Harley Davidson Sportster 48: back to the roots

Un peu d’histoire
Comment présenter cette machine sans parler un peu de l’histoire à laquelle elle fait référence ?

Passons sur les évènements mondiaux comme l’apparition des 33 et 45 tours, de la déclaration universelle des droits de l’Homme ou encore l’assassinat de Gandhi pour nous intéresser à Harley.Harley Davidson Sportster 48: back to the roots Harley Davidson Sportster 48: back to the roots

En 1948, la fameuse marque inaugure sa nouvelle production dans le Wisconsin et présente sa nouvelle FL avec un V-Twin  » Panhead  » tout neuf. Avec ses culasses en forme de poêle retournée (d’où son nom : pan = poêle), il est plus léger en utilisant de l’aluminium, doté d’une meilleure lubrification et sera le coeur de toutes les Harleys avec une fourche Springer . Il équipera ensuite les Hydra Glide et Duo Glide jusqu’en 1964.

Son bas moteur sera même repris pour les premières Electra Glide et avec de la chance, vous pouvez toujours en voir sur la route aujourd’hui. Nous en avons même trouvé en vente sur le net.Voilà l’histoire de notre 48 qui nous a accompagné une semaine durant. Du moins, notre 48 actuelle fait référence à cette Panhead et à y regarder de plus près, il y a bien un air de famille.

Un moteur et c’est tout
Harley Davidson Sportster 48: back to the roots

La 48 pourrait se résumer à une étude de style autour de son moteur, même s’il n’est pas le plus imposant de la marque. On ne voit que lui et il parait surdimensionné en comparaison du reste de la moto. Les designers de chez Harley maîtrisent à merveille l’illusion d’optique : pour grossir ce 1200cc, il suffisait de diminuer le reste : au revoir le feu arrière et la selle passager, adios selle confort et bonjour à une petite planche digne de certaines hyper sport et à un réservoir minuscule baptisé à raison de « cacahuète ». La ligne se veut épurée, basse et fluide, axée autour de son V-Twin.

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Même les roues à rayons et le compteur surbaissé ne nous ont pas directement marqués, pas plus que les rétroviseurs qui n’ont pas disparu mais qui se retrouvent sous le guidon : une position originale mais finalement efficace avec peu de vibrations et une bonne vue dégagée de vos arrières.

Pari réussi, partout où on s’arrête, passants et passionnés viennent la voir et vous posent un tas de questions, certains allant même jusqu’à s’arrêter pour venir plus près.

Un vaillant V-Twin
Harley Davidson Sportster 48: back to the rootsSi le 883 vous paraissait trop juste, ce 1200cc pourrait bien vous plaire. Il se montre bien plus agréable et demande de moins jouer du sélecteur que son petit frère et nous savons tous combien c’est appréciable avec une boîte Harley.Son inertie est surprenante et il ne cogne vraiment que si vous êtes trop bas dans les tours et que vous tentez de remettre les gaz, ce qui nous est arrivé plus d’une fois car sans toucher la poignée droite, il continue gentiment sur sa lancée.

 

Harley Davidson Sportster 48: back to the roots

 

Son couple de 98 NM à seulement 3200 tours n’est pas le plus démonstratif (la XRX1200 fait à peine mieux avec 100 Nm mais à 3700 tours mais un Fat Bob chiffre 126 Nm à 3500 tours) mais il se montre largement suffisant pour se faire plaisir en autorisant de belles accélérations agrémentées cette fois des fameuses vibrations.

Eh oui, cette fois la HD vibre bel et bien, aussi à l’arrêt même si de mémoire, la Sportster 1200 Low testée en 2007 (https://www.objectif-moto.com/essai/harley-davidson-sportster-1200-low-2007-d-couvrir-l-am-rique-68/) la dépassait largement sur ce point.

Ca se sent, ça se voit mais ici ça reste supportable. On ira même jusqu’à donner quelques coups de gaz pour la voir s’émoustiller au feu rouge.

Dragster ou gentille promeneuse ?
Harley Davidson Sportster 48: back to the roots

Vu le look focalisé sur son moteur, on s’attend bien évidemment à se la jouer façon Mad Max. Le 1200cc n’est pas avare en sensations sans être aussi violent qu’on l’escomptait. A défaut de tenter de déposer tout ce qui roule entre deux feux rouges, on peut apprécier la tenue de route plutôt surprenante. Un peu comme la 883, la 48 permet d’enrouler et d’enchaîner rapidement les virages. Les suspensions jouent bien leur rôle, du moins tant que la chaussée reste en bon état. Evidemment, il n’y a pas de comparaison possible avec un roadster ou une supersport moderne, la 48 a ses limites et elle vous le fera vite savoir. Nous ne pouvons d’ailleurs que vous conseiller la plus grande prudence si la route est bosselée, n’ouvrez pas les gaz en grand, nous avons failli être désarçonné par notre monture, d’une part à cause des retours trop sec des amortisseurs et d’autre part à cause de la selle qui ne vous retient pas du tout. Les deux combinés n’hésitent pas à vous… laisser tomber.

Et pourtant, elle est maniable notre belle Harley. Ce n’est pas la moto idéale pour passer le permis mais elle n’est pas non plus réservée aux lignes droites et vous pourrez sans problème vous amuser sur des petites routes sans subir le poids, 260 kg avec les pleins quand même. On se demande bien où elle a mis ses kilos.

Si les suspensions ne vous apportent pas entière satisfaction, le freinage lui devrait vous contenter. Il n’est pas brutal et se montre suffisant pour stopper la machine et le pilote, même bien lancés.Elle ne rechigne donc pas à vous emmener en balade pourvu que le rythme soit modéré, l’asphalte en bon état et les étapes plutôt courtes.

Une oeuvre d’art : belle, juste belle.
Harley Davidson Sportster 48: back to the roots Avec la 48, il faut s’habituer à la position : elle est la plus basse des Harley avec une selle à 71cm, impossible du coup d’avoir les pose-pieds en position médiane comme sur la Iron, ceux-ci ont été déplacés vers l’avant. Voilà le pilote drôlement installé sur son strapontin, pieds écartés devant et bras grands ouverts comme pour mieux embrasser l’air, dommage que ce soit pas celui de la mer, le long d’une plage de Californie ou de la côte d’Azur… elle y serait dans son élément, frimeuse qu’elle est. »

Tout pour la firme  » aurait d’ailleurs pu être notre titre car un retour aux origines, ça peut être bien mais à ce point, la 48 en devient presque ridicule. » Ceci n’est pas une pipe  » disait Magritte sur son tableau, eh bien c’est pareil pour la 48, ceci n’est pas une selle mais un petit bloc de mousse qui ne vous invitera pas à de longues sorties et ne vous épargnera pas la moindre bosse. Comme si ça ne suffisait pas, les suspensions arrière sont tellement dures (oui elles aussi) que la moindre irrégularité se ressent jusqu’aux cervicales. Nul doute que notre kiné aurait beaucoup de travail si on lui rendait visite après cet essai. Vous comprenez donc que pour le confort, ce n’est pas ce modèle qu’il faut choisir. Harley Davidson Sportster 48: back to the rootsSi là était notre seul reproche, on pourrait s’en accommoder mais le pire est à venir. Moins agile que la 883 Iron, elle s’en sort toutefois très bien et enchaîne avec plaisir les virolos, du moins sans trop toucher les pose-pieds mais un de nos collègues s’était apparemment déjà chargé de bien user les ergots. Non, ce n’est pas là le souci.

 

Il faut regarder du côté du réservoir, enfin si on peut appeler ça un réservoir ! 7,95 litres, réserve comprise…Dire qu’on se plaignait de la Iron alors qu’ici, la 48 a carrément été un vrai problème à chaque sortie, à 90 km, le témoin de réserve s’allume, à 110 km il vous reste à peine 2,5 litres… Certains diront qu’il y a de la marge mais faites donc l’exercice de prévoir tous vos trajets pour avoir une pompe à essence sans prendre le risque de tomber à sec… On l’a fait et heureusement que le GPS nous a indiqué une station parce qu’il ne restait que 2 litres. Pour une sortie en groupe, n’oubliez pas de prévenir le guide, qu’il insère le problème dans sa feuille de route.

48, pour qui ? Pourquoi ? Pour quoi ?


Harley Davidson Sportster 48: back to the rootsIl nous est bien difficile de tirer un bilan objectif de cette fameuse Harley 48 tant elle peut se montrer attrayante et séduisante mais aussi agaçante et fatigante.Elle semble de loin préférer la parade à la balade, pas qu’il soit inconcevable d’aller loin mais rien ne vous y encourage.

Par contre, pour vous faire remarquer partout où vous aller, la 48 ne manque pas d’atouts, au contraire, son look incomparable attire tous les regards.C’est peut-être même le seul but recherché : se faire voir, faire briller ses chromes sous le soleil, jouer de la mélodie pour se faire entendre tout en profitant encore du bicylindre. Si là était l’idée lors du développement de la 48, l’objectif est atteint.

Pour ceux qui prévoient des sorties régulières, il sera préférable de choisir un autre modèle… Ici, oubliez le duo, oubliez le confort. Après, c’est une question de goût, le choix d’une moto n’est pas une décision forcément rationnelle et la 48 pourrait bien être un coup de coeur. A un prix plutôt contenu de 10 595 euro, vous roulez sur une Harley qui ne passera jamais inaperçue, même à côté de machines plus imposantes pourtant siglées de la même marque.

 


Harley Davidson Sportster 48: back to the roots

Sylvain R
Sylvain roule depuis qu'il en a l'âge, deux ou trois roues (voir même 4) et un moteur et il est parti pour un essai. Sportive, roadster, custom, trail ou autre, rien ne l'arrête. Sa maxime préférée : "Brûle la gomme, pas ton âme". Si vous le croisez, n'hésitez pas à le saluer, il ne mord pas... enfin normalement
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