît parce qu’elle est restée basique. Elle traverse les années sans prendre une ride car elle était déjà à l’origine une moto esthétiquement en avance sur son temps. De plus, à l’instar de certains modèles concurrents qui, bien que faisant partie de la génération actuelle, se la jouent rétro, la Bonneville l’est historiquement. Le réservoir deux tons, les pots caractéristiques et le bas moteur en alu qui tranche avec les hauts de cylindres noirs aux ailettes chromées sont les éléments qui attirent immédiatement le regard. Le siège unique et les deux silencieux coniques contribuent à la touche vintage. Les roues à rayons et les valises en cuir, une des 150 options disponibles pour ce modèle, complètent l’ensemble.

Et en plus, elle sait rouler !

Elle est jolie, soit ! Mais est-elle capable de procurer à son pilote davantage que le plaisir des yeux ? Affirmatif ! Le nouveau moteur bicylindre parallèle de 900 cm3 à 8 soupapes et simple arbre à cames en tête, doté d’un calage de l’allumage à 270°, a été réglé pour atteindre un couple plus élevé à bas régime et diminuer la consommation. Son couple maximal est de 80 Nm à 3200 tr/min, soit 18% de plus que sur la Bonnie 865 cm3 refroidie par air. Le couple débarque effectivement dès les bas régimes et de manière linéaire. Le nouveau moteur fait preuve de souplesse mais également d’un dynamisme certain si nécessaire. Evidemment, il ne faut pas lui demander l’impossible !  Vu son poids, la T100 permet une conduite agréable, y compris en duo. Sur autoroute, elle tient le 120 sans problème et c’est avant tout le manque total de protection qui devient rapidement fatiguant. La nouvelle boîte a perdu la 6ème par rapport au modèle antérieur et ce n’est pas plus mal car le terrain de jeu de la Bonneville, ce sont les petites routes sinueuses sur lesquelles on peut s’amuser sans risque de se retrouver au tapis ou verbalisé par la maréchaussée. L’agrément de conduite se trouve dans la souplesse, le couple et la sonorité.  Ah cette sonorité lorsque vous coupez les gaz et qu’elle se met à pétarader. Un vrai régal ! Autre atout de la Triumph : son petit appétit. Grâce à l’injection électronique séquentielle, vous pourrez sans peine franchir la barre des 300 km avec un plein de 14,5 litres. La balade en duo peut être envisagée sans problème. La selle longue est confortable et les progrès notables apportés aux suspensions raviront vos vertèbres et celles de votre passagère.

Côté freinage, rien à dire. Le simple disque avant de 310 mm et arrière de 255 mm à deux pistons assurent en toutes circonstances. L’ABS est discret mais efficace. L’antipatinage déconnectable renforce la panoplie « sécurité »

Une référence

Même si la concurrence est rude dans le domaine, la Bonneville reste une référence. D’autant plus qu’il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Une visite sur le site de Triumph vous permettra de découvrir que la Bonneville est proposée en de multiples versions, que ce soit avec le moteur de la T100 ou de la T120 :

  • la T100 (10.680 €)
  • la T100 Black (10.805 €). Avec sa peinture noire omniprésente, de ses roues à ses rétroviseurs en passant par le carter moteur.
  • la T120 (12.480 €)
  • la T120 Black (12.480 €)
  • la Bobber (13.080 €)
  • la Street Cup (10.680 €)
  • la Street Scrambler (10.880 €)
  • la Street Twin (9.280 €)
  • la Thruxton (13.680 €)
  • la Thruxton R (15.680 €)

Quel que soit le modèle, vous avez également la possibilité de piocher dans la liste des accessoires : pare-brise, siège confort, sacoches vintage, …

Côté finance, difficile de juger. Certains estimeront que les presque 11.000 € nécessaires à l’acquisition d’un modèle basique ne se justifient pas…d’autres bien. D’autant plus que dans la catégorie, le concurrence est pléthorique ! Il y a Moto Guzzi et sa V7 Stone à 8.300 € et 48cv, la Kawa W800 à 8.899 € et 45ch, la Yamaha SCR 950, 9.995 € et 52,5 ch, la Ducati Scrambler à 7.990 € et 41ch. Si vous cherchez moins cher et encore plus vintage, Royal Enfield (6.000 €) fera votre bonheur pour autant que vous acceptiez une puissance plus faible. Autre modèle à prix serré, la Mash Five Hundred à moins de 4.000 €. A l’opposé, Norton propose des modèles qui frôlent les 25.000 € ! Plus vraiment dans la même catégorie ! Restent les faux néo-rétros comme la BMW R Nine T ou la Honda CB 1100 EX qui sont des motos modernes au style d’hier, surtout la Béhème.

En conclusion, la Bonneville a su traverser les décennies. Les multiples déclinaisons, les séries spéciales et les possibilités de personnalisation devraient plaire à une clientèle variée. Plusieurs marques anciennes, dont certaines disparues, refont surface comme Indian, Royal Enfield ou Saroléa en raison de l’engouement croissant des motards pour le look rétro. Mais la Bonneville reste une référence. Nul doute que son image de moto de  biker construite en son temps par Steve Mc Queen ou Marlon Brando séduit encore aujourd’hui.

Dominique
Enseignant tombé dans le monde de la moto très jeune

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