Essai de la Ducati Hypermotard 1100 S

La voie de la sagesse

Essai de la Ducati Hypermotard 1100 S

Ceux d’entre vous qui sont férus de presse moto savent déjà que nombre d’essayeurs se sont dits déçus des prestations de cette création de Pierre Terblanche. Nous pensons que c’est négliger la philosophie qui a prévalu lors de la conception de l’hypermotard. Parce que nous, elle ne nous a pas déçus !Allons droit au but : la cause essentielle des récriminations, c’est le manque de caractère moteur, un comble pour une Ducati jugée trop sage… Encore faut-il mettre de côté ceux qui ont eu la (mal)chance d’essayer l’Hypermotard lors de sa présentation officielle. Lorsque les motos sortent de caisse, inutile d’espérer juger leur potentiel réel. Notre version  » S  » d’essai affichait quant à elle 4.000km, ce qui est suffisant pour libérer un gros twin. Nous pouvions donc juger pertinemment.

Essai de la Ducati Hypermotard 1100 S

RationalitéC’est donc le bloc 1100 refroidi par air, qui anime déjà la Multistrada, qui a été retenu pour les deux versions de l’hypermotard. 90cv seulement, disent d’aucuns, et un couple de près de 103Nm pour animer les 179kg (177 pour la S en raison des jantes Marchesini en alu forgé). En théorie, on aurait en effet pu fantasmer et espérer une cavalerie plus nombreuse . mais le fait est que le moteur retenu nous a semblé avoir toutes les qualités requises pour fournir au pilote un maximum de plaisir en gardant le contrôle. Souple, le bloc accepte de repartir décemment même sous les 2000rpm, ce qui est remarquable . son injection se fait d’ailleurs oublier dans tous les cas de figure. Il tracte ensuite correctement et commence à pousser fort dès 4000rpm pour ne plus s’essouffler avant l’intervention de la shift light (à 8000rpm) et du rupteur (peu avant 9000rpm). Voilà donc un moulin qui donne tout ce qu’il a sur la moitié de son compte-tours, ce qui est fort honnête. Et la poussée est vigoureuse . elle procure une vraie sensation d’accélération (favorisée, il est vrai, par la position de conduite) avec une certaine linéarité, mais sans la moindre faiblesse. De sorte qu’en ce qui nous concerne, ce moteur-là nous a paru bien à sa place et même davantage. Et puis, ceux-là même qui critiquent le moulbif de l’Hypermotard l’encensent généralement lorsqu’il propulse une Multistrada pourtant moins vive et plus lourde de 20kg. Vous avez dit bizarre ?

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Une supermot’ étant par nature une moto extrême, Ducati a voulu son Hypermotard suffisamment prévenante pour qu’elle respecte son pilote même si celui-ci n’est pas un cintré de la courbe en glisse et de la semelle d’acier. Bref, telle qu’elle est, la Ducati est fort plaisante sans rien d’indomptable ou d’intimidant. Elle offre son lot de sensations sans faire peur et d’une manière telle que chacun y découvrira son plaisir indépendamment de son niveau de pilotage. Eh bien, là où certains se disent déçus par cette approche des Bolognais, nous les félicitons au contraire d’avoir pu concevoir un gros supermotard accessible sans brevet de dompteur de fauves. Oui, il existe des bicylindres plus sensationnels encore, mais ils s’avèrent alors beaucoup plus exigeants pour leur pilote. Même à la pompe, on reste heureusement surpris car, en essorant sans cesse la poignée droite,  » notre  » Ducati s’est contentée de 7,5L/100km et d’un bon litre de moins si on restait raisonnable. Mais il est vrai que ce n’est pas si simple de rester cool…

Invitation

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C’est que l’Hypermotard est ultracompacte : lorsqu’on y monte, on se croirait sur une Aprilia 450 ! Tout sur l’avant, le pilote est situé devant l’axe de bras oscillant, ce qui génère une position extrêmement active et en prise directe avec les informations remontant de la fourche. Comme le poids de la bête semble encore plus contenu qu’il ne l’est en réalité, le désir d’attaque est permanent, et les vitesses défilent, vous transformant en un caillou sorti de son lance-pierres. Une position typée donc, une selle plutôt confortable, des rétros astucieux (puisqu’ils se replient) et efficaces, une instrumentation pléthorique mais tristounette et si compacte que ça nuit à sa lisibilité. Avec tout ça, on est paré à affronter le bitume . d’autant plus quand on est aux commandes de la version S. Pour seulement deux mille euros de plus que la version de base, la S s’offre des pièces en carbone, des jantes en aluminium forgé (-2kg et moins d’effet gyroscopique lors de la mise sur l’angle) et, surtout, des étriers Brembo monobloc, comme en course.  » Monobloc « , c’est-à-dire qu’ils sont taillés dans la masse et ne se composent donc que d’une seule pièce, au lieu de deux moitiés accolées, comme c’est le cas habituellement. L’avantage consiste donc à ne rien perdre de la puissance de freinage lorsque les deux pièces d’un étrier classique ont tendance à s’écarter légèrement quand le fluide descend pour actionner les pistons. Notons encore un traitement carbone des tubes de fourche et un amortisseur arrière Ohlins.

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Dans l’ensemble, nous sommes d’avis que le débours supplémentaire est justifié. Non seulement, la S est plus exclusive, mais elle profite bien de ses équipements, à l’exception du carbone qui n’est qu’esthétique. Le freinage d’abord est d’anthologie : au début, sa puissance est à la limite de l’effrayant . et comme sa dosabilité n’est pas optimale (c’est dosable, mais ça aurait pu l’être davantage), on est prudent, surtout quand il fait humide. Mais pour ce qui est de s’arrêter, c’est sur un mouchoir, les stoppies à la clé dès qu’on veut s’y amuser. A ce jeu-là, nous avons tout de même trouvé que la fourche Marzocchi de 50mm était un peu souple en hydraulique pour encaisser les grosses décélérations. Une fourche qui, comme toutes celles de sa marque, n’aime guère les reliefs tourmentés sur l’angle. Tant que c’est plat, c’est irréprochable . mais quand ça secoue, la trajectoire s’élargit. D’autant que, par son architecture, une supermotard a une tendance naturelle au louvoiement à haute vitesse, et l’Hypermotard ne fait pas entièrement exception à cette règle. Et puis, toutes les fourches Marzocchi que nous connaissons présentent cette caractéristique qui, du reste, n’a rien d’inquiétant . c’est une espèce de marque de fabrique…

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Les jantes, de leur côté, participent à la réactivité de la moto : l’Hypermotard est très vive, très agile, mais sans la brutalité des ténors de la catégorie supermot’. Eh bien ici encore, nous trouvons que c’est une qualité, et pas un défaut . à moins que vous soyez un pilote de supermotard chevronné, évidemment. Et ce qu’on apprécie aussi, c’est le travail tout en finesse de l’amortisseur Ohlins qui seconde cette maniabilité en assurant une motricité si impeccable qu’on remet gaz plus tôt et en plus grand pour s’amuser de toutes les sorties de courbes. Tiens, on oubliait les boudins : la S hérite de Diablo Corsa III qui correspondent mieux à son caractère que les BT014 plus routiers de la version de base.

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Charme
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Reste que l’Hypermotard est aussi -et surtout, diront certains- une très belle moto. Racée et d’autant plus attachante qu’elle est décalée dans le catalogue des silhouettes Ducati. Par exemple en Hainaut, où les Italiens sont nombreux, elle vous garantit un succès populaire constant : les mines s’ébaubissent de voir un sigle Ducati sur cette ligne inhabituelle . on vous questionne, on veut en savoir plus sur cette étrange bolognaise. En tout état de cause, les détails flatteurs y son nombreux, et la finition léchée. Citons par exemple le superbe aileron arrière intégrant le feu. Ajoutons-y les jantes et le monobras, ou encore les clignotants intégrés aux rétroviseurs et la face avant agressive à souhait avec son bec et son garde-boue tronqué. Restent les silencieux sous la selle qui gratifient le voisinage de rétrogradations mélodiques sans être agressives. Bien entendu, le catalogue des accessoires typés Hypermotard est bien garni et va des vêtements aux sorties Termignoni en passant par des chaussures. De quoi fidéliser davantage le chaland !

Essai de la Ducati Hypermotard 1100 S

Bon, en parlant de chaland, ne méconnaissons pas que, pour s’offrir une Hypermotard S, il doit débourser le même prix que pour une hypersportive japonaise qui fait le double de chevaux. Est-ce un bon plan ? Incontestablement oui en termes de plaisir éprouvé au guidon tant par la maniabilité étonnante mais ma&icirc.trisable que par la disponibilité moteur. Martelons-le une fois de plus : cette moto est une usine à fun et son moteur n’y est pas étranger. Bien menée sur petites routes, une Hypermotard en remontrerait à n’importe quelle mille sportive . par contre, la Ducati avoue ses limites dès que les distances s’allongent et que les moyennes s’élèvent, car elle vous expose fortement au vent et à la météo. Elle vous contraint aussi à vous abonner à la pompe car son voyant de réserve s’allumera inexorablement après 120 à 150km . et la réserve est comptée… De même, n’y cherchez pas d’aspects pratiques, elle en est dépourvue. N’empêche, Ducati n’a pas raté son incursion dans ce nouveau créneau. Et si pour vous, la moto doit rester un plaisir, ne vous privez pas de lorgner vers l’Hypermotard.

Essai de la Ducati Hypermotard 1100 S

ImportateurDucati North EuropeMoezel 9-11NL – 2491 CVDen Haag00 31 703 01 73 99 www.ducatibenelux.be
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Rude42
Je suis motard et rien de ce qui est motard ne m'est étranger.

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