Moto2 – Entretien avec Robin Mulhauser

Dans quelles circonstances as-tu débuté la moto et quand ?

Au départ, il s’agissait d’un délire avec un copain ! A 15 ans, on s’était mis dans la tête d’économiser pour l’achat d’un pocket bike, ce qui a vite été réalisé ! J’ai eu le soutien de mon oncle Edwin Stucky qui a vite remarqué que je crochais à fond pour cette discipline et qui m’a finalement amené, en 2007, à faire une saison en Junior B du championnat suisse au sein du Team Yobo.

Quel est ton parcours qui t’a amené là où tu es aujourd’hui ?

A 16 ans, c’est un peu tard pour commencer à rouler en Pocket bike. Parallèlement, je commençais mon apprentissage de mécanicien chez Lucky Motos. Mon principal objectif était de devenir pilote, ce qui a donné tout son sens à mon choix d’apprentissage de mécanicien moto. Ensuite, j’ai brûlé un peu les étapes en courant en IDM 125cc aux côtés du Fribourgeois Damien Raemy puisque j’intégrais son team. Je roulais, mais toujours avec peu d’expériences et du coup, je me prenais des volées ou chutais mais heureusement ma constitution déjà très solide à l’époque, y résistait bien. Ensuite j’ai enchaîné avec trois saisons au sein du RBS Racing Team dont deux toujours avec Damien Raemy et une saison avec le Roby Racing Team aux côtés de Von Allmen. Plus tard en 2010, dans le même team que Raphaël Chèvre, j’étais son coéquipier en 125cc, alors que lui courait en catégorie Supersport, juste avant son terrible accident sur le circuit de Magny-Cours lors de la 7ème édition du Bol d’Or. Je me souviens combien je me mettais la pression pour faire des résultats, malgré tous les ennuis mécaniques que je rencontrais et me rendais à l’évidence que la catégorie 125cc n’était pas faite pour moi !

Fin 2011 je terminais alors mon apprentissage et me lançais ensuite en R6 Cup en étant mon propre mécanicien, sauf sur courses, où Adrien Dutrannois prenait le relais. Avec seulement trois ans de différence, l’entente était parfaite entre nous et ce n’était que du plaisir en bonus sur les courses ! Je finissais 2e au Lausitzring en Allemagne. Sur huit courses, j’en loupais quatre et terminais 6e du championnat alors que nous étions plus de quarante participants ! Donc sur quatre courses je m’octroyais trois podiums et une fois une quatrième place.

Fin 2011, quelques wild cards m’amenaient à courir à Imola où je terminais une fois en 17e position et une fois 5e à Magny-Cours. Le niveau était très élevé, ce qui a été mon déclic pour passer en STK pour l’année 2012.

Cette saison là, j’avais tout pour bien faire, sponsors et team russe mais ça a été un enfer, tout se passait mal et je me faisais des luxations d’épaule à répétition, au point de devoir envisager une intervention chirurgicale. Je me posais alors plein de questions et me demandais même si j’allais continuer en 2013 !

Moto2 – Entretien avec Robin Mulhauser

Puis ma rencontre avec le Team belge MTM Racing a été pleine de choses positives pour moi, réalisant tout d’abord que le coût se révélait être la moitié de ce que me demandaient les Russes auparavant ! C’est au sein de ce team que je réalisais mon premier podium et devais finalement me résoudre à l’opération d’épaule avec tout le temps de récupération nécessaire. Ensuite 2ème course, pas de chance, encore une luxation d’épaule avec une récidive qui m’a valu de gros problèmes et une longue récupération, jusqu’à la course de Magny-Cours où je faisais un bon résultat.

En quoi ta vie a changé d’être entré dans le monde professionnel de la moto ?

En octobre 2013 je passais en professionnel et c’est vraiment actuellement une super situation pour moi. Je suis très motivé car être sportif à ce niveau représente un vrai métier. Je gère donc ma propre entreprise, ce qui n’est pas nécessairement toujours facile mais cette situation me procure beaucoup de plaisir. J’apprends à me vendre, à démarcher auprès de sponsors et bien d’autres choses encore, avec la complicité de mon oncle, déjà présent à mes débuts, qui est toujours là en tant que manager de mon entreprise. En weekend de course, je bénéficie du soutien de quatre mécaniciens, ce qui est vraiment très important en regard de ma situation actuelle. La seule chose qui me manque encore, c’est de pouvoir aller encore plus vite pour être plus performant mais je suis confiant, cela viendra.

Tu es passé de la catégorie 600cc à la catégorie Moto2, comment vis-tu cette expérience ?

Moto2 – Entretien avec Robin Mulhauser

Mentalement, ce n’est pas facile de passer d’une à l’autre. Je dois faire appel à ma grande force morale pour continuer d’aller de l’avant en gardant à l’esprit après chaque course tout ce qu’il y a de positif, et ne pas baisser les bras, continuer de travailler au maximum de mes possibilités pour aller ensuite vers de meilleures performances tant il est vrai que j’ai déjà beaucoup évolué cette saison. Voir Franco Mordibelli 10e me rend fou et me motive bien à la fois aussi, car nos chemins se sont croisés déjà STK 600 !

Comment s’est passé ton premier entrainement de motocross ?

Il s’est plutôt bien passé, j’ai progressé à chaque tour car c’est vraiment tout nouveau pour moi, et en motocross ce qui est spécial c’est que plus l’on va lentement plus cela devient difficile physiquement, donc à la fin en enroulant un peu mieux mes virages, etc., cela devenait plus facile ! C’est une expérience que j’ai adorée, et j’aimerais vraiment en faire plus pour devenir bon dans cette discipline, car je pense que cela peut m’apporter beaucoup !

Quels sont les autres sports que tu pratiques régulièrement pour t’entraîner ?

Je pratique beaucoup de vélo, mais aussi de la natation, de la course à pied, l’hiver je vais facilement skier, faire de la raquette à neige ou encore de la randonnée à peau de phoque. J’aime bien aussi le karting et l’été, je m’entraîne le plus possible dans la discipline Supermotard !

Que vous apportez-vous mutuellement avec Dominique, au sein du Team ?

Moto2 – Entretien avec Robin Mulhauser

Dominique à bien plus à m’apporter que ce que je peux lui apporter moi, il joue un peu le rôle du grand frère dans cet univers, hormis les conseils techniques sur la piste ainsi que les conseils de pilotages, il m’apprend pas mal aussi par rapport au paddock car pour moi c’est tout nouveau ! Pour l’instant moi je me contente de lui apporter des conseils techniques au sujet de son iPhone (rires)

Quels sont tes projets ou tes espoirs pour la saison prochaine ?

La saison prochaine ce sera ma seconde saison en Moto2, et mon but sera clairement de marquer des points à chaque course pour me rapprocher au plus prêt du podium ! Mais la tâche ne sera pas simple !

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