Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornes

Brevet des 1000 kms : qu’est-ce que c’est ?
Les motards membres d’un club affilié au MTCW (moto club Wallonie http://www.mtc-wallonie.be) participent presque tous les week-ends à des balades organisées par les clubs faisant partie de cette  » fédération « . Une fois par an, elle organise le brevet des 1000km selon un concept très simple : on part la samedi matin au road-book ou au GPS et on doit pointer aux contrôles dans des tranches horaires déterminées. Il est de ce fait inutile de se croire en Grand Prix pour terminer au plus vite, il ne faut pas arriver trop tôt, ni trop tard . c’est un peu un rallye de régularité.La moitié de l’épreuve permet aussi d’avoir son brevet des 500 kms, celle-ci est prévue généralement en soirée avec un repas et une obligation d’arrêt avant de parcourir l’autre moitié du parcours, de nuit donc.A quoi ça sert? Dans l’absolu, à rien! Mais la fierté de les avoir accomplis et l’ambiance d’une journée endiablée valent le détour.Une année sur deux, l’épreuve débute en Wallonie et se termine en Flandre, l’année suivante on inverse. Cette année, nous débutions à Alost… découvrez ici notre journée au guidon du Gros Bob.

Départ aux matines et passages en ville

Sonnez les matines!

8:00, on est déjà en tenue, le Fat Bob est sorti du garage et le moteur est déjà occupé à chauffer. Nous partons pour le départ de notre club fixé une demi-heure plus tard. C’est tôt, diront certains, mais il faut rejoindre Alost et partir dans les premiers pour ne pas devoir courir après. Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornesSur les grands axes, la Harley nous conforte dans notre choix : malgré la position des pieds très en avant et le guidon plutôt large, nous sommes bien installés sur une selle accueillante . ces premiers kilomètres sont avalés rapidement. Les premiers tours de roues sont surprenants, il faut changer l’habitude de placer ses pieds au milieu de la moto mais on s’y fait et on apprend vite à pousser l’un ou l’autre pour aider à tourner. Nous arrivons au point de départ en pleine forme, certes le vent est un ennemi sur des nationales où rien ne vous protège sur la Harley, vous prenez le vent en plein torse et dès 120 km/h, vous commencez à bien le sentir dans vos épaules.Rien de dramatique mais nous éviterons autant que possible les autoroutes pour profiter de la balade.Les premiers partent déjà depuis 10h00, nous partirons donc avec une heure de retard, un retard qui risque de poser problème pour les prochaines étapes.

 

Passages en villeUne Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornesPour éviter d’ennuyer tout le groupe sur les autoroutes, le chef de file programme le Tripy, direction Berlaar (2590), pour passer par les villes et villages sur notre route. 76 kms sont au planning et nous devons arriver avant 13h30. Un samedi fin de matinée, dans les petites artères bondées, le Fat Bob s’en sort plutôt bien, le rayon de braquage est un peu limité et il faut quelques kilomètres pour vraiment se sentir à l’aise entre les voitures. Son poids de 320 kg handicapera aussi les manoeuvres à l’arrêt ou à vitesse réduite, après, le poids se fait oublier.Si côté maniabilité, nous pouvons lui donner une note satisfaisante (surtout vu le gabarit de l’engin), il faut déplorer une boîte relativement dure (une spécialité Harley!) qui émet un grand clong entre les rapports, pas franchement sympathique. Dans les files, vous risquez aussi de lui découvrir un autre point noir : vos cuisses vont chauffer et pas qu’un peu. Attention de ne pas vous brûler les mollets.

D’étape en étape
Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornesLe deuxième arrêt est prévu à Vlezenbeek (1602), après 145 kms nous imposant un passage par le ring de Bruxelles. Jusqu’ici, hormis les embouteillages intra muros de la matinée, le Fat Bob s’apprécie sur les grands axes à allure modérée. Les suspensions se montrent à la hauteur assurant confort et tenue de route dignes d’une routière, permettant d’avaler les kilomètres en épargnant vos vertèbres. Le constat se gâtera toutefois dans la journée après plusieurs passages sur des routes bosselées. Ce n’est probablement qu’une question de réglages des amortisseurs arrières mais ceux-ci nous ont semblé bien mous et sur ce genre de chaussée, l’arrière avait tendance à sursauter, malmenant votre dos sans ménagement.

Nous arrivons dans les temps mais sans avoir rattrapé le retard, au contraire, les bouchons nous ont coûté quelques précieuses minutes.Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornesA peine le temps de prendre un verre et on repart vers Zelzate (9060) pour arriver à 194 kms (prévu entre 14 et 17h00). Comme vous le constatez, nous n’avons toujours pas fait le plein, du moins pas celui du Fat Bob.

 

 

Les routes sont plus dégagées et nous enchaînons les petits virages avec aisance, nous sommes même surpris de la facilité avec laquelle notre imposante moto de 320 kg (avec les pleins) se laisse conduire dans les petits villages.

Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornesLe stop N° 4 nous amène à Maria Oudenhove (9620), située au km 239 de notre escapade. Le Fat Bob ne semble pas avoir une grande soif malgré les seulement 18,8 litres du réservoir. Notre jauge n’est pas encore dans le rouge et le mini ordinateur de bord nous autorise encore plus de 70 kilomètres.

 

 

Nous profiterons toutefois d’un arrêt à une station pour faire le plein . sans être certain de l’exactitude de nos instruments. Et pourtant, l’autonomie annoncée correspond aux litres utilisés, près de 350 kms avec un plein à ras bord (soit un peu plus de 5 litres de moyenne pour 100km), l’idéal pour ce genre de sortie où tomber à sec mènerait tout le club en péril. C’est ça aussi l’esprit club, on part à 10, on revient à 10.

Evidemment, le rythme est relativement calme, région à risque oblige mais nous y reviendrons.Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornes Le délai autorisé diminue, du moins nous arrivons de plus en plus près de la limite mais nous pointons encore dans les temps à Gullegem (8560) avec déjà 309 kms au compteur, déjà mais la dernière arrivée est prévue pour 19h45.

 

 

 

Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornesHeureusement que la Harley se montre confortable parce que côté bras et épaules,  l’épreuve commence à se faire sentir, n’oublions pas les 70 kilomètres du matin pour nous rendre à Alost.Mais on roule détendu sur le Fat Bob, le double disque avant inspire confiance et n’a jamais été pris en défaut de toute la journée. Le freinage est largement suffisant pour stopper l’équipage, sans se faire peur ni devoir abuser du frein arrière.

 

 

L’imprévu qui fait mal.
Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornesRassurez-vous, pas de chute, pas de casse, la Harley Fat Bob assure à merveille son rôle de grande promeneuse. On profite même de quelques espaces dégagés et peu photographiés pour jouir de la fougue du moteur. Harley n’annonce pas la puissance et se contente de donner le couple de 126 Nm à seulement 3500 tours minutes. Pourtant, comparé au Fat Boy précédemment essayé, cette moto nous semble beaucoup plus puissante avec des reprises et des accélérations plus en adéquation avec le look dragster de la moto. Le double phare avant et le guidon relativement droit contribuent au look mais le moteur n’est pas en reste. Il pousse fort, bien au-delà des limites autorisées dans notre pays et vous donne le sourire à chaque rotation de la poignée, à condition de ne pas oublier de changer de rapport sous peine de se faire rappeler à l’ordre par le rupteur.

Revenons à notre incident de parcours, en route vers le sixième pointage à 8660 Adinkerke, une de nos motos montre des signes de faiblesse, quelques gouttes d’essence par terre, suivies ensuite d’un écoulement plus régulier. Chacun sort sa trousse à outils (mission impossible pour la Harley) et on démonte le réservoir. Mauvaise surprise, celui est percé à plusieurs endroits, faisant appel aux habitants du coin, nous trouvons de quoi réparer provisoirement. Pendant que les mécanos s’affairent sur la moto, nous partons à trois motos pour pointer nos feuilles de route. L’aventure semble toutefois compromise. La moto redémarrera finalement mais le pilote préfèrera rentrer chez lui, en compagnie d’un autre membre au cas où.

Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornesCe souci technique nous aurait coûté le brevet sans la compréhension du président du MTCW qui nous autorise à passer l’arrêt 7 pour filer vers le 8 à Zuinkerke (8377). Cet arrêt était bien caché, le café en question est en retrait de la route principale mais ça, le GPS ne peut pas le savoir.

 

 

 

 

Une arrivée provisoire
Heureusement que les Tripy et Zumo étaient de la partie car les nombreux travaux et déviations ont sans doute allongé notre trajet et il ne serait pas étonnant que certains aient abandonné, faute de trouver ce fameux stop N° 8. Il fait déjà noir, l’occasion de voir si le double feu du Fat Bob apporte satisfaction. Il n’est même pas nécessaire sur voie éclairée d’allumer la longue portée, la visibilité est assurée sans faille et le tableau de bord reste lui aussi lisible.23h15, on redémarre pour le repas prévu à Lichtervelde (8810), dans une caserne de pompiers. Nous profiterons de ces deux dernières étapes pour un magnifique passage le long de la mer du côté de Middelkerke, une vue splendide qui restera dans nos mémoires.

Nous aurions aimé marquer une pause, poser la Harley sur la digue et nous adonner à une séance de photos, le look du Fat Bob et le paysage aurait donné un résultat fantastique mais le temps nous manque, il faut arriver avant minuit pour le repas et la validation des 500 kms.Une fois de plus retardés par une déviation, nous bouclerons ces 496 kilomètres à 23h55, nos amis pompiers ont rallumé le barbecue juste pour nous.Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornes

Après un repas bien mérité, d’un avis presque unanime, nous décidons d’arrêter là. Les 1000 kilomètres seront remis à l’année prochaine : trop de retard, un effectif fatigué nous contraint à stopper l’aventure et il nous reste encore 130 bornes pour revenir au bercail. Et c’est par l’autoroute que nous avons bouclé ce périple, une occasion de plus de passer cette sixième et étrange vitesse. Harley vous indique dans le compteur même que la 6ème est engagée mais ce dernier rapport ne semble qu’apprécier les vitesses plus élevées, elle donne l’impression de cogner même à 90 km/h, ça surprend.

Un brevet pour le Fat Bob?
Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornes

A l’heure du bilan, nous avons passé une semaine en compagnie du Fat Bob, roulé les 700 kms du brevet (pour la petite histoire, nous avons regagné notre domicile à 3h00) et nous ne sommes pas déçus de notre choix. Seules la boîte de vitesses d’un autre temps et les suspensions trop molles à nôtre goût gâcheront le résultat final.

La première est un peu dure à l’emploi et peu agréable, les mauvaises routes empruntées ont fait souffrir notre dos. Il n’est pas non plus question de duo, pas que ce soit impossible, il y a bien une selle arrière et des pose-pieds mais de ceux et celles qui sont montés dessus, l’avis est unanime, trop petite pour y tenir très longtemps, il faudra puiser dans le catalogue « accessoires » pour une selle arrière plus confortable. Le moteur nous a ravi par sa fougue et ses reprises, l’autonomie est plus qu’intéressante, le confort du pilote malgré une position typée custom reste supportable bien que fatigante si on reste sur l’autoroute trop longtemps à cause de la prise au vent.

Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornes Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornes

 

Une Fat Bob, une journée, un brevet, 700 bornesEn supposant qu’un bon réglage des deux amortisseurs arrières soit possible (pas de doute selon le concessionnaire), le Fat Bob nous semble un très bon choix pour les presque 16.000 &euro. qu’il faudra débourser pour l’avoir dans votre garage. Le tarif est raisonnable pour une Harley avec la qualité de fabrication reconnue et les atouts de cette moto au look différent et apprécié de beaucoup de motards.

 

Rendez-vous l’année prochaine pour une nouvelle édition ou fin août pour un brevet de 500 kms dans les Ardennes, si on nous prête une moto, nous sommes partants. Avis aux intéressés.

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Sylvain R
Sylvain roule depuis qu'il en a l'âge, deux ou trois roues (voir même 4) et un moteur et il est parti pour un essai. Sportive, roadster, custom, trail ou autre, rien ne l'arrête. Sa maxime préférée : "Brûle la gomme, pas ton âme". Si vous le croisez, n'hésitez pas à le saluer, il ne mord pas... enfin normalement

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