Yamaha R9, non les sportives ne sont pas mortes

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Je dois bien avouer qu’un essai d’une sportive devient assez rare. Pas que nos essayeurs n’aiment pas mais on en trouve moins dans les gammes et encore moins en parc presse alors quand j’ai vu que je pouvais tester la Yamaha R9, je me suis dit que je devais vous partager ça.

La veste Macna Air Hybrid 2.0 et le casque Scorpion EXO 1500 Air carbone aussi en essai ici.

Parce que oui, pour une fois, vous n’avez pas un roadster avec un carénage mais bien une moto au look de sportive et construite comme une sportive autour d’un cadre Deltabox en aluminium moulé d’à peine 9,7 kg. Un carénage au design agressif avec des feux leds intégrés, des alierons qui ne sont pas là que pour faire joli. Yamaha annonce réduire de 6 à 7% la propension au Wheeling en ligne droite (ooooh). Les clignotants s’intègrent dans les rétroviseurs pour ne pas gâcher la ligne. Même l’arrière bien effilé fleure bon la course et forcément, ce n’est pas tout.

Avant de prendre la route, ou la piste pour certains, passons un peu en revue cette moto !

Au coeur de la R9, un CP3 ! Oui, seulement un trois cylindres de 890cc avec une puissance finalement modeste de 119 cv à 10.000 tours. Et là, je viens de perdre la moitié des lecteurs ! Mais revenez donc, la puissance ne fait pas tout ! Prenons le poids par exemple, à peine 195 kg ce qui donne déjà un rapport poids/puissance intéressant. Mais ce CP3 a été optimisé pour les performances : le rapport final, le timing d’allumage, la cartographie d’alimentation ont été améliorés. 3 modes de conduite standard sont accompagnés de deux modes personnalisables et 4 modes pistes (rien que ça).

Une centrale IMA à 6 axes gère les aides électroniques pour équilibrer le contrôle de traction, le contrôle de glisse et de freinage. L’ABS bien entendu est variable en fonction de l’inclinaison de la moto et de votre conduite. Yamaha ajoute un contrôle de Wheeling pour plus d’efficacité et même un système pour les départs. Vous trouverez même un système de gestion moteur sur 2 niveaux permettant de diminuer celui-ci en cas d’adhérence plus faible.

C’est tout ? Hé bien non, la R9 ajoute aussi un régulateur et limiteur de vitesse (pratique pour des zones très limitées ou la pit Lane), un quickshifter pour passer encore plus vite les rapports, des roues en alu moulé avec des Bridgestone Battras Hypersport RS11 et via l’application Y-Trac, vous pouvez même enregistrer et analyser les données comme un pro.

Alors oui, ne cherchez pas le confort, on est clairement sur une moto sportive avec une position assez penchée sur les bracelets. Mais malgré tout, vous avez droit à des leviers d’embrayage et de freins réglables.

Evidemment, Yamaha n’a pas oublié la partie cycle (ça serait con d’avoir tout ça sans pouvoir en profiter, non?). Pour les suspensions, KYB fournit une touche inversée de 43mm avec des réglages en amortissement, détente et compression. Sur le tube droit vous réglez les deux premiers et le gauche pour la compression. L’amortisseur arrière est aussi à la hauteur avec un réglage en précharge, détente, compression et même en hauteur de pilotage. On peut difficilement demander mieux en moto de série.

Le freinage, lui, est signé Brembo avec un maitre cylindre radial, des étriers Stylema 4 pistons avec des durites acier avec des disques de 320mm et 220mm derrière. Clairement, ça vous permet de freiner fort mais aussi de doser de façon précise quand la finesse est nécessaire.

Ouf, je pense qu’on a fait le tour, il est temps d’aller rouler.

Devant moi, l’écran TFT de 5 pouces peut bien entendu se connecter à votre GSM (oui je précise, on ne sait jamais) mais il permet aussi d’avoir la navigation au cas où vous voudriez faire un peu de tourisme sportif. 4 thèmes sont aussi proposés pour avoir l’écran qui vous plait le plus et même un mode piste chrono parce que si vous n’aviez pas encore compris, elle se sentira aussi à l’aise sur piste que sur route, peut-être même plus mais bon, vous le savez, on n’est pas très pistard. Dommage hein!

La selle n’est pas très haute avec ses 830mm mais pour le passager (ou passagère), l’espace est vraiment très limité. Pas impossible mais il faut un certain sens du sacrifice. Je me souviens m’être fait conduire pour un essai jusqu’à un dealer en tant que passager d’une R1, plus jamais de ma vie ou il faudra un sérieux motif. Soir, revenons à notre R9 bien plus intéressante que mes anecdotes !

Sans surprise, je me retrouve couché sur le réservoir et quand comme moi, tu as un peu d’embonpoint, tu regrettes ce coussin d’amour sur une moto comme cette R9. Il faudra aussi penser à avoir un casque assez racing avec un angle d’ouverture assez grand sur le haut et léger sans quoi vos cervicales vont déguster. Pour la vidéo, je portais le Scorpion Exo-1500 Air carbone, heureusement, il répond à ses critères mais une fois de plus, vous êtes bien sur une sportive avec les désagréments que ça comporte, en terme de confort en tout cas.

La forme du petit réservoir est idéale pour ne pas gêner, même pour moi. Forcément avec ses 14 litres, vous risquez d’allumer assez vite la réserve. En théorie, la consommation devrait tourner autour des 5 litres mais en pratique, je doute que vous rouliez économiquement avec cette moto entre les mains. Pour pleins de raisons aussi étranges que la position, le look, le caractère moteur, la mélodie de l’échappement… rien ne vous invite à la balade pépère. Du coup, il ne serait pas étonnant d’à peine dépasser les 200 kms.

En même temps, la position ne vous laissera pas de répit non plus à moins d’être fit ou habitué. Perso, ce sont surtout les cervicales et les genoux qui ont trinqué mais pas le dos. Ce qui va vous frapper, c’est la précision de la moto dans les entrées ou les courbes. La moto se place avec facilité dans le virage et se balance dans le suivant sans demander un investissement physique important. C’est facile, c’est le mot que je retiendrai pour qualifier cette moto. Mieux, je dirais qu’elle donne envie d’aller tâter du circuit. Sur route, on la sent limitée surtout si en bon motard citoyen, vous respectez les limites autorisées. On sent qu’on peut passer plus vite, bien plus vite mais on ne vous le montrera pas dans la vidéo.

Je vous ai brièvement parlé de sa mélodie, je devrais dire de son concert. Et tout ça, sans échappement ! Non, bien entendu, il y en a un mais caché sous le moteur comme vous pouvez le voir sur les photos. J’ai été moi même surpris, vu la symphonie qu’il me jouait, je me suis empressé de voir au premier arrêt quelle était la marque et comme un con, ma première réflexion a été : « mais, ils l’ont foutu où mon silencieux? « . Idéal pour centrer le poids sous la moto et original. Chaque rotation de la poignée droite vous donne envie d’y revenir. Ca ne va pas aider la consommation autant vous le dire tout de suite.

Le CP3 ou la magie du trois cylindres permet à la fois des bonnes accélérations mais aussi des reprises et une souplesse que seule cette architecture permet. La R9 pousse, accélère comme un bon diable et ne risque pas de vous ennuyer. On appréciera les aides à la conduite qui vont vous autoriser quelques imprécisions mais gardez quand même en mémoire que vous avez presque 120CV pour moins de 200 kg. Ca promet des sorties plus musclées même si on peut partir se promener gentiment. Je m’excuse d’ailleurs de ne pas avoir fait mumuse avec les deux motards rencontrés lors de la vidéo mais bon, j’aurais du refaire une bonne partie avec la caméra filmant le tableau de bord. Puis, retirez vous ça de la tête, ce n’est pas bien ! Oh, non, pas bien !

La Yamaha R9 est actuellement la plus sportive de la marque, pour route du moins depuis que les R1 sont réservées à la piste et la R1M n’est plus au catalogue. Pas étonnant dès lors que la R9 soit équipée de tout ce qui se fait de mieux dans la marque. Elle a même droit à sa coupe R9, c’est dire sa vocation sportive. Le plus surprenant, c’est que vous pouvez avoir une R9 35 Kw ! Oui oui, avec le permis A2 vous pouvez la piloter, certes dégonflées mais R9 quand-même. Dingue, non ?

Les suspensions font un très bon boulot parce que malgré nos routes belges en piteux état, ce n’est pas un calvaire non plus. La R9 permettra même d’absorber les chocs modérés sans vous faire souffrir les poignets et bien entendu, quand l’asphalte le permet, elles confèrent à votre moto une précision de pointe avec même une bonne gestion des compressions au freinage. Non, franchement, soit elle était particulièrement bien réglée pour moi, soit c’est vraiment au top, ou les deux.

L’écran est complet et bien lisible mais pourrait être encore plus grand. A vous de voir le thème qui vous convient le mieux mais ils ont tous un petit côté sportif qu’on apprécie forcément sur une moto comme celle-ci. Je n’ai pas testé l’application et le côté piste vu que l’essai s’est fait entièrement sur route mais vous devriez trouver des vidéos ou des essais plus énervés de cette Yamaha. Pour rappel, j’avais déjà commencé il y a des années à faire des essais à contre-sens avec une sportive utilisée en balade. Cette R9 en fait partie même si j’ai connu plus confortable pour de longs trajets, en comparant avec une autre sportive forcément.

Disponible en bleu ou en noir comme notre moto d’essai, elle existe aussi en version blanc et rouge 70th Anniversary. La Yamaha R9 reste étonnamment assez abordable avec un tarif de 13.999 €. Un prix que je trouve raisonnable au vu du matériel et des performances et en plus, pas besoin d’ajouter des tas d’options pour profiter pleinement. La version Anniversaire est un peu plus chère à 14.499 €.
Au final, il vous suffit d’enfiler votre cuir, placer les sliders, sortir votre casque racing et vous voilà devenu un pilote. Enfin, prudence quand même, on ne doit pas faire n’importe quoi à son guidon non plus. Moi en tout cas, j’en ai bien profité et comme je le disais, pour une fois, je me serais bien laisser tenté par un petit essai sur piste même si je dois être une vrai quiche !