Yamaha TDM 900 ABS

Bientôt 20 ans
Apparue en 1987, la TDM s’apprête à souffler ses 20 bougies et nous nous réjouissons de la retrouver, plus en forme que jamais. L’évolution majeure date de 2002 quand la cylindrée est portée à 900 cm3. Le cadre passe alors de l’acier à l’alu pour gagner 11 kg et améliorer encore sa dynamique. En même temps, l’angle de chasse prend un degré et l’empattement s’allonge d’un 1cm, histoire de conserver sa stabilité. La suspension arrière reçoit un système à biellettes pour amener le confort au niveau d’une vraie routière

.Des suspensions… Excellentes

Quelques kilomètres suffisent à se rendre compte du travail accompli.

Le couple cadre/suspensions marche à merveille, qu’il s’agisse d’un tronçon pavé ou d’une route à l’asphalte pelée comme c’est le cas un peu partout au sortir de l’hiver, la TDM ne se désunit pas, elle garde son cap, le guidon reste léger et l’on se félicite de disposer d’une moto pareille dans ces cas là.La position est reposante, les jambes peu pliées, les bras ni trop écartés ni trop tirés en avant, le dos peut se tenir droit ainsi que la tête.

Un détail assez génial car très simple est à signaler aux repose-pied, une petite plate-forme permet de poser le pied plus confortablement que sur le seul repose-pied habituel, bien vu. La selle presque plate est assez large pour bien répartir le poids et pas trop pour conserver une bonne mobilité à la moto. Car si son cintre n’est pas aussi large que sur un trail, c’est bien conduite comme tel que la TDM donne le meilleur d’elle-même.

Balancée d’un angle à l’autre à l’aide du guidon, son poids inférieur à 200 kgs (à sec) lui permet de faire la leçon à nombre de trails qui souffrent chroniquement d’embonpoint. La Yam’ fait preuve d’une maniabilité étonnante.

Yamaha TDM 900 ABS

Un moulbif doux et puissant
Le bi-cylindre de 897 cm3 tracte solidement à partir de 4.000 t/min et la motricité ne semble pas pouvoir être prise en défaut, de sorte que l’on peut se lâcher et simplement se faire plaisir en ouvrant en grand à chaque sortie de virage. Car même s’il est bien coupleux, il n’est jamais violent, ses réactions sont toujours souples, rien à voir avec un italien. Ce japonais tourne presque sans vibrations dès les bas régimes, part en première sans aucune difficulté et reprend sans broncher même à 2.000 t/min sauf en 6ème où il faudra rester plus haut. L’injection électronique a lissé sa courbe de régime mais il lui reste encore du caractère à l’approche des 6.000 t/min où le couple maximum est atteint. Il faut se donner la peine de bien tourner la poignée des gaz car le tirage est long. Cette progression du couple est bienvenue car elle assure une conduite coulée à bas et mi-régime et une réserve de puissance en haut, où il suffit lors des dépassements de tirer dans le rapport pour filer devant, l’allonge permet de rester sur un rapport jusqu’à plus de 9.000 t/min. C’est aussi cela le confort.

Yamaha TDM 900 ABS

La faible largeur du cintre et le moteur doux ouvre une voie royale dans la circulation. La hauteur de selle à 82,5 cm la place dans la moyenne et permet aux pieds de bien se poser au sol. Parfaitement à l’aise en ville, il faut reconnaître que ce sont sur les routes nationales que nous profiterons le mieux de ses qualités.

Bien assis, avec une puissance facile à contrôler, un guidage serein grâce aux suspensions, nous avalons du kilomètre avec plaisir et sans aucune crispation. Seules les manoeuvres à l’arrêt pourront en intimider certains car la TDM est grande, mais comme sa selle n’est pas trop haute et son rayon de braquage court, ceux-là n’auront qu’à s’assoir dessus pour la déplacer.

Le frein moteur toujours présent sur ce bi-cylindre permet de rentrer dans les virages sans freiner. Si on arrive plus vite, le freinage fait preuve de puissance tout en étant facile à doser, à tel point que le plus souvent, un doigt suffit, cette puissance s’avère très agréable aussi lorsqu’on roule à deux. La suspension avant a moins tendance à plonger que par le passé. L’ABS apporte depuis l’année passée le luxe d’un freinage impossible à prendre en défaut. Il se déclenche à la moindre perte d’adhérence sans diminuer la force de freinage, il se déclenche parfois lorsque la roue rebondit sur un casse vitesse mais continue à ralentir suffisamment. La poignée du frein est réglable, pas celle de l’embrayage.

 

Toujours dans le coup
La consommation se place à 7.5 litres au 100 km en moyenne ce qui laisse une autonomie intéressante de plus de 220 km avant réserve. L’injection se fait oublier sauf à froid où les réaction du moteur sont assez violentes, surtout à la coupure des gazs, prenez le temps de la laisser chauffer. Les deux silencieux au look vieillissant, surtout dans la finition de leurs extrémités, garantissent un son très contenu pour une moto d’abord silencieuse avant de se montrer plus présente dans les accélérations.

Ce registre toujours sobre autorisera à rouler avec un casque jet l’été pour profiter pleinement de grandes bouffées d’air.La bouille bien connue de la TDM évolue, cela se traduit par un grossissement de ses optiques et l’utilisation de verres transparents. Un autocollant dégradé agrémente la peinture 2 tons dans un style très distingué et les clignotants sont très jolis. Le radiateur est placé haut de sorte qu’on l’aperçoit à peine et avec le bloc moteur suspendu au cadre est bien dégagé, l’image qui se dégage est légère et exprime bien le dynamisme de la TDM.

Yamaha TDM 900 ABS

Le seul bémol concerne la protection au vent qui nous a déçu, dès que l’on dépasse les 120 km/h le buste et la tête sont dans le vent, nous sommes ballottés par le sillage des camions ou des mono-volumes et il faut garder les bras bien souples pour ne pas changer de direction à chaque coup de vent.

A 140 km/h, les muscles du cou sont mis à contribution au point de rendre illusoire une longue liaison à cette allure, à moins de se pencher légèrement en avant, mais en chargeant les bras qui auront vite fait de protester également ou de rentrer la tête dans les épaules en arrondissant le dos, pas idéal non plus. Les routiers prendront la peine de changer la bulle d’origine par un modèle légèrement plus haut.

Le train avant supporte par ailleurs très bien de rouler vite, il reste stable et rassurant. Un autre élément nous a séduits par sa qualité, la boite de vitesse. Elle était certainement très attendue par les TéDéMistes, depuis 2002, embrayage et boite donnent entière satisfaction: légèreté, verrouillage, neutre facile à trouver, douceur et silence.

Et elle gagne une 6ème vitesse, habillement étagée pour se placer à 5.000 t/min à 130 km/h, juste sur la zone bien coupleuse, de quoi vous permettre de sauter en avant si nécessaire. Une vraie réussite car il est vrai qu’on venait de loin.Le tableau de bord évolue même s’il garde un côté vieillot notamment avec sa jauge de température anachronique.

Un cadran digital fait son apparition sur la gauche qui affiche une jauge d’essence très précise, un compteur kilométrique digital, un totaliseur kilométrique, deux partiels et un partiel qui se met en route au passage sur la réserve. Au centre, le compte tour à aiguille et une horloge digitale, à droite, la température d’eau.

 

Pour ceux qui cherchent autre chose qu’une routière ou un trail
Yamaha TDM 900 ABSLe côté pratique n’est pas oublié, sous la selle, un compartiment permet de loger un pantalon de pluie, le porte-paquet en fonte d’aluminium fait également office de poignées passager, des crochets permettent d’arrimer un bagage. Les warnings (4 feux clignotants) sont présents et se commandent depuis le commodo gauche sans indication particulière de sorte qu’il ne sont pas immédiatement facile à trouver et peuvent s’enclencher sans le faire exprès.

Nous pourrions lui reprocher l’absence de béquille centrale ou la transmission par chaîne.Beaucoup de plaisir au guidon de cette TDM toujours jeune grâce à la refonte de 2002. Pas aussi aguichante que les reines du design, elle convainc d’abord par ses prestations.

 

 

Elle occupe un segment situé entre le trail qui se voudrait routier et la routière pure et dure. Sa conduite peut être dynamique car elle se balance facilement du guidon, ses excellentes suspensions se chargeant de lui assurer un comportement serein. Longue, elle met les grands à l’aise mais ne ferme pas la porte aux moins grands grâce à une hauteur de selle raisonnable.

Elle réussit le compromis entre mobilité et confort, sauf peut-être en ce qui concerne la protection au vent mais cela peut facilement s’améliorer. Le moteur est disponible à tous les étages avec une mention spéciale pour sa facilité aux bas-régime et sa discrétion. Pas encore complètement « déshumanisé » pas son injection, il lui reste une zone bien « pêchue » entre 5 et 7.000 t/min. Chère TDM, l’année prochaine, c’est promis, on t’aidera à souffler les bougies… Et à manger le gâteau.

Yamaha TDM 900 ABSYamaha TDM 900 ABS


YAMAHA TDM 900 ABS – 9.590 euro (8.790 euro sans ABS)

Yamaha TDM 900 ABS

 

Geoffroyhttp://www.Objectif-moto.Com
Motard et SimRacer passionné, j’aime partager avec vous mes découvertes au travers d’Objectif-moto et Objectif-Racing!

Articles similaires

Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

[fbcomments url="http://peadig.com/wordpress-plugins/facebook-comments/" width="375" count="off" num="3" countmsg="wonderful comments!"]

Suivez-nous

15,364FansLike
201FollowersFollow
2,530SubscribersSubscribe
Publicité

Populaire cette semaine

Publicité