Mash accélère!

A l’instigation de Motomondo, un importateur ambitieux et en pleine expansion, la gamme française Mash se présentait à nous la semaine dernière dans la Gueldre hollandaise, à deux pas d’Utrecht.

Certains esprits chagrins objecteront d’emblée que les Mash sont produites en Chine, mais les managers de la Sima, qui étaient présents en vidéoconférence, insistent à juste titre sur la conception et la supervision bien françaises de leur fabrication. Le schéma de production est le suivant: le prototype initial est créé en France avant de poursuivre son développement en Chine à travers 200h de tests (et 25.000km pour la X-Ride 650, par exemple). Lorsqu’un prototype final est assemblé, il est réexpédié dans l’Hexagone où tous les réglages fins sont peaufinés. Et notez que les gens de la Sima sont systématiquement présents pour inspecter les premières motos sorties des chaînes. « Avec le temps, notre ADN se précise, explique le General Manager, il s’agit pour nous d’aller dans des directions où les autres ne s’aventurent pas. »

Mash accélère!
La Fifty 50cc Euro5 à 2399€

Depuis 2012, la gamme Mash s’élargit d’année en année et avec 45.000 véhicules vendus et une présence dans 26 pays, Mash s’affirme comme un acteur incontournable ; d’autant que la marque est désormais le numéro 1 français des ventes de 125CC ! Laissons les dirigeants de la Sima nous exposer leur approche: « Nous revisitons les eighties, mais d’une manière contemporaine et dans tous les sens du terme, nous explique-t-on. Notre credo n’a pas changé, nous voulons plus que jamais proposer des produits de qualité à des tarifs abordables, et nous intervenons dans toutes les étapes du processus de production pour relever sans cesse notre niveau d’exigence. » Une déclaration qui  d’ailleurs étayée par un collaborateur de Motomondo qui nous a confirmé voir chaque année augmenter le niveau de qualité global affiché par la marque. « Pour y arriver, nous accordons une importance primordiale aux retours de nos clients ; c’est une excellente façon d’avancer à l’unisson de nos utilisateurs, conclut le marketing manager français. »

Le passage à la Norme Euro5 obligeait naturellement le fabricant franco-chinois à revoir sa gamme pour 2021, c’était donc l’occasion rêvée d’un pré-lancement de ce millésime avec, soulignons-le des motos de pré-production mais « extrêmement proches des modèles définitifs », nous est-il précisé. Et comme toute la gamme Mash était présente, depuis les cyclos jusqu’aux 650cc, il y avait de quoi faire! Dans le cas d’Objectif-Moto, nous n’avons malheureusement pas pu participer à l’intégralité de la journée mais nous avons néanmoins pu tâter d’assez de machines pour voir apparaître certaines constantes: en statique, la qualité perçue est au rendez-vous et s’il y a un domaine où la Sima ne se rate pas, c’est bien celui de l’esthétique. Qu’on se le dise, une Mash ne manque pas de sex appeal avec ses côtés vintage affirmés. Ensuite, on peut noter que les sonorités des différents modèles sont réussies et ajoutent au charme de l’ensemble, tout comme la douceur générale des transmissions. Autre caractéristique récurrente des Mash: des selleries un poil fermes posées sur des suspensions confortables maîtrisant bien leur hydraulique et des positions de conduite très naturelles induisant un confort général d’un bon niveau. La grande carcasse de votre serviteur -même si elle nuit parfois aux photos sur une petite cylindrée…- a toujours trouvé à se caser harmonieusement, y-compris sur des 125cc; l’ergonomie d’une Mash est donc bien réelle. Voyons cela de plus près.

Mash accélère!
Le Side Force 440: craquant mais accaparé par nos confrères allemands…

Avant de passer aux essais, quelques éléments méritent encore d’être soulignés, comme l’adoption d’un nouveau moteur sur les 125cc. Il s’agit d’un bloc à injection développant 15cv et conçu à la base par Hyosung qui a constitué une joint venture avec le groupe chinois Shineray associé à la Sima. Ce bloc valeureux refroidi par eau a déjà largement fait ses preuves chez le fabricant coréen, tant en fiabilité qu’en termes de performances. Le concept X-Ride, apparu l’an dernier sur la 650, se décline désormais aussi en 125cc et en 50cc, un cyclo qui a fait l’objet d’un gros travail et est doté d’une boîte 4 et d’une fourche inversée SVP! Il faut dire que le Benelux est un gros marché pour les 50cc et que leurs utilisateurs sont les motards de demain… Mash a également beaucoup travaillé pour peaufiner le craquant Side Force, un side-car unique puisque confiné à 10.399€ malgré sa nouvelle fourche, sa qualité perçue en hausse (notamment celle du side) et… sa marche arrière. Nous aurions adoré l’essayer, mais il était accaparé par nos confrères allemands dont le marché est plus sensible au charme des side-cars que le nôtre. Enfin, la cerise sur le gâteau était la présence de la toute nouvelle Six Hundred Classic mue, en réalité, par le bloc 650 de la X-Ride sur lequel injection et échappement ont été retravaillés pour une philosophie de conduite différente. Il s’agissait en l’occurrence d’un prototype final qui ne pouvait être essayé mais dont la présentation officielle devrait avoir lieu cet été sous l’égide de Motomondo. Commercialisée sous la barre des 5.000€, cette Six Hundred pourrait faire un carton; nous vous en dirons davantage lorsque nous l’aurons essayée.

British Seven 125 (Euro5, 3799€, 137kg, 101km/h)

Mash accélère!

Dans son écrin British Racing Green, cette 125 est splendidement néo-rétro. Dotée de LED à l’avant et à l’arrière (comme virtuellement toute la gamme, d’ailleurs), elle se signale par un réel confort d’utilisation, sa sonorité charmeuse et sa belle instrumentation. Poids plume et bien suspendue, elle se joue de la circulation et aime plonger vers l’angle. De plus, son nouveau moteur d’origine Hyosung lui confère d’excellentes performances malgré le peu de bornes affichées par notre modèle d’essai. Quant au freinage, il répond présent et est assisté d’un ABS au cas où… La consommation devrait à peine dépasser les 2L/100km; avec 12L dans le réservoir, la Seven pourra aller loin.

X-Ride 125 (Euro5, 3999€, 130kg, 111km/h)

Mash accélère!

Motorisation identique mais approche évidemment différente pour la X-Ride 125. Ici, la suavité des lignes fait place à l’agressivité et la position de conduite s’en ressent, mais sans inconfort notoire. On est plus « sur l’avant », ce qui incite à une conduite moins coulée dont le bloc s’accommode fort bien. Plus légère que la Seven (130kg), la X-Ride va un peu plus vite tout en consommant un peu plus (2,7L/100km) et en perdant 1,5L dans son réservoir. C’est le tribut payé à l’orientation sportive. Par contre, le freinage est au diapason (avec ABS) et le look, quoiqu’aux antipodes de la Seven, est tout aussi réussi.

Five Hundred 400 (Euro5, 4299€, 160kg, 115km/h)

Mash accélère!

Quel charme dégage cette 400cc de 27cv! Dommage qu’en raison de repose-pieds relativement haut perchés, elle offre une position de conduite moins naturelle que d’autres Mash. Cette année, elle ne se conforme pas seulement à Euro5, elle nous revient avec un nouveau bras oscillant et troque son tambour arrière pour un second disque. Inutile de dire que le bilan freinage est des plus satisfaisants, d’autant que l’ABS (pouvant être déconnecté) n’est pas intrusif. Selle et suspensions moelleuses assurent une belle douceur de fonctionnement, mais le vrai « plus » de cette Five Hundred, c’est son moteur pétillant qui fait croire à plus de puissance qu’il n’en a en réalité. Très rond et plein de couple, il est d’une disponibilité étonnante pour ses 397cc et vous fait sourire à chaque accélération. Une réussite donnée pour 3,4L/100km.

Two Fifty 250 (Euro5, 3999€, 140kg, 110km/h)

Encore une Mash épatante à conduire, même si son esthétique globale nous convainc moins parce qu’on n’est fan ni du noir mat ni du tape isolant… Ceci dit, elle se rattrape dans le détail avec son instrumentation, sa protection de phare, sa selle et ses poignées brunes évoquant le cuir. A l’instar de la Five Hundred, c’est le moteur de la Two Fifty qui emporte tous les suffrages: ses 17,5cv ne manquent pas d’allant et lui donnent un réel avantage de couple sur une 125 pourtant presque aussi puissante. Avec ses 2,8L/100km, elle consomme à peu près comme une 125, mais avec des performances nettement en hausse grâce à son couple et à sa rondeur. Le réservoir emporte 14L.

X-Ride 650 (Euro5, 5999€, 177kg, 150km/h)

Mash accélère!

La X-Ride 650 est mue, comme la Dirt Track sortie en 2019, par un moteur d’origine Honda qui fit notamment merveille dans les Dominator. Les détails flatteurs se bousculent. Citons les jantes dorées (pour mieux évoquer la XT 500?), le double échappement scrambler, la grosse fourche, l’étrier radial ou encore le nouveau phare. L’instrumentation quant à elle reste minimaliste et ultracompacte mais, pour moins de 6000€, qui s’en plaindrait avec une bouille aussi sympathique?  Contact: une sonorité grave caractéristique d’un gromono s’exprime du double silencieux et on est presque surpris par le naturel de la position. Chaussée de ses pneus de 17 pouces à larges galettes, la X-Ride manque un peu de progressivité à la mise sur l’angle. Cela surprend au début, et on s’en amuse ensuite. Notons que ces gommes, signées Kenda, assurent aussi un bon grip sur chaussées humides. De bonnes surprises viennent du réel confort de selle ainsi que des vibrations fort bien contenues. Comme les suspensions ne sont ni trop fermes ni trop peu freinées en détente, le bilan confort est étonnamment positif. Au rayon freinage, les deux disques embarqués suffisent à ralentir efficacement la moto; notons que l’ABS peut être déconnecté. La X-Ride n’est pas (du tout) physique à emmener et on enroule « velu » à son guidon sautant d’une courbe à l’autre avec aisance, bien servi en cela par des transmissions assez douces pour se faire oublier. Quant au moteur, ses 40cv et 45Nm de couple (accessible aux permis A2 donc) suffisent très largement à se faire plaisir tout en profitant du caractère et du pom pom inimitables d’un gros monocylindre. S’il n’est pas très souple -c’est un mono, que diable!-, il compense par sa boîte agréable à laquelle on ne craint pas de recourir. Epinglons encore une consommation de 4,2L/100km (11L dans le réservoir).

Rude42
Je suis motard et rien de ce qui est motard ne m'est étranger. Motard dès l'âge de huit ans et journaliste/essayeur moto depuis 1988. Une expérience tout à votre service...

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