AK550: KalachKymco!

Les dernières nouveautés du constructeur taïwanais le laissaient augurer, l’AK le confirme : Kymco s’affirme comme un acteur majeur dans le monde du scooter. Et, comme le « tak tak » caractéristique de la Kalachnikov, le bruit rauque de son bicylindre a de quoi inquiéter les concurrents qui croisent sa route.

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Ceci dit, précisons tout de même que le patronyme AK n’a rien à voir avec la mitraillette soviétique ; il serait destiné à célébrer l’Anniversary Kymco. On l’oublie souvent, mais Kymco, qui fabrique aujourd’hui des moteurs pour BMW et collabore avec Kawasaki pour les J300 et J125, a d’abord été un fournisseur de pièces pour Honda. Et si cet AK 550 fête un anniversaire, c’est que la marque a entamé en 1978 une mutation totale de son secteur R&D pour devenir un producteur original à part entière. Nous pouvons d’ores et déjà affirmer que leur nouveau maxi scooter marquera un tournant dans l’histoire de Kymco.

De près

« Super Touring », affiche fièrement –mais discrètement- le scooter taïwanais sur ses flancs. Alors que certains daubent, nous pensons au contraire que ses prestations justifient cette appellation, nous y reviendrons. Mais d’un point de vue purement esthétique, l’AK ne trahit pas non plus cette dénomination puisqu’il affiche un profil agressif où les arêtes affûtées le disputent aux galbes pour néanmoins préserver confort et protection. Les divers avis glanés au cours de notre essai en attestent, le Kymco est réussi et il plaît. Pour notre part, nous nous bornerons à regretter un choix de coloris limité et d’une sobriété peut-être excessive. A la commande vous aurez le choix entre trois coloris mats : gris, noir ou bronze et les trois ne laissent pas d’être un peu tristes, alors que le scooter ne l’est pas. L’AK s’inspire-t-il  de la référence T-Max ? C’est possible si l’on se réfère au millésime 2015 du scooter Yamaha, mais on aurait grand tort de confiner le Kymco à ce rôle d’imitation.

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Les signatures visuelles de l’AK sont réussies

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Avec cet AK, la qualité perçue affichée par le Taïwanais progresse drastiquement. Les plastiques s’anoblissent –sans atteindre encore le niveau du Yam, les assemblages frisent la perfection et les périphériques ont désormais de quoi faire de l’ombre à toute la concurrence. Fourche inversée renforcée par un double Té, freinage Brembo à étriers radiaux, amortisseur longitudinal, moteur participant à la rigidité d’ensemble, calage des pistons à 270° pour assurer caractère mécanique et sonorité de v-twin, courroie de transmission surdimensionnée et ABS Bosch de la neuvième génération ; le ramage ambitieux est incontestablement à la hauteur. Et le plumage n’a rien à lui envier puisque la dotation d’origine est assez pléthorique ; épinglons-y le démarrage sans clé, l’éclairage entièrement à diodes, la sellerie soignée d’aspect, les poignées chauffantes, la double cartographie d’injection ou encore le superbe tableau de bord tout en couleurs dont l’écran central est personnalisable à merci par le biais d’une application téléphonique spécialement dédiée. Dans cette instrumentation, les fonctions de l’ordinateur de bord vont jusqu’à la surveillance en temps réel de la pression des pneus. C’est bien vu, et le propriétaire d’un AK 550 n’a certes pas à se plaindre a priori…

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L’amortisseur horizontal peine parfois sur les grosses compressions

Dès qu’on s’approche du scooter, le transpondeur contenu dans le boîtier faisant office de « clé » se fait reconnaître, et la molette située sous la colonne de direction s’éclaire en bleu pour vous en avertir (elle s’éclaire en rouge lorsque le contact est coupé). Ladite molette vous permet notamment d’ouvrir la trappe à essence et de déverrouiller la selle, vous laissant ainsi accéder à la soute éclairée et capitonnée d’une moquette assez raide et peu agréable au toucher. On a déjà vu de plus grands volumes de stockage d’ailleurs ; disons que l’AK fait l’essentiel en ce sens qu’on y rangera son casque et quelques affaires mais que deux casques y trouveront difficilement leur place à moins d’être très compacts. Notons que l’on dispose encore de deux vide-poches de part et d’autre de la colonne de direction ; ils ne sont pas verrouillables et plutôt exigus. Celui de gauche embarque, tout au fond, une prise USB assez malaisée d’accès. Tout cela est dans la norme, somme toute.

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Si l’application Noodoe ouvre théoriquement la voie à une personnalisation poussée de l’écran central du tableau de bord (vous pouvez y afficher la météo du lieu en temps réel ou des photos personnelles voire, à l’arrêt, y lire vos messages et autres notifications), il faut évidemment pour en profiter que votre smartphone soit apparié à l’AK 550. Et, en l’espèce, force nous est de constater que malgré de multiples tentatives, nous n’avons jamais pu connecter notre Sony Xperia au scooter Kymco… « J’ai déjà entendu des clients faire la même réflexion tandis que d’autres n’ont aucun problème, confirme le revendeur chez qui nous avons pris possession de l’AK. » Dommage, car sur internet, on peut voir la pléthore de possibilités de personnalisations. Il se murmure aussi avec insistance que ce troisième écran central pourra sous peu afficher un GPS.

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De loin

De loin, c’est ainsi que l’immense majorité des conducteurs de maxi-scooters devront se contenter de voir l’AK 550. Car, qu’on se le dise, si l’on excepte le très confidentiel Aprilia SRV850, aucun scooter ne peut rivaliser avec le Kymco en termes de performances pures. La preuve nous en a été donnée en périphérie bruxelloise par un conducteur de T-max pourtant bien équipé, avec variateur Malossi et Akrapovic. Comme le « rascal » avait manifestement l’envie d’en découdre, un feu rouge allait pouvoir nous départager… Poignée ouverte à fond au démarrage : grâce à son variateur modifié, le Yamaha prend deux mètres d’avance mais, cinquante mètres plus loin, il est déjà derrière tandis que l’AK tout d’origine (et avec seulement 400km au compteur !) s’arrache inexorablement, reléguant le T-Max au rang de comparse ou de faire-valoir. Belle démonstration de force du scooter taïwanais qui, en une autre occurrence, dégoûtera une Kawa ER-6, obligée de tirer le dernier carat de son moulin pour éviter tout au plus de se faire larguer sur autoroute. Et tout ça, dans une belle sonorité d’origine!C’est que ce bougre d’AK, en dépit de son moteur tout neuf, et des 115kg tout équipé de votre serviteur, dépasse allègrement les 180km/h au compteur. Le concessionnaire chez qui nous avons pris possession de l’AK précisait à ce propos : « J’ai un client dont le 550 affiche 6000 bornes et qui a atteint 198km/h compteur, mais il est vrai qu’il n’est pas grand. » Soit, nous connaissons suffisamment les maxi-scooters pour affirmer que l’AK a le potentiel rêvé pour imposer sa mécanique à toute la concurrence. C’est déjà un beau constat, et le bilan ne s’arrête évidemment pas là.

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Ces performances de (très) haut niveau pour un scooter nous amènent à parler de consommation et d’autonomie. Avec l’impossibilité de connecter notre téléphone pour personnaliser le tableau de bord, il s’agit de notre seule déception au guidon de l’AK550. Ce n’est pas que sa consommation soit excessive ; notre moyenne a tourné autour des 6L/100km (6,7L en pointe) et est même descendue sous les 4L/100km en prenant garde de ne pas essorer la poignée. Remarquez qu’avec le potentiel mécanique du gros Taïwanais, rouler à l’économie n’est pas chose facile mais, pour mieux vous informer, nous l’avons fait… En la matière, le problème, c’est la capacité du réservoir : sa douzaine de litres est clairement insuffisante pour un véhicule si performant et dont le confort de marche permet d’aller loin sans en souffrir. Pour le routard qui bouffe de la borne au quotidien –comme c’est notre cas-, être contraint de s’arrêter pour faire le plein tous les jours s’apparente vite à un pensum. Ce n’est pas un argument rédhibitoire, certes, mais c’est une obligation qui pèse.

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On voit trop souvent le bouchon d’essence de l’AK…

S’agissant de confort, l’AK n’a certes pas à rougir face à quelque concurrent que ce soit. Il a ses particularités, comme un revêtement de selle plutôt ferme qui se fait sentir après une centaine de kilomètres ; mais, dans l’ensemble le bilan reste résolument positif et répond assez bien à l’appellation Super Touring dont nous parlions plus haut. Ce n’est pas un Pullman comme un Burgman 650, par ailleurs infiniment plus sage, mais ce n’est pas non plus radicalement sportif comme le SRV. Tout se passe comme si lesTaïwanais avaient ciblé le meilleur des deux mondes pour leur AK: sportif par son comportement et ses performances, mais cependant pratique et confortable au quotidien. La bulle par exemple, est réglable sur deux positions moyennant l’utilisation d’outils; c’est un peu fastidieux mais ça reste facile. Ceci dit, en position basse, la protection offerte est satisfaisante même pour un grand gabarit qui a juste le haut du casque dans les turbulences.

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Le carénage effilé laisse les mains dans le vent, mais l’efficacité des poignées chauffantes (réglables sur trois positions) est telle que vous n’aurez jamais froid aux mimines, quel que soit le temps. Quant aux jambes, il faudra penser à les rentrer si vous voulez les abriter: le tablier n’est pas trop large pour que l’AK reste racé et ça nous semble un choix judicieux. Grâce au dosseret pilote réglable et à un « intérieur » long, le pilote n’aura aucun mal à faire varier la position de ses jambes pour se détendre; pliées ou feet first presque à la manière d’un custom, c’est un gage de confort lorsque la route se fait longue. En ce qui le concerne, votre passager ne se plaindra pas non plus car il a à sa disposition une assise large qui, paradoxalement, lui semble moins dure qu’au pilote. De plus, la position de ses jambes est idéale pour concilier le confort et la résistance aux accélérations très franches dont est capable l’AK. Enfin, il dispose aussi de poignées pratiques et ne se dit pas gêné par les turbulences sur autoroute.

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Il sera néanmoins un peu plus réservé concernant l’amortisseur arrière qui le pilonnera un peu trop franchement sur les grosses compressions que nous imposent les routes wallonnes qui, rappelons-le, ont été officiellement déclarées comme « les pires d’Europe » par le ministre Carlo Di Antonio…

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Les suspensions de l’AK 550, parlons-en: effectivement, le pilote abondera dans le sens de son passager concernant un (léger) manque de freinage hydraulique sur l’amortisseur arrière. Il est vrai que sur les routes cahoteuses de la région du Centre (vous savez, vers Binche, La Louvière et Mons), on est parfois un peu secoué au guidon du puissant Kymco; encore faut-il préciser qu’en termes d’efficacité routière, cela a peu d’incidence. La tenue de cap n’en souffre pas vraiment, et la motricité non plus; c’est juste la sensation de « ramasser » dans le bas du dos les inégalités marquées du revêtement, parce que sur le petites bosses, on ne remarque rien de particulier. Et le guidage, alors?

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Pour en savoir davantage, concentrons-nous sur la fourche. En voilà une qui nous a semblé faire parfaitement son travail: contrairement à certains confrères qui incriminaient une relative paresse en entrée de courbe ou sur les changements d’angle, nous n’avons rien noté de tel. A notre estime, l’AK 550 prend volontiers le point de corde et s’y tient avec bonne volonté. Stable et rigide, il n’appelle pour nous aucune critique particulière, même comparé à la référence de chez Yamaha; le Kymco est donc un scooter performant et très efficace, pleinement à même de tenir la dragée haute à un T-Max. De même en ce qui a trait au freinage: d’abord, la fourche inversée encaisse sans problème la puissance de décélération des étriers radiaux Brembo, sans s’avachir et sans que cela occasionne de difficulté à guider l’engin qui ne se verrouille pas outre mesure sur ses freins. Il est vrai que l’attaque douce peut surprendre les plus sportifs qui s’attendraient en la matière à un mordant plus prononcé; mais, partant du juste principe qu’un scootériste n’est pas un pistard, Kymco a préféré miser sur une violence moindre mais une finesse plus grande de la décélération. De quoi rassurer tout le monde sans nuire à personne. De son côté, l’ABS nous a paru parfait à l’avant et un peu intrusif à l’arrière, mais sans excès. C’en serait presque une philosophie japonaise!

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De surcroît

Après 1000km parcourus au guidon de cet AK 550 sur une dizaine de jours d’essai, nous sommes en mesure d’affirmer que Kymco réussit son entrée définitive dans le clan des fabricants de scooters susceptibles de faire référence. L’AK est bien davantage qu’un clone de T-Max; il est un produit abouti, beau, extrêmement performant et d’une efficacité comparable à celle du haut de gamme Yamaha. Affichant un confort et des aspects pratiques préservés, on ne lui reprochera que son autonomie décidément trop restreinte mais sans méconnaître que son tarif le rend rudement attractif pour qui veut s’offrir un scooter au sommet de la catégorie, puisqu’en fonction des versions disponibles du T-Max, l’AK est de 1600€ à 3400€ moins cher. Bien joué, Kymco!

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Rude42
Je suis motard et rien de ce qui est motard ne m'est étranger.

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