Kawasaki ZXR 636 2006 – 636 : L’autre chiffre de la bête.

Le design course en tête
Kawasaki ZXR 636 2006 – 636 : L’autre chiffre de la bête.La ligne est fluide, la moto effilée autant à l’avant qu’à l’arrière, rien ne dépasse pour offrir le moins de résistance à l’air possible. Les clignotants avant sont intégrés au carénage. Le feu arrière à diodes est aussi incrusté dans la coque arrière. L’avant de la moto est tellement affiné qu’on se demande si la bulle peut vraiment être efficace vu sa taille minimaliste.

L’échappement aussi entre parfaitement dans la ligne générale et débouche sous la selle, magnifique. De plus, dans sa livrée verte (LA couleur Kawasaki) notre moto d’essai semble tout droit sortie des paddocks.

A noter qu’elle est aussi disponible en noir et en gris métal.

Kawasaki ne lésine pas sur les moyens pour vous transformer l’espace d’un instant en pilote de grand prix, prêt à chasser du Rossi : freins entièrement radiaux, du levier aux étriers, fourche anodisée or, disques de freins en pétales, affichage complètement digital et un moteur développant 136 cv avec l’arrivée d’air forcé.

Tout fleure bon le départ de la course. Histoire d’en rajouter une couche, Kawasaki dote même sa 600 d’un chrono piloté au guidon : d’un côté un start/stop et de l’autre un bouton pour marquer le passage du tour, de quoi mesurer vos meilleurs temps sur piste ou votre temps pour aller chercher un pain en faisant le tour du quartier et en débordant sur les vibreurs du  » Joe Bar « .

 

Du circuit à  la route
Kawasaki ZXR 636 2006 – 636 : L’autre chiffre de la bête.Avec un poids de 164 kg à sec, inutile de vous expliquer pourquoi la moto est très vive et agile. Mais elle n’accueille pas les grands avec les honneurs, si vous faites plus d’1.80 m, vous vous sentirez très vite à l’étroit.

 

Pas facile en effet de caser ses jambes entre les repose-pieds et le réservoir et si on se met trop sur l’avant de la selle on se retrouve avec le casque au dessus de la bulle, pas pratique pour lire le compteur, pas très aérodynamique non plus.

La ZXR 636 n’est pas pour autant inconfortable, même si on est penché vers l’avant, un peu trop en appui sur les poignets . à la longue il devient d’ailleurs fatiguant d’embrayer. Et pourtant la faible épaisseur de la selle reste agréable même après un trajet de près de 150 kilomètres.

Par contre, la position et l’exercice permanent pour passer en courbe vous font redécouvrir des muscles que vous aviez oubliés, les crampes dans les cuisses se sont vite réveillées après être descendu de la moto, un phénomène qui dispara&icirc.tra avec un peu de pratique.Mais n’oublions pas que nous sommes sur une supersport et les longues promenades ne sont pas sa vocation première. La 636 fait d’ailleurs l’impasse sur la béquille centrale, la jauge à essence et n’espérez pas trouver beaucoup de place sous le pouf du passager, il y a juste de quoi glisser la trousse à outils d’origine et les papiers.

De plus le passager (ou passagère) ne sera pas demandeur de long trajet, haut perché sur la mousse à peine plus épaisse qu’un planche à pain, il n’aura même pas de quoi se tenir… après tout on ne s’encombre pas quand on fait du sport !

 

Rigueur et efficacité.
Kawasaki ZXR 636 2006 – 636 : L’autre chiffre de la bête.On achète une zxr 636 pour envoyer du gros gaz plus que pour se promener et là, le pilote sera servi. Un coup sur le starter et le feulement du moteur se fait entendre, le tableau de bord complètement digital s’allume de partout comme pour vous souhaiter la bienvenue.

 

Le compte-tours se la joue intimidant avec sa zone rouge qui commence à 15.500 tours. On s’attend déjà à rouler haut dans les tours pour en tirer le meilleur. La shift light paramétrable est d’ailleurs là pour vous rappeler de changer de rapport au cas où vous seriez distrait mais autant le dire de suite, ce n’est plus de la distraction alors parce que programmé pour s’allumer à l’approche de la zone rouge, il ne devrait pas s’allumer souvent sur route ouverte à moins de vouloir vous débarrasser rapidement de votre permis. En effet, la première tire à plus de 100 km/h, la 2ème arrivant au shift light, vous êtes déjà loin au-dessus des limites autorisées en Belgique, même sur autoroute, alors sur les autres rapports…

Il n’est bien sûr pas imaginable de rester en deuxième, les vibrations à régime constant vous feront bien vite changer de rapport, que vous soyez à 6000 ou à 10.000 tours minute.

Parlant justement de la boîte de vitesses, elle ne souffre d’aucune critique, elle se montre précise et très agréable, pas de bruits suspects ni de difficulté à engager un rapport, un régal. Il faudra néanmoins se méfier de ne pas repasser en première trop rapidement, pas que la boîte soit récalcitrante, elle est d’ailleurs couplée à un limiteur de couple permettant les rétrogradages avec plus de douceur, sans dribbling de la roue arrière, mais l’injection en première, vous gratifiera d’à-coups gênants à chaque fermeture et ouverture des gaz sur le premier rapport.

Décidément, les injections des modèles 2006 semblent bien capricieuses (voyez dans nos essais Yamaha, par exemple)…

Si on cherche vraiment un défaut à la boîte de la Ninja, on pourrait reprocher quelques difficultés à trouver le neutral ou des réticences à enclencher la première à l’arrêt mais c’est bien connu, en course, on ne s’arrête pas !

Le moteur quant à lui est un vrai plaisir à utiliser, si du moins on se souvient qu’on chevauche une 600 et pas une 1000. Il préfère de loin jouer dans les tours, ce qui vous obligera à devenir un virtuose du sélecteur pour rester dans la bonne plage d’utilisation, située au-dessus des 10.000 tours mais il acceptera aussi de descendre très bas et reprendra sans sourciller, une montée linéaire sans coup de pied au cul, on aime ou on n’aime pas, mais les accélérations sont fulgurantes dans les tours. Bien sûr une reprise à 2000 tours sera beaucoup moins expressive qu’à 8000 tours mais il faudra de toute façon bien vous accrocher au guidon et vous caler contre la selle arrière.

En plus du limiteur de couple, Kawasaki continue dans sa démonstration avec une injection double, et dote aussi la zx6r d’une admission d’air avec des papillons de forme ovale, plus efficaces que les modèles ronds traditionnels et en prime équipe son échappement d’une valve gérée électroniquement pour optimiser l’évacuation des gaz selon l’ouverture de la poignée droite. Le son d’ailleurs est très envoûtant et monte en puissance avec l’ouverture des gaz.

 

Une partie cycle irréprochable
Kawasaki ZXR 636 2006 – 636 : L’autre chiffre de la bête.La ZX6R colle à la route, les suspensions ne travaillent pas que dans les virages en gardant la trajectoire mais en plus elles absorbent les bosses de façon étonnante : pas de rebond, on reste bien sur sa selle et on garde le contrôle sans souci comme si la bosse avait été gommée.

 

La fourche inversée de 41mm de diamètre, qui est réglable en compression, détente et précharge, remplit très bien son rôle. L’amortisseur arrière chargé à l’azote est aussi réglable comme la fourche. Celui-ci contrôle un magnifique bras oscillant renforcé, semblable à celui de sa grande soeur la zx10r.

Associée à d’excellents pneus (Av 120/65ZR17 et Ar 180/55ZR17), la ZX6R se montre très facile à mettre sur l’angle et n’en bouge pas tant que le pilote n’en donne pas l’ordre. Même sous la pluie, la tenue de route reste rassurante et saine même si elle demande forcément plus de dosage à la remise des gaz.

Dans les enchaînements de virages, elle suivra le rythme sans sourciller, vous ne prendrez pas les suspensions ni le châssis en défaut à moins peut être de vous attaquer au pilotage sur circuit.

Le freinage… ah le freinage… étriers montés radialement, disques en pétales de 300mm à l’avant pincés par 4 pistons opposés et 220mm à l’arrière mais simple piston, levier avec maître-cylindre radial, on s’attend à du puissant et on est servi. Autant l’accélération vous colle les yeux au fond du casque, autant tirer sur le levier de frein vous les remettra en place, ça freine fort et tellement bien qu’il est aisé de décoller la roue arrière sur un stop appuyé et le tout avec une sécurité surprenante, la moto reste bien ligne quelle que soit l’intensité du freinage.

Le feeling est excellent, on peut très facilement doser son freinage, sur sol sec ou humide et même sur l’angle on peut utiliser les freins sans trop de risques, la 636 reste saine tout en proposant un freinage costaud, efficace et endurant, lui non plus jamais pris en défaut.

 

Aspects (peu) pratiques
Kawasaki ZXR 636 2006 – 636 : L’autre chiffre de la bête.Le sport c’est bien mais peut-on utiliser la ZXR 636 au quotidien ?

La moto n’a pas de béquille centrale, elle n’est pas la seule et comme la latérale n’est pas capricieuse comme sur certaines, on peut classer cet inconvénient comme futile à condition de rester prudent sur sol irrégulier ou en pente. Seul l’ergot permettant de déplier la béquille aurait pu être plus long pour plus de facilité.

La Ninja ne propose pas de jauge essence mais seulement un témoin de passage en réserve . le réservoir ne compte pourtant que 17 litres, pas énorme ! Malgré cela, après 200 kms de parcours varié, nous n’avons remis que 10 litres de carburant, l’injection se montre apparemment assez sobre même s’il est vrai que l’allure était modérée. Pour des utilisateurs pressés ou sportifs, il reste quand même une bonne autonomie.

Kawasaki ZXR 636 2006 – 636 : L’autre chiffre de la bête.

Au chapitre des oubliés, vous trouverez les warnings, dommage, on en a parfois besoin dans les embouteillages fréquents sur nos routes.

Plus ennuyeux, vous devrez choisir ce qui vous intéresse le plus comme information pendant la conduite. L’affichage digital ne permet en effet que l’affichage d’un seul paramètre à choisir entre le totaliseur, le partiel, le chrono ou l’heure. Pour passer de l’un à l’autre, il faut appuyer sur le bouton ‘mode’ situé sur la gauche du bloc compteur et il est assez difficile d’accès une fois en route, à cause de la bulle assez basse.

On la trouvait justement très basse pour affiner la ligne de la moto, tellement qu’une fois en route il sera difficile de se cacher derrière, même en vous mettant contre la selle arrière. Elle ne dévie pas assez le flux d’air et on prend tout dans le casque, à vitesse modérée, ça passe encore mais quand le rythme s’accélère, ce problème devient vite gênant si le trajet se prolonge.

Avec la ZX6R, il ne faut pas prononcer le mot  » bagage « , à vrai dire, on la voit mal avec un top case et des valises. Même votre antivol ne trouvera pas de place sous la selle arrière. Heureusement, Kawasaki se rattrape en l’équipant avec une clé avec transpondeur. Ca ne remplace pas un U ou un bloque-disque mais ça retardera voire découragera les petits voleurs.

Donc équipé d’un sac réservoir ou de votre sac à dos, vous pouvez envisager les trajets quotidien, à condition de ne pas souffrir de crampes en descendant de la moto et surtout de rester très raisonnable avec la poignée droite sous peine de vite vous retrouver client des transports en commun.

 

Le public-cible de cette petite bombe?

Kawasaki ZXR 636 2006 – 636 : L’autre chiffre de la bête.La ZX6R vous offre un apéritif de grand prix, tout est là pour vous en rapprocher. Les plus téméraires pourront d’ailleurs l’emmener sur circuit sans trop de modifications (la sécurité est exigeante sur circuit).

 

 

Là au moins ils pourront exploiter à leur maximum les capacités de la moto et de ses 136 cv. Elle s’adresse aussi aux motards fans de sportives, de vitesse et d’arsouille. Ils profiteront ainsi de son agilité, de son poids plume et de sa puissance.On ne la conseillerait pas aux débutants car même si elle se montre facile à piloter, elle exige une expérience du pilotage et offre des performances qu’il faudra modérer.

Enfin on chuchote dans les couloirs qu’une nouvelle 600 pourrait arriver d’ici quelques temps chez Kawasaki pour mieux rivaliser avec les gsxr600, cbr 600 et surtout la nouvelle Triumph Daytona 675 encore plus affûtée.

Pour le fun, sur le site de Kawasaki France, vous pouvez visionner deux petits films avec la zxr 636 : http://www.kawasaki.fr/product.asp?Id=3400E878008&amp.Sub=71&amp.DId=34003931FF9&amp.b=h

 

Kawasaki Motors Europe Benelux Branch
West Point Park’t Hofveld 6 C2
1702 Groot-Bijgaarden
Tél. : 02/481.78.24
http://www.kawasaki.be

Sylvain R
Sylvain roule depuis qu'il en a l'âge, deux ou trois roues (voir même 4) et un moteur et il est parti pour un essai. Sportive, roadster, custom, trail ou autre, rien ne l'arrête. Sa maxime préférée : "Brûle la gomme, pas ton âme". Si vous le croisez, n'hésitez pas à le saluer, il ne mord pas... enfin normalement

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