Jacques Cornu exclusivement pour Objectif Moto !

Interview
Jacques Cornu est issu d’une famille modeste. A 18 ans et, faute de moyens, il s’achète une moto au lieu d’une voiture.Depuis ce jour et, sans en être véritablement conscient, la moto allait changer intégralement le cours de sa vie et faire na&icirc.tre en lui une passion qui dure encore aujourd’hui. La compétition ayant laissé place à des cours de perfectionnement dans un objectif d’améliorer la sécurité des motards.

Jacques Cornu exclusivement pour Objectif Moto !

Quels sont les grands moments de votre carrière ?De ma carrière, j’en fais un bilan sportif extraordinaire. Il est vrai qu’évoluer en tant que sportif professionnel en venant d’un petit pays comme la Suisse n’a pas toujours facilité ma carrière. En Suisse, nous ne vouons pas un culte aux sports mécaniques. Malgré cela, j’ai pu monter les échelons un à un et trouver des sponsors pour finalement faire la carrière que j’ai eue.A contrario, en Suisse quand vous gagnez, vous êtes suivi par tout un peuple, fier de vous.A ce jour, Il me reste bien davantage la passion d’un sport qui m’a permis de beaucoup voyager, et de faire le tour du monde. C’est cela qui a été le plus enrichissant pour moi. C’est en cela le côté le plus extraordinaire de ma carrière, mis à part tous les titres gagnés, bien s&ucirc.r !

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Je me souviens de mon premier podium, champion suisse en 500 cm3 en 1977, une toute petite coupe que je regardais, ignorant alors les plus grandes qui allaient suivre….

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En 1978, j’ai eu trois titres de Champion Suisse en catégorie 250 cm3 , 350 cm3 et 500 cm3 , unique dans les annales d’un championnat helvétique!A force de persévérance, j’ai gravi les différents échelons de la hiérarchie mondiale pour atteindre finalement le Championnat du Monde de vitesse.

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Deux victoires en GP dix ans plus tard en 1988. Cette année-là, je terminais une superbe saison à la troisième place du championnat du monde en catégorie 250 cm3!Ma carrière en GP commençait avec le Grand Prix d’Espagne en 1980 en catégorie 250 cm3 et prenait fin dix ans plus tard au Grand Prix d’Australie en 1990.

Jacques Cornu exclusivement pour Objectif Moto !

En 1989 victoire sur Honda NSR Lucky Strike à Francorchamps En 1982, dans une compétition parallèle, j’étais champion du monde en Endurance, au guidon d’une Kawasaki 1000 cm3Dans cette même discipline, j’ai également gagné les 24h du Mans, le 15 mai 1982, jour de mes 30 ans ! Un souvenir inoubliable. C’est en endurance également que j’ai remporté les plus prestigieuses courses, telles que les 24H de SPA en Belgique. Ce circuit est aussi celui où j’ai gagné un Grand Prix en catégorie 250 cm3 ainsi qu’une course de 24h. Actuellement, que faites-vous encore comme courses ?Pour mon plus grand plaisir, en 2011 j’ai participé à une course d’anciennes motos sur le circuit de Magny-Cours. Il s’agissait de la classique  » Coupe Moto Légende « . On a eu de la malchance avec une casse mécanique suivie de la chute de mon coéquipier. Sans cela, on aurait pu terminer dans les dix premiers. Je suis toujours très terre à terre et je n’ai plus rien à prouver. J’ai déjà bien roulé ma bosse.Toujours en Moto Légende, deux projets sont en cours pour 2013. Il y aura SPA et Magny-Cours. Sans avoir l’ambition de gagner, mais de participer et de rouler avec plaisir. Les années passant, il faut tenir compte de plusieurs éléments : les réflexes ne sont plus les mêmes et la condition physique n’est plus là non plus ! Si je vous parle de CRT, (Claiming Rules Teams) que pensez-vous de cette modification de catégories qui a pris effet en 2012 ?Dans les modifications des catégories, tout ne me convient pas. Ce qui me dérange le plus, en CRT, et c’est pareil en Trial, c’est qu’on sépare les pilotes en groupe de forts et groupe de moins forts… les gens s’y perdent… et c’est dommage.Moto2 représente à mes yeux la catégorie reine. Ils sont tous sur un pied d’égalité car tous ont les mêmes motos et on assiste à de très belles bagarres avec souvent un groupe de 4 à 5 motos sur les derniers tours pour la victoire. Les courses en Moto2 sont vraiment mes courses préférées.Puis au niveau Suisse en 2013 on aura trois pilotes de talent en 600 cm3. Une catégorie très bien représentée avec Thomas L&uuml.thi, Dominique Aegerter et Randy Krummenacher.Ils appartiennent à un team que je connais très bien. Il y aura de belles luttes et je serai scotché devant ma TV, c’est s&ucirc.r, à partager ces moments-là avec des amis…. Parlez-moi de La Cornu Master SchoolEn 1992, j’ai créé la Cornu Master School (Ecole de perfectionnement moto). J’y ai mis toute mon énergie et aujourd’hui encore, 20 ans après, je continue à développer, à créer de nouveaux concepts de cours. Le dernier en date est basé sur les nouvelles technologies utilisées sur les motos modernes.

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La Cornu Master School se distingue des autres écoles de perfectionnement moto de par son concept. Je suis itinérant avec mon école et me déplace dans toute la Suisse et également en France. Les motos sont mises à disposition des participants. Pour les cours spéciaux dans le terrain (Cours de glisse), l’équipement est également mis à disposition. Ce cours de glisse dans le terrain est pensé pour mieux ma&icirc.triser les réactions d’une moto qui glisse et vise particulièrement les motards venant de la route.Mettre à disposition un tel matériel représente un investissement énorme en maintien, entretien et réparations de tous genres.D’année en année, on essaie toujours de rester dans le coup, d’innover et d’être à la hauteur, ce qui engendre de nouveaux cours dans le concept de l’école. Je pense particulièrement à toute l’évolution des technologies électroniques conçues pour les motos parmi lesquelles on trouve les systèmes de freinages (combiné, dual etc.), l’ABS, le Track Control et l’anti-hopping (anti-dribble).L’assistance électronique a sensibilisé les gens à ses avantages et à ses inconvéniants. Mes cours sont reconnus par le Conseil de Sécurité Routière. Le concept de ma&icirc.trise parfaite de la moto est un point fort de la sécurité en Suisse.Débuter la moto avec de bonnes bases, c’est l’idée de mon cours d’initiation qui se déroule sur deux jours.Dans cette optique, je travaille avec de nombreux importateurs, et je mets différentes motos à disposition des participants. Il leur est ainsi possible de tester plusieurs types de motos différentes. L’avantage : se faire une idée précise du type de moto qui convient le mieux. Cette expérience privilégiée amène à faire directement le bon choix lors de l’achat d’une première moto. Cette manière de procéder représente un des points forts de mon école.Je suis seul à mettre sur pied un cours d’initiation à la moto en Suisse. Il n’existe aucune autre structure en Suisse permettant cela ! La pratique de la moto s’est énormément féminisée, observez-vous une différence majeure dans la manière de piloter ou le comportement sur les routes entre hommes et femmes ?Oui, en cela, l’école m’a confronté à des éléments que je ne connaissais pas avant. Il y a effectivement quelques points à relever !Ce n’est bien s&ucirc.r pas un sujet de discrimination mais bien des observations intéressantes faites au fil des années dans le cadre des cours de perfectionnement de mon école. A mes yeux, j’ai effectivement observé des différences flagrantes.Une femme, qui peut avoir autant d’expérience qu’un homme, se trouvera plus vite en situation d’insécurité. Je prends l’exemple d’une forte descente. Souvent il m’est arrivé de constater qu’une femme pouvait perdre une bonne partie de ses moyens en face d’une telle situation, alors qu’un homme descendra facilement, sans se poser de questions.Il n’y a pas de comparaison à faire mais il semblerait que la femme soit plus craintive et se comporte avec davantage de prudence.Une autre situation que celle d’une journée de cours où en règle générale, ils évoluent ainsi : l’homme travaille de façon plus instinctive, son écoute est plus superficielle d’où une attention et une concentration moindre. Tandis que la femme va se concentrer fortement pour faire les choses dans l’ordre et comme demandé, d’où une évolution plus rapide sur un exercice précis.Là je partage simplement mes constatations à travers 20 ans d’expérience dans le monde de la formation au pilotage. Que souhaitez-vous concrètement voir encore se réaliser au niveau de la sécurité des motards en Suisse ?Il faut continuer à améliorer le comportement des motards tout en améliorant la sécurité des routes. Quelle sont les vraies raisons d’une absence de circuit en Suisse ?L’absence de circuit en Suisse répond d’abord à un manque de volonté politique et je reviens sur le fait aussi que les gens en Suisse ne sont pas de vrais passionnés de sports mécaniques, à moins qu’un pilote sorte du lot et marche très fort, alors là, tous les Suisses sont derrière…Le vrai problème est que la Suisse est un pays où on habite les uns sur les autres… et dans notre mentalité suisse, il faudrait pouvoir construire un circuit qui ne dérange personne…. C’est mission impossible, on est face à un vrai problème de culture. Comparativement, imaginez de vouloir construire un circuit en ville de Rome …. Là, la mentalité est toute autre, certainement que beaucoup de gens y adhèreraient, et cela, malgré certains inconvénients.Il ne faut pas oublier non plus le fait que la Suisse est très bien située, au centre de l’Europe. Ceci représente un gros avantage aussi car vous êtes vite à l’Anneau du Rhin, Ledenon ou bien d’autres circuits encore. J’ai pris conscience de cet avantage durant ma carrière de pilote car je n’habitais pas la Suède, par exemple, ce qui a simplifié bien de mes voyages pour me rendre sur circuits.Aujourd’hui je ne me fais pas d’illusions, j’étais partisan d’un circuit dans notre pays mais au vu de la conjoncture, de l’état d’esprit qui règne actuellement, et de bien d’autres critères, c’est peine perdue. Je sais que de mon vivant, il n’y aura pas de circuit en Suisse. Pour les marques, vous arrive-t-il de tester de nouveaux modèles de motos sortant sur le marché ?Les marques ne me font pas essayer les motos et d’ailleurs mon emploi du temps est tellement overbooké que je ne trouverai pas un moment pour le faire. D’autre part, avec mon école, travaillant avec tous les importateurs, il me serait bien difficile d’être impartial pour juger d’une moto. Quelle serait aujourd’hui votre moto personnelle idéale ?Tout dépend du type de routes que j’emprunterai…. Si je partais faire un grand tour avec beaucoup d’autoroute, je choisirai une grosse Goldwing avec tout le confort que cela représente. Sur des routes suisses, toutes les sportives présentes dans ma remorque font l’affaire.

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Sinon j’aurais beaucoup de plaisir avec une vieille moto genre une SV 650 ou une Africa Twin 750, assis droit et avec un joli carénage.Rouler vite à ce jour, c’est au prix de risques inconsidérés pour soi et envers les autres. Je préfère rouler de 80km/h à 100 km/h sur une moto confortable mais je peux aussi concevoir qu’on préfère rouler avec une R1 sur laquelle on a ajouté un arbre à came pour gagner 10 chevaux. Vous avez suivi des cours de glisse auprès de Kenny Roberts (USA) à une certaine époque de votre carrière et on conna&icirc.t aussi les écoles de glisses de Colin Edwards (Texas) et du Belge Grégory Frastré (Retinne) comment vous démarquez-vous de ces différentes écoles ?Alors, ces gens forment tous des pilotes tandis que ce n’est absolument pas mon état d’esprit. Ceci nous différencie vraiment. Mon école propose des cours de glisse uniquement dans le but de pouvoir mieux anticiper et gérer les difficultés auxquelles tout pilote pourrait se trouver confronté un jour ou l’autre sur routes. Pourquoi une Soirée Vintage en 2013 ?Il y a 35 ans, j’organisais des bal populaires pour financer mes saisons.Il y a deux, j’ai réorganisé une soirée Vintage. L’idée : fêter les 20 ans de fin de carrière et les 20 ans de mon école. Le but étant toutefois différent : soutenir un pilote méritant. Au programme de la soirée : une conférence sur ma carrière, agrémentée d’un souper, le tout entrecoupé de musique vintage.En 2011, le pilote suisse à qui étaient destinés les bénéfices de la soirée a été Dominique Aegerter, pilote du Team Technomag. Au vu de l’énorme succès de cet événement, 2013 me verra donc réitérer une soirée de ce type. L’esprit de cette soirée festive est à nouveau de distribuer les bénéfices à un pilote méritant où/et à une association caritative. Rendez-vous donc en région neuch&acirc.teloise le 16 novembre prochain. La soirée sera bien s&ucirc.r pimentée de quelques anecdotes rigolotes et de quelques révélations insolites. Jacques Cornu exclusivement pour Objectif Moto !

Jacques Cornu conclut en me confiant que  » la moto et son histoire a été une vraie découverte de soi « .Pour plus d’informations : www.cornu-moto.ch
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