Philips au Siècle des Lumières

En 2008, Philips innovait avec les ampoules Motovision à reflet orangé, conçues pour distinguer le motard du reste de la circulation. Avec un siècle d’innovation à son actif, le fabricant hollandais, dont l’éclairage est une branche porteuse, continue de réfléchir à la sécurité des deux-roues et nous revient avec une gamme bien pensée et plus abordable que les ampoules LED et autres kits xénon.

Philips au Siècle des Lumières
Nos trois types d’ampoules testées

Philips au Siècle des Lumières
Malgré sa teinte prononcée, la BlueVision ne donne pas l’effet xénon escompté

 

« Safety you can see » (une sécurité qui se voit) constitue le nouveau slogan de Philips qui, soit dit en passant, équipe d’origine une voiture sur trois dans le monde. C’est pour couvrir l’intégralité des besoins du marché moto que la marque batave a commercialisé divers types d’ampoules disponibles en formats H4 et H7 (et même parfois HS1) : Vision Moto, CityVision Moto, BlueVision Moto et XtremeVision Moto. Nous avons pu tester les deux dernières citées ainsi que les ampoules halogène les plus puissantes conçues à ce jour par Philips, les RacingVision. Ce sont ces trois types d’ampoules qui offrent les meilleures performances en termes de luminosité, car elles sont conçues pour les routards toutes saisons alors que les Vision et CityVision s’adressent davantage aux usagers urbains et à ceux qui sont soucieux de leur porte-monnaie. BlueVision et XtremeVision sont vendues entre 20 et 25€ l’ampoule et les nouvelles RacingVision ont le bon goût de s’afficher au même tarif. Un prix qui se trouve justifié, nous allons le voir, par les performances des ampoules et qui reste démocratique si on le compare à un passage au xénon (au moins 150€ placé) ou aux nouvelles ampoules LED (+/- 80€ la pièce). Par ailleurs, chacune de nos ampoules (en verre quartz anti-UV) est nantie d’un support plus résistant ainsi que d’un filament renforcé, de sorte que son espérance de vie est multipliée par son aptitude à résister à des chocs et vibrations culminant à 10G, une valeur qu’on peut approcher en passant sur un nid de poule profond ou sur un dos d’âne prononcé ; vous savez, ces trucs qui sont partout sur nos routes belges! La puissance lumineuse des lampes testées s’échelonne de 1500 lumens à 1750 lumens (le lumen est l’unité physique calculant le flux lumineux), des valeurs largement supérieures à celle d’une ampoule halogène standard. En matière de luminosité enfin, Philips annonce un gain de 30% pour les BlueVision qui doivent se distinguer en plus par l’effet xénon dû à la couleur bleue des ampoules. De leur côté, les XtremeVision ambitionnent 100% de plus alors que les RacingVision culminent à +150% au regard d’une ampoule normale !

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Plus cher, un kit xénon oblige à trouver de la place pour le(s) ballast(s)

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Dans le cas d’ampoules LED, l’élément refroidisseur arrière pose problème…

Les feux de la rampe

Pour étalonner ces solutions d’éclairage, deux machines à la dotation bien différente dans leur configuration d’origine. Restée méconnue en dépit de son excellent package sport-GT, la Triumph Sprint ST 955i dispose de 2 éléments H4 dispensant un éclairage faiblard et jaunâtre qui la fait passer inaperçue dans le flot des véhicules. A l’inverse, la Honda CBR929RR, avec ses trois ampoules H7 et son déflecteur travaillé, était ce qui se faisait de mieux lors de sa sortie et sera donc une cliente difficile pour les produits hollandais.

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D’origine, l’éclairage Honda offre une teinte relativement chaude

 

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Montée en XtremeVision, la Honda offre une signature plus intense

 

Premier cobaye, la Triumph. Pour pallier le déficit incontestable en sécurité passive dû à son éclairage, surtout lorsqu’il faut se singulariser dans un rétroviseur de voiture par exemple, nous lui greffons deux BlueVision. Les ampoules, largement bleutées, dispensent cependant une luminosité moins bleue qu’escompté, disons qu’il y a parfois un reflet bleuté, mais l’effet xénon allégué par Philips n’est pas au rendez-vous, et la CBR le confirmera. S’agissant de performance par contre, la BlueVision convainc : l’éclairage de la Sprint est plus vif et plus blanc. D’après nos estimations, on y gagne bien les 30% de luminosité pure évoqués par le fabricant, ce qui vous rend donc plus visible et de plus loin parce que les optiques s’avèrent plus brillantes que d’origine. Ceci dit, on progresse aussi en éclairage de la chaussée. Le faisceau lumineux ne va pas vraiment plus loin mais, comme sa luminosité est supérieure à celle de l’éclairage original, on distingue plus clairement le décor devant et autour de soi. En la matière, nous estimons aussi le gain à 20 voire 25%. Sur la Honda, qui dispose d’un excellent éclairage de base, répétons-le, on note effectivement la brillance supérieure des optiques et une lumière plus froide que d’origine. Là aussi nos partenaires en voiture nous ont confirmé une visibilité en hausse de la CBR dans la circulation mais pas d’effet bleuté particulier. Dans le cas de la Honda, la puissance lumineuse ne semble pas progresser notablement. Voyons donc ce qu’il en est des deux variantes les plus puissantes…

I got the power

Banc d’essai exigeant pour les XtremeVision et RacingVision qui s’attaquent à la CBR et à la lame de lumière distillée par ses trois ampoules. Ici, on est aux antipodes de la « lanterne » d’une Sprint ST. Dans le cas de l’XtremeVision, Philips annonce deux fois plus de lumière que pour une ampoule standard, soit une quarantaine de mètres supplémentaires de chaussée éclairée et ce sont encore 50% de plus pour les RacingVision. Lorsqu’on décortique le dossier de presse de ces dernières, qui viennent de sortir en ciblant a priori les voitures, on s’aperçoit que Philips les destine aux sportifs voire aux pilotes de rallye. Il y aurait même quelque chose de politiquement incorrect dans la prose du fabriquant hollandais quand il écrit : « Lors d’une conduite à grande vitesse sur des routes de campagne mal éclairées, vous vous reposez sur les performances de vos lampes avant. »  Qu’à cela ne tienne pourvu qu’elles fassent effectivement progresser notre vision nocturne ! Alors, qu’en est-il ?

 

Philips au Siècle des Lumières
Toute la luminosité des RacingVision…

 

S’agissant des XtremeVision, pas de résultat tonitruant sur la Honda, mais il n’empêche que les trois ampoules Philips optimisent bel et bien l’éclairage déjà performant de la Fireblade en plein phare (c’est moins net en feux de croisement): rayonnement plus blanc et donc plus distinctif, éclairage plus important de la chaussée et de ses alentours (+20 à 30% selon nous) et sur une longueur supérieure d’environ 10 mètres. On n’en est pas aux 40m annoncés par le fabricant, mais le résultat n’en demeure pas moins probant, d’autant que la teinte plus froide de la lumière dispensée brille presque autant que celle des BlueVision. Ces résultats se renforcent évidemment sur la Triumph où le gain est déjà notable en feu de croisement et, contrairement aux BlueVision, le faisceau lumineux éclaire la route plus loin. La Sprint se fait aussi considérablement plus visible grâce à la teinte de ses deux H4 ; tenant compte que l’Anglaise est équipée d’optiques translucides (transparentes sur la Nipponne), les XtremeVision ne font pas mieux que les BlueVision en termes de visibilité.

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La CBR en origine et…

 

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La même en RacingVision: intensité lumineuse plus grande et champ de visibilité amélioré!

 

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A titre de comparaison, voici ce que donne le full LED d’une FJR 2016 au même endroit

 

Et finalement, ce sont bien les nouvelles RacingVision qui proposent l’ensemble le plus performant : sur nos deux machines, l’éclairage de la chaussée progresse en avant et sur les bas-côtés (nous dirions au moins +50% pour la Sprint et +25% pour la Fireblade). De même, la teinte froide retenue sur les RacingVision dispense une lumière blanche éclatante favorable à la visibilité des motos dans le flot des automobiles. En ce qui concerne la Triumph, le résultat est sans commune avec sa dotation d’origine et même la Honda progresse suffisamment pour que le changement vaille la peine. Certes, on n’atteint pas selon nous les avantages chiffrés avancés par Philips, mais les résultats n’en demeurent pas moins convaincants ; assez en tous cas pour justifier le passage à l’une de ces trois variantes d’ampoules hollandaises.

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La veilleuse (à gauche) permet de visualiser la différence de brillance entre l’origine et les RacingVision

 

Pour en synthétiser les effets, nous dirions :

BlueVision (H4 19,99€/pièce; H7 24,99€/pièce) : teinte la plus froide, donc la plus lumineuse.

XtremeVision (idem) : luminosité et puissance en feu de route.

RacingVision (idem) : le meilleur package car ajoute une puissance supérieure aux avantages des deux autres.

Bref, pas question d’en revenir aux ampoules d’origine sur nos deux motos d’essai ! Terminons en précisant que Philips propose également des ampoules pour tous les éclairages d’un deux-roues et un pratique configurateur qui vous permet de définir de quelles ampoules vous devez équiper votre moto personnelle.

Vous retrouverez le tout sur:

http://www.philips.be/fr/c-m-li/eclairage-moto.html

Et si changer d’ampoules pour y voir plus clair ne vous intéresse pas, vous pouvez toujours essayer ceci:

Philips au Siècle des Lumières

Rude42
Je suis motard et rien de ce qui est motard ne m'est étranger. Motard dès l'âge de huit ans et journaliste/essayeur moto depuis 1988. Une expérience tout à votre service...

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