La nouvelle Zero SR/S, encore plus électrique.

Ce n’est pas la première fois qu’on teste de l’électrique, j’avais d’ailleurs testé une autre Zéro en 2017, la DSR. C’était une découverte, des sensations peu connues et une facilité d’utilisation à toute épreuve. Zero Motorcycles ne se repose pas sur ses lauriers et continue à développer ses motos, améliorant à la fois les performances, l’autonomie et le look de leur moto.

Vous avez surement déjà vu passer plusieurs essais du roadster mais nous avons mis la main sur l’autre nouvelle, la version carénée SR/S.

On oserait presque dire sportive mais j’en vois déjà arriver avec la remarque que le guidon est bien trop haut pour une sportive. Et en effet, la position est un peu trop droite pour parler de vrai sportive mais on ne se plaindra pas d’avoir du confort sur une moto utilisable au quotidien.

Mis à part ce détail, elle reprend tous les codes du genre : un carénage couvrant, des petits phares à l’avant dans une tête de fourche surmontée d’une belle petite bulle, un bras oscillant style banane et une double selle. Sans y regarder de près, pas certain qu’on reconnaisse directement une moto électrique, si ce n’est pas bien entendu l’absence d’échappement et de son en roulant.

La nouvelle Zero SR/S, encore plus électrique.

Une fois au guidon, sur la selle haute de 887 mm, le pilote découvre devant lui un tableau de bord entièrement digital, lisible et complet. Il se montre bien entendu différent d’une moto classique. Pas besoin ici d’un compte-tour, il n’y a pas de changement de vitesse. Par contre on y trouve l’autonomie restante, la jauge de façon très visuelle, l’heure, la température, les trips et il change de couleur en fonction du mode de conduite choisit. Hé oui, ici aussi vous pouvez choisir entre plusieurs cartographies : route, sport, pluie, perso (un mode paramétrable par l’utilisateur) ou éco, indispensable pour de longues distances. Et ne croyez pas que c’est juste pour faire joli, on sent bien la différence à l’accélération entre eco et sport par exemple. Le tout se commande facilement par le commodo à la poignée gauche. Vous noterez aussi, bien que ce soit peu voyant, l’utilisation de la batterie à l’accélération et la récupération d’énergie au freinage.

Vous avez aussi la possibilité de connecter votre téléphone à la moto via l’application dédiée qui vous donnera toutes les informations nécessaires sur votre deux roues, directement sur le mobile. Pratique pour par exemple suivra à distance la charge si vous la laissez dans un parking, le temps de faire une course ou de prendre un lunch. Cette connexion vous permet également de personnaliser votre tableau de bord, de vous aider à trouver une station de recharge, d’analyser vos trajets avec entre autres la localisation, la vitesse, l’angle d’inclinaison, la puissance, le couple, l’état de charge, l’énergie consommée/régénérée et les diagnostics et mises à jour de Cypher III à distance (le système de gestion de la moto)

La nouvelle Zero SR/S, encore plus électrique.

Allez, je ne vous fais pas attendre plus longtemps. On va tester ce nouveau moteur Z Force 75-10 avec sa batterie 14.4 kWh !

Contact, start et rien ! Enfin si, un voyant vert au tableau de bord me signalant qu’on peut partir.
Oui forcément, pas de bruit moteur, pas d’embrayage pour passer la première, il n’y a d’ailleurs pas de levier à gauche. Il suffit de tourner pour avancer. En passant, faites gaffe, ça peut être piégeur si vous n’êtes pas attentif et que vous tournez la poignée. La SR/S démarre dans un feulement à peine perceptible, les bruits de roulement tout au plus.

Le mode Street pour appréhender la machine, c’est mieux. Oh pas que je sois timide mais je sais que le mode sport chez Zero ouvre un autre monde. Et quand je lis certains me dire qu’une électrique ne produit aucune sensation, je me demande si ils en ont déjà eu une entre les mains.

En mode « Eco », l’accélération est déjà sympathique mais en mode sport, le couple gigantesque de 190 Nm vous propulse d’un bond à vous allonger les bras. Que 110 cv mais impossible de comparer à une moto thermique. Pourtant j’en ai déjà roulé des machines, dont une H2 SX il y a quelques temps et je reste bluffé par l’accélération de cette SR/S. C’est juste Waouw et pas besoin de shifter, pas de shift-light à surveiller, non c’est une prise de vitesse à grand V jusque 200 km/h (bien que j’avoue ne pas avoir testé jusque là). Incomparable !
Cette vitesse n’est par contre pas atteignable en version Eco qui limite la vitesse à environ 120 km/h, ce qui est normalement déjà la limite autorisée, en Belgique du moins. Evidemment l’accélération est aussi différente. Le mode Sport mettra rapidement à mal l’autonomie alors qu’avec le mode Eco, on peut atteindre les 200 kms en parcours mixte. L’autoroute est vraiment sa bête noire ; pas pour les performances mais pour l’autonomie. Peu de récupération d’énergie et une dépense constante, préférez donc les petites routes, plus sympas de toutes façons.
On a fait un test pour vous, mi-petit chemin et autoroute avec 50 kms à l’aller et 70 km au retour (pas pris la même route tout simplement) en passant plusieurs heures à l’arrêt sur place. J’avais opté pour le mode Eco à l’aller et sport au retour et au final, les 120 kms ont été parcourus sans souci et il restait encore pas loin de 80 kms d’autonomie selon le tableau de bord.

La nouvelle Zero SR/S, encore plus électrique.

Mais il faut s’en méfier, l’autonomie varie grandement en fonction de votre façon de conduire et des parcours choisis. Il n’est pas rare de se retrouver à 10 kms de son point de départ avec plus d’autonomie mais on peut aussi se retrouver avec 20 kms de moins…
Notons aussi qu’on peut rajouter un power tank pour augmenter l’autonomie mais vous perdrez le coffre située à la place du réservoir. Un coffre pourtant bien utile si ce n’est pas pour vos affaires, ça sera pour le câble de charge. Il y a ici une différence entre la version standard et la premium, celle de base intégrant un chargeur 3,0 kW et un 6,0 sur la premium. Du coup, le temps de charge varie aussi de 4,5 heures pour une charge complète à seulement 2,5 heures. Mieux, avec une charge rapide 6kW en option, on passe à 1,8 et 1,5 heures. On peut compter environ 62 kms d’autonomie retrouvée après une heure de charge, et ce dans une simple prise 220V. Zero a ajouté une sécurité pour la charge, impossible de retirer la prise si vous n’avez pas la clé pour mettre le contact, ça serait dommage de risquer le vol du câble à chaque arrêt de charge.

La nouvelle Zero SR/S, encore plus électrique.

Avare en sensation ? Non pas du tout, ignorez ceux qui vous disent le contraire ! L’autre point souvent relevé, l’absence de bruit. En effet, impossible de donner un coup de gaz pour vous faire entendre. C’est un argument qui se tient mais je vais quand même modérer la situation. Avec les voitures modernes de plus en plus insonorisées, des motos modernes de plus en plus aseptisées avec des silencieux étouffés par les normes anti-pollution je ne suis pas certain que ce soit plus dangereux de rouler en électrique. Il n’y a qu’à voir les réactions de certains quand je teste des motos thermiques, enfin plutôt l’absence de réaction.

Je vous passe les remarques sur l’absence de vibration (à part sur un gros custom, je ne vois pas) ou d’odeur (oui, chacun son truc, moi j’aime bien un garage sans odeur).

Vu les performances du moteur, il faut une partie cycle à la hauteur et Zero n’a pas lésiné sur les moyens avec côté suspension une fourche Showa de 43mm avec des fonctions de réglages séparés pour la précharge, l’amortissement et la détente et pour l’arrière, un amortisseur de la même marque avec un réservoir externe lui aussi réglable.
Une suspension efficace qui colle la Zero à la route et permet d’apprécier les virages sans souci. Je trouve l’avant un peu dur sur les bosses mais je n’ai pas plongé dans les réglages non plus.

Pour le freinage, la marque m’est inconnue mais ça ne veut pas pour autant dire que c’est mauvais. Au contraire, on trouve un double disque de 320mm avec des étriers radiaux à 4 pistons et un maître cyclindre radial qui se complète à l’arrière par un 240mm et un seul piston. Le tout est signé J.Juan (désolé, je ne connais pas) mais la SRS/S est aussi équipée d’un contrôle de stabilité Bosch MSC et d’un ABS variable pour les virages. Des aides bienvenues pour gérer le couple mais aussi le poids puisque la belle accuse quand même 229 kg sur la balance. Ca ne se ressent pas vraiment mais ça vous fait le poids d’une belle moto thermique. Bonne nouvelle, le freinage est sans surprise, dosable et efficace.

La nouvelle Zero SR/S, encore plus électrique.

Que vous dire de plus ?
Oui, la selle pourrait être plus confortable parce qu’après une centaine de kilomètres, on commence à chercher un lieu pour une petite pause, dommage.
A part ça, si mes trajets se limitaient à aller bosser, chercher des motos d’essais et aller au sport, elle serait la moto idéale, même si j’opterais plus pour la DSR (pour le côté passe partout). Plus besoin de chercher une pompe, je rentre, je branche. Je peux rouler pépère ou plus sportivement tant le moteur et la partie cycle le permettent. Je profite d’un petit coffre pour mes affaires. Il ne reste que le souci de partir rouler toute une journée, ça demanderait une toute autre organisation en programmant les arrêts là où je peux recharger. Pas impossible mais différent et en groupe, ça complique encore plus la donne.

L’autre souci, c’est le prix de la SR/S : 21.900 € en version standard, 24.140 € pour la premium qui en plus du chargeur rapide 6 kW se dote de poignées chauffantes (diminuant forcément l’autonomie) et d’embouts de guidon en alu. La garantie est de 2 ans comme sur la plupart des motos mais 5 ans et kilométrage illimité sur la batterie.
Bien entendu on y gagne en entretien, pas de filtre, pas de bougie, pas de soupape, pas de chaine puisqu’ici c’est une courroie. Il ne vous reste que les plaquettes à changer.
Alors oui, quid de la batterie et de sa tenue dans le temps parce que forcément, nous testons des motos relativement neuves mais qu’en est il après 5 ou 10 ans ? Là malheureusement, on ne sait pas et on laissera les utilisateurs qui nous utilisent faire part de leur expérience.

Le gouvernement aide aussi à l’achat avec des différences entre les régions avec par exemple une réduction d’impôts de 15 % de la valeur d’achat (avec un maximum de 3.010 €). Renseignez vous en fonction de votre région, ça change parfois aussi très rapidement.

La nouvelle Zero SR/S, encore plus électrique.

Sylvain R
Sylvain roule depuis qu'il en a l'âge, deux ou trois roues (voir même 4) et un moteur et il est parti pour un essai. Sportive, roadster, custom, trail ou autre, rien ne l'arrête. Sa maxime préférée : "Brûle la gomme, pas ton âme". Si vous le croisez, n'hésitez pas à le saluer, il ne mord pas... enfin normalement

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