Ducati Diavel, rencontre avec le diable

 

Forcément, avec un nom pareil et mon pseudo, on était fait pour se rencontrer. Le Diavel fait partie de ces motos qui, une fois testées, vous laissent des souvenirs marquants.

Rarement parfaites, elles font surtout preuve d’un caractère affirmé et souvent d’un look remarquable.

Comme en plus, celle-ci est italienne, habillée de carbone et porte un nom aussi provocateur, le petit Diabolo que je suis se devait de la tester…

Elle capture les regards

Il n’y pas que les chromes US qui font leur entrée sur une musique comme « Watch me » (l’entrée des Black Knights dans Biker Boyz); Ducati l’a bien compris et le prouve avec ce modèle. Pas besoin de mettre le contact que déjà des curieux la montrent du doigt et s’en approchent pour la voir de près.

L’avant trapu aux épaules de footballeur américain fait disparaître le phare entre les écopes et contraste avec une coque arrière et son capot de selle comme coupés net qui prennent place au dessus de l’énorme pneu arrière de 240mm.

Le feu Led avant semble petit mais sa puissance est au rendez-vous. Les clignotants prennent place dans les caches latéraux sous la forme de deux barres Led également.

Nous avions pour notre essai la version carbone, un matériau que l’on trouve partout, du garde-boue avant au capot de selle en passant par le réservoir.

Et que dire de ses jantes Marchesini? Tout simplement superbes avec des découpes agressives à souhait, neuf branches et un mélange de noir et d’alu à faire pâlir un custom. Elles permettent en plus un gain de 2,5 kg sur la balance par rapport au Diavel standard.

Ducati Diavel, rencontre avec le diable

Le monobras est un monument à lui seul, mettant parfaitement en exergue la roue arrière, on ne s’en lasse pas !

La décoration joue aussi son rôle avec deux double bandes rouges tout le long de la moto, la même couleur que pour le châssis tubulaire.

La selle creusée aux coutures rouges, et au large dosseret, augure déjà des prestations de la bête et le double silencieux n’attend que votre signal pour dégainer.

Ducati Diavel, rencontre avec le diable

L’arrière de la moto vaut aussi le détour avec deux barettes LED en guise de feu et de clignotants. La plaque semble flotter derrière le pneu avec un support juste attaché au bras oscillant.

Une partie cycle tentatrice

Comme les succubes jouant de leur charme, le Diavel vous met l’eau à la bouche rien qu’en listant son matériel.

Pour le freinage par exemple, l’ensemble Brembo se compose de deux disques avant de 320 mm, des étriers monobloc à fixation radiale et 4 pistons et, pour l’arrière, un 265mm et deux pistons, le tout équipé de l’ABS. Un ABS pas trop intrusif qui permet de bien tirer sur le levier avant de le voir intervenir.

Le Diavel freine plutôt fort, très fort même et les 234 kg (en ordre de marche) sont stoppés très rapidement.

A voir le diamètre des tubes de la fourche Marzocchi, 50mm, on se dit que c’est du costaud, et précisons qu’elle est entièrement réglable.

Tant que le bitume est lisse, la tenue de route est excellente, même en courbe, mais le Diavel n’aime pas les bosses… Vous aurez intérêt à bien tenir le guidon qui vire à gauche et à droite selon le relief. C’est peut-être une question de réglage; en tous cas sur les chaussée en bon état (il en reste heureusement), la moto semblait très bien réglée et nous ne l’avons jamais prise en défaut. On opterait plutôt pour une épure de suspensions perfectible au regard de l’empattement et de l’angle de chasse ouvert.

L’arrière est d’ailleurs bien moins sensible dans ce contexte. On peut facilement régler l’amortisseur Sachs via une molette côté gauche. Finalement, pour une moto d’exception, on est plutôt bien installé avec une selle à 770mm et une position agréable, on peut envisager de longues sorties, même d’une journée entière sans en descendre cassé pour les jours qui suivent.

Un vélo ou presque

Quand on voit le gabarit du Diavel, son pneu de 240mm et son grand guidon, on se demande comment on va pouvoir rouler. Un pneu pareil, on le trouve plus souvent sur un custom et les virages, ce n’est généralement pas leur fort.

La selle est plus basse que celle du Monster (785mm) ou du Streetfighter (840mm), le pilote se trouve installé assez droit, les jambes un peu pliées mais sans exagération. On démarre et on verra bien, se dit-on la première fois. Et là, la magie (noire forcément) opère !

Quelles incantations les sorciers de Ducati ont-ils pu prononcer pour un tel résultat, ça reste un mystère. Le Diavel enchaîne les virages sans effort, se joue des embûches de la circulation sans vous faire suer. Question maniabilité, certains pourraient aller prendre des cours en Italie sur ce coup. Avec un empattement de 1580mm, c’est quand même magique, non? Lorsqu’on se rappelle son premier essai d’un custom équipé d’un 240mm, on est à des années-lumière avec cette Ducati tellement elle semble facile, même son poids se fait vite oublier.

Ducati Diavel, rencontre avec le diable

Une puissance diabolique mais sous contrôle

2 cylindres, 1200cc, le Testrastretta annonce une puissance à faire peur : 162 cv !

162 cv à 9,250 tr/min et un couple de 130,5 Nm à 8000 tr/min, voilà qui annonce des performances à faire frémir certains pilotes.

Choisissez d’abord le mode de pilotage : Urban, Touring ou Sport !

Ducati Diavel, rencontre avec le diable

Le mode Urban (que d’autres appellent pluie) limite la puissance à 100cv et pousse le DTC (le contrôle de traction) au niveau 6. Étonnamment sur le site, on annonce un autre réglage du DTC, changement de programmation ? Oui en effet c’est possible.

Enfin « limite la puissance », c’est vite dit, certaines motos n’ont pas cette cavalerie en full. On pourrait presque s’en contenter d’ailleurs tellement elle est agréable à conduire avec de bonnes accélérations et des reprises largement suffisantes.

Mais la tentation est trop forte, on pousse sur le bouton au commodo gauche et on joue au touriste. Un touriste pressé quand même avec 162 cv à la poignée mais une courbe de puissance moins brutale et un DTC réglé sur 4.

On entre déjà dans un autre monde. Les silencieux (il parait que c’est le nom officiel mais regardez la vidéo…) jouent une mélodie plus rageuse. On s’accroche au guidon et le Diavel pousse déjà très fort. Vraiment agréable à piloter sur ce mode, on l’utilise au quotidien, voire pour des longs trajets où il n’y a pas forcément besoin de reprises plus musclées.

Et finalement, on succombe au côté obscur et on tente le mode Sport : 162 cv façon avion de chasse, DTC sur 2 et on encaisse des accélérations d’outre-tombe. Une moto pour les pilotes aux Big Balls comme on dit.

150 km/h en troisième, sans forcer et sans être à fond, c’est une formalité (sur route fermée ou circuit, bien entendu) La limite, c’est plutôt le pilote ou la route elle même. Un vrai monstre de puissance qui laisse la roue avant décoller légèrement si on tourne la poignée en grand, les yeux collés au fond du casque ! Aaahhhh on est foutu, quand on y a goûté, le reste vous parait insipide.

Heureusement, le Ride by Wire est un régal et la boîte encaisse bien, en passant les rapports facilement, sauf de rares fois où on cherche un peu pour retrouver le neutre.

D’autre part, fini le claquement si distinctif des embrayage à sec, celui-ci est à bain d’huile et à glissement limité.

Le mécanisme progressif pousse les disques d’embrayage les uns contre les autres sous la pression du moteur, ceci limite les efforts pour tirer sur le levier, pratique en ville par exemple. Par contre, le frein moteur permet de réduire la pression sur les disques et le système joue le rôle d’anti-dribble. On regrettera toutefois un manque de souplesse du twin, pas question de passer à 50 km/h en 6ème sous peine de le faire cogner. En 5ème, ce n’est pas beaucoup mieux et en 4ème, il acceptera mais sans grand plaisir.

Du coup, les passages fréquents dans les petits villages deviennent fastidieux en vous obligeant à retaper à chaque fois deux ou trois rapports. L’art du camouflage est aussi une arme du diable, on peut ainsi rouler à son aise, profiter d’une balade en groupe et passer presque inaperçu jusqu’au moment où vous ouvrez les gaz en grand. Là c’est la panique sur le boulevard, vraiment bluffant comme comportement.

Les radiateurs sont habilement placés de chaque côté, juste sous les écopes et le réservoir. De par cette position, ils profitent d’une bonne entrée d’air mais des ventilateurs électriques s’activent aussi en cas de besoin.

Pratique ? Utilisable ?

Si la procédure de démarrage est un peu fastidieuse, on s’y fait. Forcément, avec un seul bouton pour allumer les deux écrans, bloquer la direction et démarrer ça demande une marche à suivre. Le volumineux boitier clé reste dans la poche, c’est un système RFID, donc qui supprime le contacteur. La clé reste quand même présente pour ouvrir le réservoir ou la selle.

Pour le reste, on profite des deux écrans, surtout le supérieur , noir sur fond gris, qui reprend sous une batterie de voyants, le compte-tours, la vitesse, l’heure et la température du refroidissement.

On pourra quand même lui reprocher que la vitesse soit écrite en petits caractères, ce qui est parfois dérangeant.

Le deuxième prend place sur le réservoir et est lui en couleurs. On pourrait se demander si ce n’est pas trop bas mais la plupart des informations ne sont pas vitales pour la conduite. On retrouve au centre, et en grand, le rapport engagé mais il indique également les trips, la température de l’air, le voyant de réserve, la consommation instantanée et moyenne, la durée du parcours, un indicateur de béquille non repliée, le mode de pilotage choisit et le DTC. On l’utilise aussi pour régler les différents paramètres de la moto.

Les 17 litres du réservoir permettent des étapes suffisamment longues même si la consommation est mise à mal par les performances du moteur. On a mesuré de 6,6 à 6 litres aux cent, mais cette dernière valeur vraiment sur un long trajet relax.

Forcément, les aspects pratiques ne font pas partie du Diavel. Ducati avait bien proposé une version Strada mais celle-ci a disparu du site belge. Vous pouvez aussi oublier le sac réservoir aimanté, il ne tiendra pas. Placer un GPS demandera aussi un accessoire spécifique, le compteur étant sur le guidon, impossible de mettre une housse sans perdre la vue sur celui-ci.

La sculpturale Italienne autorise le duo pour qui n’aime pas rouler seul, mais il faut démonter le capot de selle, les pose-pieds arrière sont cachés dans la coque et on peut les descendre en cas de besoin, tout comme la poignée passager cachée au-dessus du feu arrière. Une astuce qui préserve le look bestial du Diavel tout en restant fonctionnel.

Mais bon, achète-t-on un Diavel pour partir avec tous ses bagages ?

Alors on craque?

Si la moto nous a séduit par ses performances, son look, son comportement, il y a toutefois un point sur lequel on tique… son prix.

Ducati Diavel, rencontre avec le diable

17.990 € en version standard et carrément 21.390 € en édition carbone, ça freine les ardeurs bien mieux que du Brembo radial…

Le Diavel est une moto d’exception avec un caractère bien trempé et une aura qu’on apprécie rapidement. Elle flatte le côté frimeur présent dans la plupart des motards, en proportion bien différente de l’un à l’autre, ça va de soi.

Vous serez fier comme un paon à son guidon, admiré par beaucoup, les questions fusent à chaque arrêt mais il faut y mettre le prix. Vous vous fâcherez avec vos voisins en raison de la douce mélodie du twin au petit matin, avec toutes notions d’économie ou d’écologie vu la consommation et pire encore, vous serez bon pour un abonnement à un petit boîtier d’aide à la conduite si vous tenez à votre permis. Il faudra aussi voir la durée de vie du Pirelli Diablo Rosso II (240/45×17) qui a fort à faire pour passer la puissance au sol et qui assure aussi la tenue de route en courbe.

Enfin, c’est bien peu de choses, quand on aime,… Mensonge: car là, on compte quand même.

Et si on vous la montrait en vidéo ?

 

Ducati Diavel, rencontre avec le diable

Importateur :

Ducati North Europe,

Moezel 9-11

NL-2491 CV Den Haag,

http://www.ducatinortheurope.be/fr

Sylvain R
Sylvain roule depuis qu'il en a l'âge, deux ou trois roues (voir même 4) et un moteur et il est parti pour un essai. Sportive, roadster, custom, trail ou autre, rien ne l'arrête. Sa maxime préférée : "Brûle la gomme, pas ton âme". Si vous le croisez, n'hésitez pas à le saluer, il ne mord pas... enfin normalement

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Commentaires

  1. Je me suis fait plaisir; je l’ai achetée et c’est un plaisir permanent que de rouler sur cette magnifique moto.
    Il faut juste faire attention et essayer de rester dans le vert pour garder son permis.

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