Suzuki Bandit 1200 S – Roadster au gros coeur pour gros bras.

Un air de fille sage
La bandit S paraît bien sage : nouvelle bulle redessinée après des tests en soufflerie, selle deux étages pour plus de confort, couleurs sobres, notre modèle d’essai héritait en plus du support pour top case et valises latérales, d’une bulle spéciale avec déflecteur réglable et de pare-chutes.

Tous ces accessoires sont d’ailleurs au catalogue Suzuki.

Quelques nouveautés toutefois, les carters d’allumage et d’embrayage ont été polis et des cabochons de clignotants translucides avec ampoules orange font leur apparition.

L’allure de la Bandit nouvelle génération change finalement très peu des versions précédentes et se soucie tout aussi peu de la mode actuelle, un échappement latéral traditionnel, un look classique, voire trop banal : on aime ou on n’aime.

Bien sûr, elle existe toujours en version roadster mais ce dernier n’est pas si différent avec son phare classique . même dans cette version naked, le nouveau Bandit est moins crapuleux.

Suzuki Bandit 1200 S – Roadster au gros coeur pour gros bras.

Apprêtée comme l’est notre moto d’essai, on se croirait prêt à partir en voyage au guidon d’une belle routière. La bulle est de bonne qualité et dévie assez bien le flux d’air. Le tableau de bord reprend le dessin de celui de la 650, mais avec des cercles de chrome.

Le compte tour analogique à gauche et l’afficheur digital à droite avec la vitesse, la jauge, l’heure, le kilométrique et les partiels : le compteur est lisible, les chiffres suffisamment grands. Quelques touches un peu modernes semblent même un peu en décalage : pensons aux clignotants blancs et protège-cha&icirc.ne en alu, mais ils s’intègrent assez bien à la ligne de la Bandit. On apprécie aussi le soin apporté à la présentation du moteur : noir et alu, un air classe.

 

Maniable si on reste sage.

La Bandit S accuse malheureusement un poids conséquent sur la balance : 221 Kg à sec et encore, sans compter les supports qui rajoutent quelques livres. Malgré cet embonpoint, le poids ne se fait pas sentir en roulant, on ne peut pas en dire autant pour les man&oelig.uvres à l’arrêt : il vous faudra une cure de musculation pour la déplacer pour peu que le sol ne soit pas totalement lisse ou plat.

Que l’on prenne l’autoroute ou les petites routes, la Bandit reste maniable et sans surprise, un régal sur les grandes routes où elle reste dans ses trajectoires sans sourciller. Mais tout ceci reste d’application à condition de ne pas trop lui en demander. Il ne faut pas la confondre avec une sportive même si le moteur est un 1200cc. Son poids donne une certaine inertie pour les entrées en virage, surtout si vous les abordez avec trop d’optimisme, vous sentirez alors les traîtres kilos qui vous pousseront à aller tout droit et il faudra bien insister pour la faire tourner.

A ce sujet, l’ensemble suspensions et cadre double berceau tubulaire en acier quasi identique à celui des premières Bandit ne sont pas prévus pour un usage sportif, ils vous rappelleront vite à l’ordre si vous vous sentez l’âme d’un pilote de GP. Dans un enchaînement de petits virages, la Bandit n’est pas si homogène et est assez difficile à balancer de gauche à droite.

Mais rassurez vous, on parle ici d’un usage sportif où elle accuse le poids des années et le poids tout court . en restant raisonnable, la Bandit suit sans trop de problème même si le tracé est sinueux.Suzuki Bandit 1200 S – Roadster au gros coeur pour gros bras.

En parlant de suspensions, elles remplissent très bien leur rôle quotidien tant que la route ne présente pas de grosses aspérités, on retrouve à l’avant une nouvelle fourche traditionnelle de 43mm de diamètre (5 mm de plus) et un nouvel amortisseur à l’arrière sur un nouveau bras oscillant en aluminium (allongé de 45mm), les deux ayant un débattement de 130mm. Sur une bosse un peu plus importante, la Bandit vous fera sauter de la selle, gênant quand on est sur l’angle, sans conséquence en ligne droite à condition de ne pas lâcher le guidon…

 

Prévue pour le voyage?

La selle a été redessinée pour le passager et pour vous inviter au voyage, la bulle est aussi remaniée, que demander de plus à une Bandit ?La position de conduite est bonne, le pilote reste droit, les jambes pas trop repliées, les bras pas trop tendus, on roulerait la journée entière sans sa fatiguer. Ainsi positionné, le pilote gère facilement la conduite de la Bandit sans avoir besoin d’efforts physiques.

L’autonomie moyenne flirte avec les 250 kilomètres pour un réservoir de 20 litres au total, ce qui permet d’entamer de belles promenades, elle se montre par contre plus gourmande si vous insistez trop souvent sur la poignée. Par contre la jauge, même si elle est bien pratique (c’est toujours mieux que sans) ne se révèle pas précise, incitant parfois à refaire le plein alors que ce n’est pas encore nécessaire.

Le freinage a été revu : la 1200 de 2001 avait surpris avec à l’avant ses étriers Tokico à six pistons qui stoppaient net la moto malgré son poids . aujourd’hui Suzuki est revenu à des étriers à quatre pistons, probablement pour réduire les coûts. Malgré cette diminution, ils restent à la hauteur avec leurs deux disques de 310mm.

Suzuki propose en option l’ABS, qui est un plus intéressant surtout pour une moto un poil lourde. Suzuki Bandit 1200 S – Roadster au gros coeur pour gros bras.

Chaussée de Bridgestone BT020 (120/70×17 à l’avant et 180/55×17 à l’arrière), la Bandit assure une bonne tenue de route, que vous soyez seul ou en duo avec un bon grip toujours présent, notons quand même que vu le couple du moteur, il faut être prudent lors des accélérations sur route humide . il n’est pas difficile de faire patiner la roue arrière : marrant si c’est fait exprès, nettement moins quand on ne s’y attend pas.

Là non plus, il n’y a pas de reproche à faire même si on a dû être prudents, les pneus de notre moto d’essai étaient neufs.

Toujours pour le voyage, les rétros sont assez écartés pour voir ce qui se passe derrière mais pas entièrement, une partie reflétera quand même vos bras, ils ne vibrent pas trop mais on les aurait aimés un peu plus grands.

La Bandit propose toujours les béquilles latérale et centrale, toutes les deux bien pratiques, il est vrai que les supports de valises aident aussi à la manoeuvre.L’espace sous la selle reste limité, mais on peut y glisser un U s’il n’est pas trop grand, c’est toujours mieux que de devoir l’installer ailleurs sur la moto.

Suzuki Bandit 1200 S – Roadster au gros coeur pour gros bras.Le point noir pour la balade, comme on l’avait déjà relevé sur la 650 : la selle peut vite devenir fatigante. Même si on l’a trouvée plus accueillante, après une centaine de kilomètres, on aime bien faire une pause parce que ça devient un peu trop dur d’y rester assis, dommage ! D’autant plus que, comme sur la 650, elle est réglable sur deux hauteurs pour mieux s’adapter au pilote. Le guidon est d’ailleurs lui aussi réglable. Les commodos sont classiques et sans reproche, la commande des warnings est très pratique et, carburateurs obligent, on retrouve le choke manuel au guidon.

 

Vieilles casserolles et bonne cuisine…
Suzuki Bandit 1200 S – Roadster au gros coeur pour gros bras.La pièce maîtresse de la Bandit 1200, qu’elle soit en version roadster ou en version semi-carénée, reste bien sûr son moteur. Moteur mythique d’un autre temps, issu des premières GSXR1100 de 1986, ce quatre-cylindres en ligne est toujours aussi présent. Il reste toujours refroidi par air et huile, avec ses 16 soupapes, développant seulement 106 chevaux à 8500 tours mais avec un couple de 9.5 m.kg (9.3 daNm) à seulement 4500 tours/minute.

Le moteur est toujours alimenté par ses carburateurs de 36mm même s’ils sont équipés du système TPS qui selon l’ouverture des gaz, intervient sur l’allumage pour optimiser le rendement moteur.

En roulant, ne cherchez pas la sixième, la bo&icirc.te ne compte que 5 rapports, malgré cela la conduite n’est pas pénalisée. Cette boîte de vitesses est précise et sans surprise, on l’a trouvée d’ailleurs plus agréable que sur la 650, notre 1200 ne se perdant pas dans les vitesses en cas d’arrêt d’urgence, il a toujours été facile de rétrograder et de retrouver le point mort. La 650 avait parfois le fâcheux défaut de ne pas retrouver son neutral ou de redescendre en première, ce qui pénalisait le redémarrage.

 

En réalité, on s’amuse au guidon de la Bandit 1200S, démarrages et accélérations sont un régal. Le premier rapport peut vous amener à plus de 100 Km/h et si on ouvre vraiment en grand, la roue avant quittera terre sans demander l’aide de l’embrayage. Entre deux feux rouges, elle est redoutable, poussant vraiment très fort et le guidon vous étirera les bras. Une fois en route, vous atteignez rapidement les vitesses autorisées, vous retrouvant à 120 Km/h à +/- 4000 tours. Un simple petit effort sur la poignée vous fait bondir à 150 Km/h sans même vous en rendre compte, attention au permis et aussi au véhicule que vous doublez, il se rapproche vite et il ne faut pas se laisser surprendre par le caractère intact de ce vieux moulbif.

La vitesse de pointe se situe un peu au-dessus des 200 Km/h, il est alors préférable de se réfugier sous la bulle . mais si le moteur pousse très fort dans les bas régimes, il met un peu plus longtemps pour arriver à sa vitesse maximale, la montée en régime est très linéaire, parfois trop, surtout si on roule au-delà des limitations, mais bon, ce n’est pas très raisonnable non plus.

On profitera mieux du moteur lors des accélérations et reprises que ce soit en ville ou sur autoroute, on apprécie cette sensation de puissance lors d’un dépassement à 120 Km/h d’un simple coup sur la poignée, même si cette sensation diminue fortement quand on insiste pour monter encore plus en vitesse, peut être la faute à la démultiplication retenue. Pour un usage au quotidien, ceci dit, l’étagement de la boîte est parfait.

 

Suzuki Bandit 1200 S – Roadster au gros coeur pour gros bras.On notera quand même un point ennuyeux : vers les 4000 tours, sur les quatre premiers rapports, la moto vibre beaucoup, beaucoup trop même. Ceci est d’autant plus gênant qu’il ne vous reste que peu de solutions : accélérer ou passer au rapport supérieur, perdant ainsi un peu de reprise.

 

Ce problème n’est pas aussi frappant sur le dernier rapport, heureusement, ça serait trop fatiguant sur autoroute. Il est malgré tout possible de traverser une agglomération en restant en 5ème tant le moteur est souple et reprendra de la vitesse sans sourciller, même sous 2000 tours. On trouve néanmoins dommages ces vibrations si on veut garder une vitesse constante sur un rapport intermédiaire alors que, justement, le couple maximum se trouve à 4500 tours.

On peut aussi s’interroger sur l’avenir des Bandit face aux normes antipollution de plus en plus strictes, Suzuki pourra toujours lui ajouter un échappement catalysé ou peut-être passeront ils à l’injection mais, si elle veut continuer sa carrière, elle devra subir quelques modifications même si pour le moment elle répond toujours aux normes Euro II.

 

Un rapport qualité/prix toujours d’attaque
C’est vrai qu’on ne peut pas la trouver parfaite ou très moderne, cette Bandit . mais, vendue 8.500 euro sans l’abs, disponible en 4 couleurs : en noir comme notre moto d’essai, en bleu, en rouge et en gris anthracite avec un cadre bordeaux, la Bandit est une très bonne affaire.

Elle est de plus pourvue d’une liste d’accessoires très complète que ce soit chez Suzuki ou chez les accessoiristes : bulle haute, bulle avec déflecteurs, sabot moteur, pare chutes, support top case et valises, vous aurez vraiment de quoi personnaliser votre moto selon vos goûts et vos besoins.

Suzuki Bandit 1200 S – Roadster au gros coeur pour gros bras.

La Bandit 1200S est très accessible pour peu que le motard soit un peu expérimenté, le couple moteur étant très agréable mais susceptible de surprendre un pilote inexpérimenté qui devra de plus apprendre à manier les 221 kg de la moto.Bref, on aime cette moto polyvalente, malgré ses défauts et surtout pour le plaisir de conduite qu’elle distille depuis 10 ans.

 

Sylvain R
Sylvain roule depuis qu'il en a l'âge, deux ou trois roues (voir même 4) et un moteur et il est parti pour un essai. Sportive, roadster, custom, trail ou autre, rien ne l'arrête. Sa maxime préférée : "Brûle la gomme, pas ton âme". Si vous le croisez, n'hésitez pas à le saluer, il ne mord pas... enfin normalement
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