Honda MSX 125: quelque chose des Golden Sixties

Honda commercialisa sa première Dax en 1969, avant même les affres de la première crise pétrolière. Toute empreinte d’optimisme et d’insouciance, la petite moto commençait une carrière dont on ne voit pas la fin. La MSX s’en veut la digne héritière.

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Signe des temps, cette Mini Street X-treme délaisse les cylindrées initiales de la Dax (50 et 70cc) pour un 125 désireux d’aguicher aussi les automobilistes. Avec ses roues de 12 pouces, elle fait aussi l’impasse sur les 10 pouces que plus personne ne commercialiserait aujourd’hui. Assumant déjà la paternité des Monkey, Gorilla et ZB, le premier constructeur mondial n’en est pas à son coup d’essai en matière de petites motos, c’est pourtant bien la Dax que la MSX souhaite faire renaître de ses cendres. Et l’intérêt qu’elle a suscité chez les badauds tout au long de notre semaine d’essai justifie ce choix.

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Dans le détail, la MSX s’avère valorisante

Question d’approche
Un responsable Honda, à qui nous nous avouions plus sensibles au charme authentique de la Dax originelle qu’à celui, tout plastique, de la MSX, nous fit la réflexion suivante : « Vous verrez, la MSX est une Dax ; elle est juste bien plus sécurisante que son aïeule ! »
Lors de son apparition l’an dernier, certains confrères allaient jusqu’à comparer la MSX à une production chinoise bon marché, et il faut croire que la critique est remontée jusqu’au Japon, ou plus exactement en Thaïlande où est produite la MSX, puisqu’en 2014, la petite reçoit des modifications esthétiques très bien mises en valeur par la version noire de notre essai. Les touches dorées -notamment les jantes- sont du plus bel effet et cassent l’impression de cheap toy que pouvait laisser la version initiale.

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Voici les trois autres coloris 2014

Une fois en selle, ceux qui ont roulé en Dax retrouvent une position fort similaire sur la MSX, et c’est en soi un bon point. Evidemment, le guidon ne se replie plus, et on aura du mal à la ranger dans un grand coffre, comme on pouvait le faire avec une Dax. Et même si cette dernière affichait un poids à sec record de 65kg (!), la MSX actuelle n’a pas à rougir puisqu’elle avoue 101kg en ordre de marche, et ce poids plume, joint à une géométrie axée sur la maniabilité, la rend tout aussi joueuse que la Dax d’époque, ce qui est une performance alors qu’elle embarque la technologie d’aujourd’hui, à la différence d’une « Dax » Skyteam 125 par exemple.

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Bien entendu, on profite désormais des avantages liés à la modernité avec un tableau de bord offrant tout ce qu’il faut, des freins à disques endurants et un cadre rigide. De son côté, le moteur de 125cc qui n’a plus à démontrer sa fiabilité (Honda en a produit près d’un million d’exemplaires depuis 2003!) se montre courageux sans atteindre les performances des meilleurs huitièmes de litre. C’est bien normal après tout que ses 9,6cv ne puissent rivaliser avec les 15 bourrins d’une Yamaha MT 125 entre autres. N’empêche que le moteur Honda se rattrape brillamment à la pompe : le constructeur annonce une consommation moyenne de 1,5L/100km et nous pensons que le chiffre est accessible à qui roulerait calmement. Pour notre part, mais en essorant systématiquement la poignée droite, nous avons atteint 2,02L/100km ; une valeur excellente en l’espèce. Bien dans l’approche Honda, ce moteur se singularise surtout par sa linéarité ; le caractère n’est donc pas son fort, mais il compense par une efficacité identique sur toute la plage de régimes (zone rouge à 8200rpm, mais couple maximal atteint dès 5500rpm).

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En (petite) route !
En vitesse de pointe, nous avons atteint 108km/h compteur dans les conditions optimales d’une légère descente ; si la route monte, tablez plutôt sur 90/95km/h. Remarquez que sur un parcours de 60km de nationale à deux (mais oui, c’est possible!), nous sommes parvenus à rester dans le sillage d’un bus des TEC, ce qui n’est pas mal somme toute. Oubliez aussi les essais qui vous serinent que la MSX n’est pas adaptée aux grands gabarits : les 195cm de votre serviteur y ont trouvé leur place sans même que le guidon vienne heurter les genoux, chose courante sur les petits scooters pourtant.

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Nous le disions plus haut, la géométrie de la MSX privilégie indéniablement la maniabilité au détriment de la stabilité. En pratique, cela signifie que la Honda est la reine incontestée des petits coins, des giratoires, des embouteillages. Ce pedigree l’oriente naturellement vers la ville où ses dix chevaux suffisent à tenir les automobiles en respect et où son pilote se régale de chaque changement de direction ; dans ces conditions, la MSX est un pourvoyeur de plaisir vraiment peu avare. Sur routes de campagne, la rigidité du cadre en acier se fait également apprécier tandis que, dans tous les contextes, le freinage s’avère rassurant car suffisamment puissant et endurant tout en étant aisément dosable.
Ceci dit, l’empattement ultra court et les petites roues vous font vite payer les irrégularités du bitume, et la stabilité s’en ressent ; les louvoiements sont alors fréquents et demandent de bien maintenir les demi-guidons surélevés pour conserver un guidage satisfaisant. Naturellement, les performances générales sont telles que le pilote conserve le contrôle en toutes circonstances, si bien qu’on ne peut incriminer le travail de conception réalisé par Honda et qu’on peut légitimement faire de la MSX une machine cohérente.

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Les jantes sont superbes; notez leur valve coudée

C’est un peu comme pour l’absence de protection ou la relative dureté de la sellerie jointe à une certaine sécheresse de l’amortisseur arrière : elles ne constituent pas des défauts si l’on s’en tient à ce pour quoi la MSX a été pensée. Et d’ailleurs, c’est bien l’impression d’une grande maîtrise que ressent son pilote ; l’approche maison du Total Control appliquée aux petits cubes, en quelque sorte.
Pour les amateurs, précisons que la MSX fait l’objet d’un culte en Thaïlande où les préparations sont légion ou chez Yoshimura qui lui dédie une ligne complète… Vous en aurez une bonne idée, et nombre d’autres renseignements utiles, sur l’excellent site français www.mini4temps.fr .

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Une déclinaison de la MSX by Yoshimura R&D

Bref : pétillante et ludique avant tout, la MSX rejoint la philosophie initiée par la Dax en vous faisant oublier les soucis du quotidien. Comme sur un Suzuki Van Van, on a ici l’impression d’être en vacances dès qu’on s’y assied, et on a envie de rouler en écoutant In the summertime des Mungo Jerry. Sauf qu’à 2990€, Honda s’avère plus démocratique que Suzuki, même si on reste bien loin des 450€ que coûtait environ une Dax en 1969…

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Rude42
Je suis motard et rien de ce qui est motard ne m'est étranger.

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