Dark Dog Moto Tour : interview des top pilotes

Fred Lejeune : « Sur le sec, ma BMW sera imbattable ! »Vainqueur des deux premières éditions du Dark Dog Moto Tour, Fred Lejeune se pose naturellement comme le grand favori et désire réussir la passe de trois. Mais fort des expériences précédentes et surtout de victoires conquises sur le fil, il reste conscient de la difficulté de ce hat trick. « Si la course se dispute sur le sec, ma BMW sera imbattable, mais, par contre, si elle a lieu sur un sol mouillé et glissant les monocylindres posséderont un petit avantage. D’une façon ou d’une autre, pour gagner il faudra d’abord battre Fred Fiorentino et Grégory Fastré. » Comme le veut son statut, Fred s’est empressé de reconnaître les spéciales et reste dubitatif. « Elles sont belles et exploitent des endroits où nous n’ennuierons personne, mais Dieu qu’elles sont sales. Il faudrait y donner un sérieux coup de balais car souvent elles ressemblent plus à des liaisons d’enduro qu’à des spéciales de rallyes routiers. Elles proposent aussi des portions très rapides où la saleté des routes rendra l’adhérence précaire. Je crois qu’en reconnaissance un bon paquet de concurrents a déjà tâté du bitume ! Mais j’estime aussi que les bases de régularité où il faut respecter à la seconde près une moyenne de 60 Km/h seront primordiales. Cette année, elles seront nombreuses et je me doute que les traceurs les délimiteront dans des endroits secrets ou la réception des satellites de nos GPS sera aléatoire ! Même si le mode de calcul a été modifié (NDR : à présent, une seconde de retard ou d’avance lors de ces bases équivaut à un dixième de point et non un point entier), n’oublions pas que mes deux succès ont été conquis pour quelques dixièmes seulement… Je suis aussi un peu surpris par l’engouement mitigé pour cette belle épreuve. Je suis convaincu que, comme les années précédentes, le parcours de liaison sera super beau et l’ambiance super sympa. Pour les organisateurs et les moyens déployés, l’absence des pilotes étrangers, surtout français, est un peu triste mais, à la limite, compréhensible. Depuis deux ans, la FIM nous fait miroiter pour cette discipline un titre mondial qui n’arrive pas. Cela démotive les pilotes, mais aussi les sponsors surtout en cette période difficile. »
Grégory Fastré : « Je viens pour gagner »Spécialiste de la piste, Grégory Fastré ne raterait pour rien au monde le Dark Dog Moto Tour, une discipline qui marie admirablement le plaisir de la moto à celui de la compétition. « Je ne comprends pas pourquoi les motards ne se précipitent pas sur cette épreuve. Avec une moto de série, on peut se faire plaisir, découvrir à son rythme un parcours dont, j’en suis convaincu, 75% de motards belges ne se doutent pas de l’existence chez nous. Et puis, il y a l’ambiance entre les pilotes. Ce sont de longues journées durant lesquelles nous sommes constamment ensemble et où la pression n’existe pas comme en vitesse pure. Le rallye, ce n’est vraiment que du plaisir. J’aborde cette édition décontracté, mais je viens pour gagner. Les expériences passées m’éviteront de commettre des petites erreurs. Des erreurs dues à un manque de concentration de ma part. Par exemple, l’an dernier, j’ai pointé en retard à un regroupement parce que je discutais avec un journaliste ! J’ai aussi perdu mes chances sur une base régularité suite à un problème de compteur. Cette fois, je ne me laisserai plus surprendre et j’ai doublé mes instruments de calculs ! De plus, je commence à bien exploiter toutes les qualités de ma Ducati Hypermotard. Une moto qui devrait être à l’aise dans les spéciales chronos surtout celle de Theux, qui s’annonce très sélective. Si je n’ai pas d’ouvreur – techniquement ce n’est pas évident de trouver quelqu’un qui peut vous donner les indications correspondant exactement à votre pilotage – je bénéficierai de l’aide de deux mécanos et d’un stagiaire du campus automobile de Francorchamps, en principe, juste chargés de contrôler la moto aux assistances. »
Dark Dog Moto Tour : interview des top pilotes
Fred Fiorentino : « Je dois rester concentré ! »Si Fred Fiorentino a animé les deux premières éditions du Dark Dog Moto Tour, le Binchois n’a malheureusement jamais terminé sur le podium. Chaque fois, une petite erreur dans une base régularité ou une incompréhension du règlement l’a envoyé au cœur du peloton. Il reste pourtant l’un des favoris de la compétition de ce congé d’Ascension et promet, cette fois, de redoubler d’attention : « on croit toujours trop vite que l’on a gagné ! ». En tout cas, il a mis tous les atouts dans son jeu et vient d’accomplir plus de 1000 Km en reconnaissance. « L’ensemble des spéciales est très équitable et ne favorise pas l’un ou l’autre type de motos. Il y a naturellement des choses à dire notamment sur le premier chrono de Theux. Je le qualifierai de très risqué car cette petite route est actuellement empruntée par nombre d’automobilistes voulant éviter les travaux du carrefour de Theux. Conséquences : ils ramènent la boue des bas-côtés et, en plus, creusent davantage les nids de poules de la chaussée. Dans la région, d’autres routes, en meilleur état, pouvaient être exploitées. Je crains que certains impétueux ne terminent leur rallye dès ce premier contre la montre. Lors du briefing, il faudra bien insister sur la sécurité et expliquer que la course comporte d’autres étapes de sélection. Les tronçons chronos au sud du pays sont d’un autre acabit, mais l’adhérence change tout le temps. Il suffit qu’un tracteur quitte un champ pour déposer un paquet de boue dans un virage masqué. Partout, il faudra toujours rouler à 95% de ses capacités. Comme les spéciales sont courtes, les différences ne seront pas grandes et les bases régularité permettront aux meilleurs pilotes de se détacher du peloton. Ce n’est pas toujours le plus rapide qui l’emporte. Les conditions météo vont aussi jouer. Mauvaises, elles avantageront les monocylindres qui auront bien besoin de cela pour compenser la rapidité des chronos ardennais. On annonce aussi une étape surprise le vendredi soir. Je n’aime pas ce genre de surprise car on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Je n’apprécie pas non plus la différence de puissance enregistrée entre les machines, comme la mienne, qui disputent l’IRC et le championnat de Belgique. Pour répondre au règlement de la FIM, ma KTM 990 est bridée à 100cv alors que, par exemple, les mécaniques du championnat national affichent 115 à 120 cv. Ainsi, les deux frères De Spa profitent de cette législation et comme ils sont expérimentés, ils peuvent créer la surprise. Mais comme rivaux directs, je vois plutôt Fred Lejeune, le double vainqueur, et Grégory Fastre…s’il n’est pas trop optimiste et ne commet pas d’erreur. En début de rallye, Gérald Delépine et Micka Despontin devraient profiter des étapes de Theux et de Kanne qui correspondent à leur pilotage d’ex-motocrossmen pour se porter à l’avant ! »
Dark Dog Moto Tour : interview des top pilotes
Gérald Delépine découvre…« Je suis chaud, bouillant ! » A quelques heures du départ, cette simple déclaration définit parfaitement l’état actuel de Gérald Delépine. Notre ex-champion du monde Supermoto, et toujours vedette de la spécialité, est impatient d’attaquer ce jeudi 21 mai la troisième édition du Dark Dog Moto Tour. C’est à la demande de Husqvarna, son employeur habituel, qu’il s’alignera au guidon d’une Supermotard 510. Et ce n’est pas pour lui déplaire. « Il s’agit d’une machine identique à celle que j’exploite au Mondial, mais de série et destinée à un emploi routier. Je suis donc en terrain de connaissances. On a déjà écrit que l’épreuve finale sur le circuit de karting de Francorchamps au soir de la première étape était taillée pour moi. C’est vite dit ! Sans doute suis-je un habitué de cette piste, mais au guidon de mon proto d’usine ! C’est-à-dire avec des pneus slicks, des suspensions réglées exclusivement pour cet exercice, un tout qui offre bien plus de grip que celui d’une machine de série. Les manches se déroulent aussi dans la fraîcheur de la nuit, donc sur un asphalte plus humide, élément dont il faudra tenir compte. Et puis, Fred Fiorentino connaît également très bien cette piste et Fred Lejeune vient de s’y entraîner plusieurs heures. Tout le monde ira vite ! Simplement, au long de ces trois jours, je tenterai de faire de mon mieux. Je ne suis pas habitué aux étapes routières et journalières de 500 km et les premières reconnaissances en spéciales m’ont impressionné. Ce sont des routes de tracteurs, souvent assez rapides où il n’est pas question de commettre la moindre erreur sous peine de sorties. Normalement, je devrais être dans le coup. » Et pour mettre toutes les chances de son côté, Gérald s’est empressé de réserver les services de l’ex-mécanicien de Fiorentino. « Claudy Lecrenier possède deux années d’expérience et devrait m’être d’un précieux concours, comme d’ailleurs l’assistance rapide mise en place par Husqvarna. »

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