Yamaha MT-10 : le monstre sorti de l’ombre

La famille des Yamaha MT semblait déjà bien complète avec les MT-07 et MT-09 et on ne s’attendait pas à une nouvelle venue.

Et pourtant ! A la surprise générale, Yamaha a présenté la MT-10. A peine dévoilée, on avait toujours difficile à croire que ce faciès de Transformers survivrait à la production en série.

On avait tout faux ! La MT-10 est bel et bien disponible et s’attaque directement aux S1000R, Z1000, Gsxs-1000S et autres gros roadsters.

Yamaha MT-10 : le monstre sorti de l’ombre

En la voyant là dans le garage, j’ai toujours l’impression qu’à un moment ou un autre, elle va commencer à me parler ou à prendre vie comme les robots du blockbuster américain. Il faut avouer qu’avec ces deux phares LED tout ronds entourés par ses appendices aérodynamiques et son petit saute-vent tout aussi travaillé, on peut sérieusement se demander à quoi pensaient les designers.

Le reste de la moto est lui aussi travaillé mais peut-être un peu moins excentrique. Des ouvertures sur le dessus du réservoir, des grosses écopes prises d’air, côté droit le réservoir de liquide de refroidissement et simple plastique de l’autre et même le feu arrière blanc assurent un look hors du commun.

Petite exclusivité pour notre site, la version que vous avez ici sous les yeux est en configuration GT. Oui, oui, GT avec une bulle, une selle confort et elle sera disponible avec des valises… Ah là, même pour le tourisme, il va y avoir du sport.

On apprécie aussi le tableau de bord entièrement digital et complet avec une jauge et le rapport engagé, le tout bien lisible. Que demandez de plus ? Pas grand chose à mon avis.

Yamaha a même pensé à ajouter une prise 12V sur le côté gauche du tableau de bord.

Assez surprenant aussi, le grand guidon est monté sur des pontets plutôt hauts, pour relever celui-ci sans doute.

Côté look, c’est une réussite. Il suffit de la garer à un endroit fréquenté par quelques motards pour être certain de la voir vite bien entourée.

Les commodos sont plus que chargés et pour cause, il faut bien savoir tout régler sans lâcher le guidon. 3 modes de conduite, un anti-patinage réglable, un cruise control ce ne sont là que les aides que le pilote peut modifier via les boutons. On ajoute encore un ABS et un embrayage anti-dribble pour augmenter encore la sécurité.

Le choix des cartographies est devenu un classique : mode B pour la pluie, standard pour le quotidien et A pour l’attaque. Comme on l’a déjà fait remarquer sur d’autres motos, le standard et le B suffiraient amplement à la plupart d’entre nous.

Le contrôle de traction est bienvenu pour faire passer au sol la puissance en mode standard et A parce que la moindre sollicitation de la poignée vous catapulte en avant. Il m’est arrivé quelques fois de le sentir se mettre en action en sortie de virage ou de rond-point et heureusement d’ailleurs.

Le cruise control est plutôt sympa surtout sur les grands axes et comme la bulle protège plutôt bien, il n’est pas rare de dépasser les limites sans même s’en apercevoir.

Côté freinage, on retrouve deux disques de 320mm avec des étriers à 4 pistons et un 220 mm à l’arrière, le tout sur surveillance de l’ABS bien entendu.

Pas de reproche à faire sur le sujet, l’ensemble freine bien et fort malgré les 210 kg de la machine.

Il est d’ailleurs surprenant de voir le travail des suspensions parce qu’à moins d’un gros freinage, l’avant ne plonge quasiment pas.

Pas étonnant non plus quand on détaille la fiche technique, la fourche inversée de 43mm est basée sur celle de la R1. Elle est d’ailleurs entièrement réglable manuellement sur le haut des tubes. A l’arrière, un amortisseur MonoCross à biellettes se joint à la fête.

L’avant se montre toutefois un peu dur, surtout sur les chaussées défoncées mais nous n’avions effectué aucun réglage et pour du matériel dérivé d’une sportive, le confort est plutôt appréciable.

Les suspensions assurent surtout une très bonne tenue de route, en courbes rapides notamment.

Dans les petits enchaînements, ça se corse un peu. Heureusement l’empattement limité de 1400 mm aide aux manœuvres mais il faut une certaine poigne et de l’expérience pour enchaîner les petits virolos.

La MT-10 laisse un peu de place à l’improvisation mais il faudra un peu de temps pour l’exploiter au mieux.

Yamaha MT-10 : le monstre sorti de l’ombre

Là où on n’improvise pas c’est quand on va parler mécanique. Le cœur de la Yamaha est issu de la très sportive R1. Le CP4 de 998 cc développe pas moins de 160,4 cv à 11.500 tr/min. Il s’équipe ici d’un nouveau circuit d’alimentation, d’un système d’alimentation et d’admission revus pour un comportement plus adéquat pour un roadster.

Et on n’est pas déçu, celui qui voulait du sport en aura. A bas régime, la MT-10 rechigne un peu à reprendre mais une fois les 3500 tours passés, c’est une horde de chevaux qui déboule à la moindre sollicitation de la poignée de gaz.

Et là, il a de quoi vous coller les yeux au fond du casque ! Elle pousse bien la Yam R1 sauce roadster. On peut perdre son permis en … deuxième, en trois si on est un peu timoré. Les autres rapports devraient vous valoir la prison à vie, la peine capitale ou la damnation éternelle.

Yamaha MT-10 : le monstre sorti de l’ombre

Alors forcément, la consommation est en rapport direct avec votre grain de folie.On a pu le temps d’une balade plutôt tranquille descendre à 5,5 L/100 et avec les 17 litres du réservoir ça permet déjà une belle autonomie mais si vous haussez le rythme, les 200 kms seront déjà un seuil à atteindre. La plupart du temps, on était largement au dessus des 6 litres au cent.

Il faut bien les nourrir ces 160 chevaux ! Et fort logiquement, même avec un silencieux d’origine, la mélodie jouée par le 4 cylindres ne vous invite pas à la Zénitude, que du contraire.

C’est un peu dommage, on aurait pu emporter quelques litres de plus mais à la base c’est un vrai méchant roadster qu’on a entre les mains. Si ici elle s’équipe façon GT, il faut garder en tête sa nature sportive. Si vous rêvez de voyage au long cour, tournez vous plutôt vers la FJR.

Yamaha MT-10 : le monstre sorti de l’ombre

Les vitesses se passent sans aucun souci et avec la relative souplesse du moteur, pas besoin d’en jouer excessivement. On aurait par contre apprécié un shifter, histoire de pourrir encore un peu plus tout ce qui roule quand le feu passe au vert et que le shift-light s’allume.

Pourtant, la selle confort est bien accueillante et la bulle remplit bien son rôle, déviant le flux d’air sur les épaules mais sans exagération. Ajoutons les valises qui n’étaient pas encore montées sur notre moto d’essai et on peut envisager de belles sorties.

Affichée à 14.490 €, il faudra encore rajouter quelques euros pour la selle confort et la bulle si vous souhaitez la même que notre moto d’essai.

Yamaha Belgique

 

Notre petite vidéo :

Sylvain R
Sylvain roule depuis qu'il en a l'âge, deux ou trois roues (voir même 4) et un moteur et il est parti pour un essai. Sportive, roadster, custom, trail ou autre, rien ne l'arrête. Sa maxime préférée : "Brûle la gomme, pas ton âme". Si vous le croisez, n'hésitez pas à le saluer, il ne mord pas... enfin normalement

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