Sena Phantom ANC : du réfractaire à l’enthousiaste

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Avec son Phantom, le Coréen Sena veut révolutionner la connectivité du motard pour un coût maîtrisé. Alors, qu’apporte vraiment la version ANC (Active Noise Cancellation) à cet intégral bien né ? De quoi s’enthousiasmer, pardi !

Quelle que soit la protection offerte par votre moto, l’ANC fait un travail épatant!

Entendons-nous, la réduction active du bruit n’est pas une nouveauté en soi et les audiophiles le savent. Par contre, appliquer cette technologie à un casque moto relevait de la gageure tant l’environnement y est instable en raison de la pression aérodynamique, des turbulences diverses et… des mouvements de la tête. En authentique pionnier, il y a déjà dix ans que Sena planche sur le sujet, et le Phantom ANC est l’héritier de ces recherches préalables. 

L’ANC en pratique

La réduction active de bruit utilise des microphones intégrés qui captent les sons ambiants. Une puce électronique analyse ces sons en temps réel puis génère dans les haut-parleurs une onde sonore inversée qui annule ces bruits parasites grâce au principe d’interférence destructive, créant ainsi un « silence numérique ». 

Pour l’essai complet du Sena Phantom, rien de mieux que de vous référer à ce que nous en disions Sylvain R et moi-même il y a quelques semaines : https://www.objectif-moto.com/sena-phantom-quand-lintercom-sintegre-completement-au-casque/ et

Sinon, le Phantom en résumé

  • Entièrement conçu et fabriqué par Sena dans sa toute nouvelle usine.
  • Intégral GT sportif en fibres composites répondant à la norme européenne 22.06.
  • Poids : 1836g en taille XXL.
  • 5 prises d’air sur la face avant + un extracteur à l’arrière.
  • Doux et confortable à porter (pas de problème pour caser des lunettes) avec champ de vision panoramique.
  • Aérodynamique réussie et très bon équilibrage.
  • Casque plutôt silencieux d’origine (sans ANC, donc).
  • Mécanisme de (dé)pose de l’écran très simple et visière verrouillée une fois fermée.
  • Feux arrière intégrés avec fonction « Stop » et lampe de poche avant.
  • 519€, 619€ avec l’ANC.

La version ANC en particulier

Comme pour le Phantom standard, dès qu’on a téléchargé l’application dédiée, la connexion est immédiate avec le GSM et on peut configurer finement ses modes d’écoute et de communication tout comme le fonctionnement des feux arrière. S’agissant de la lampe de poche évoquée ci-dessus, rien ne vous empêche de l’allumer quand vous remontez les files d’un embouteillage par exemple, car c’est un point (très) lumineux supplémentaire susceptible d’attirer l’attention des automobilistes.

On le sait, le partenaire de Sena pour le son est l’Américain Harman/Kardon, une référence en la matière, d’autant que les haut-parleurs sont ici de la deuxième génération. Le résultat est à la hauteur ; le rendu musical, le guidage GPS, la conversation téléphonique, tout est de qualité supérieure, quelles que soient les conditions de roulage. D’autre part, grâce à l’AINR (Artificial Intelligence Noise Reduction), le micro intégré dans la mentonnière reste sourd à tous les bruits extérieurs et vos interlocuteurs ne devineraient jamais que vous êtes au guidon.

L’intercom embarqué dans la gamme Phantom est le porte-drapeau de Sena, la 60S. A lui seul, il vaut 400€, et on mesure mieux l’effort du fabricant pour garder un prix  démocratique à ses Phantom. Le 60S présente une double compatibilité Mesh 3.0 et Wave Intercom, c’est-à-dire que vous pouvez communiquer via Bluetooth (Mesh, portée de 2km, 24 participants maximum) ou via les réseaux cellulaires (Wave, distance et participants illimités mais dépendant de la couverture réseau). Une restriction tout de même : le Mesh 3.0 n’est pas nativement rétro-compatible avec des systèmes plus anciens ; il vous faudra bidouiller avec l’application.

La présence de l’intercom renvoie la commande d’écran solaire sur le sommet du casque. Notez la lampe de poche sur la mentonnière.

L’IA, un atout omniprésent

Les Phantom tirent un second parti de l’AINR : puisque votre micro filtre à la perfection le bruit ambiant, les commandes vocales peuvent pratiquement tout faire et se substituer ainsi à l’utilisation des boutons physiques présents sur les flancs gauche et droit du casque. Vous pouvez diriger les assistants virtuels comme Siri ou Google, commander la musique, accepter ou refuser les appels, appeler vous-même, etc.

Les nouvelles chambres acoustiques sont d’une efficacité remarquable mais ont une incidence sur la taille du casque.

Bon, tout cela c’est très bien, mais rouler avec le Phantom ANC, ça procure quoi ? Eh bien, c’est une surprise, une claque, un choc ! Mais sachez d’abord une chose : comme les chambres acoustiques spécifiques à l’ANC ont une forme différente, le Phantom ANC taille plus petit que le modèle standard ; c’est à considérer au moment du choix et il est probable que nombre d’acheteurs choisiront la taille supérieure à ce qu’ils portent d’habitude… Un nouvel étonnement vous attend lorsque vous écoutez de la musique pour la première fois, car les nouvelles chambres acoustiques et les haut-parleurs dédiés à l’ANC offrent une sensation de basses plus présentes, et c’est tout bénéfice pour les mélomanes. D’autant que l’ANC lui-même fait un effet bœuf. Rouler ANC connecté en écoutant de la musique excède plus ou moins largement les capacités des meilleures installations audio livrées sur les GT haut de gamme ! Et pour le reste, c’est simple : rouler avec l’ANC –qui peut aussi se déconnecter, mais à quoi bon ?-, c’est comme rouler avec, dans les oreilles, des bouchons très efficaces sauf que… vous ne portez aucun bouchon.

L’intégration de l’intercom ne nuit aucunement au confort du Phantom ANC.

Sena revendique une baisse du niveau sonore à hauteur de 20 décibels ; à défaut d’un laboratoire pour mesurer cette performance, je me fie à ma (très) longue expérience des casques de tous types et de toutes marques pour dire que le Phantom ANC est de très loin le plus silencieux avec lequel j’ai roulé. Avec lui, aucun inconfort acoustique ni fatigue supplémentaire due au niveau sonore ; c’est une réussite incontestable. A ce stade, il serait cependant légitime de se demander si le lissage systémique des bruits ambiants ne nuit pas à la sécurité. La réponse est non parce que ce que l’ANC éradique avant tout, ce sont les bruits et sifflements aérodynamiques provoqués par le flux d’air entourant le casque ; l’environnement sonore généré par la circulation autour de vous reste quant à lui clairement perceptible quoiqu’il soit également légèrement atténué. Dans ces conditions de silence numérique, est-on obligé d’ôter son casque quand on s’arrête brièvement et qu’on veut adresser la parole à quelqu’un ? Non, car Sena a pourvu l’ANC d’un mode « Ambient » prévu pour ça : une fois sélectionné à l’aide du bouton adéquat, ce mode agit comme un amplificateur des sons extérieurs. Bien pensé ! En remontant en selle, on n’oubliera pas de repasser en mode ANC, sans quoi le mode « Ambient » générera des bruits parasites et des crachotements gênants. Logique puisqu’il est conçu pour n’être utilisé qu’à l’arrêt.

Pour parler aisément à quelqu’un, il suffit de déconnecter l’ANC. Avec de gros gants, la manipulation des boutons demande une certaine dextérité.

Alors, comment conclure ?

Eh bien, c’est simple ; j’ai définitivement rangé ma défroque de réfractaire au placard pour sortir celle du convaincu : le Sena Phantom ANC fait partie de ces choses dont on ne voit pas l’utilité avant de les avoir essayées et… dont on ne peut plus se passer après !D’abord parce que toutes ses caractéristiques de casque connecté lui offrent une kyrielle d’usages pratiques et agréables mais surtout parce que l’ANC lui confère un confort inusité. Quel bonheur de ne plus avoir les oreilles agressées ! Prenez la route avec un casque « normal », et vous mesurez immédiatement la différence abyssale instaurée par l’ANC ; et ce n’est pas le pourtant excellent HJC R-Pha 72, porté lui aussi durant l’essai du Sena, qui nous ferait revoir ce jugement.

Ne négligeons pas la plus-value sécuritaire apportée par les feux arrière.

Soucieux de ne pas sembler partial, je finirai cependant par deux griefs : les boutons sur le casque, ça fonctionne très bien. Encore faut-il se souvenir des combos de commandes à utiliser pour atteindre son objectif  et encore faut-il ne pas porter de trop gros gants sans quoi, on ne sent plus clairement les commandes sous les doigts. Ah oui, les commandes vocales ont parfois des ratés, mais c’est rare. Et puis, il faut évidemment en mémoriser la liste pour les utiliser efficacement. Soulignons enfin que l’autonomie offerte par la batterie intégrée est de 30 heures en conversation (confirmée par notre essai), ce qui écrase littéralement toute concurrence. Si bien qu’au bout du compte, mon essai se résume en quatre mots : « L’ANC, quel pied ! »

CARACTÉRISTIQUES SENA PHANTOM ANC

• Casque intégral certifié ECE 22.06

• Poids : 1720 g (en taille M)

• Coque en fibre de verre composite

• Mousse EPS multi-densité

• Jugulaire à boucle double-D

• Intérieur détachable et lavable

• Ventilations : mentonnière et front

• Lampe LED à l’avant

• Lampes LED à l’arrière : feux de jour et feux de freinage

• Compatible Pinlock

• Écran solaire rétractable

• Commandes vocales

• Bluetooth 5.3

• Type d’intercom :

o Intercom Wave

o Intercom Mesh 3.0

o Intercom Mesh 2.0

• Portée de l’intercom :

o Intercom Wave : sans limite de portée

o Intercom Mesh : 2 km en terrain dégagé

• Nombre d’utilisateurs :

o Intercom Wave : pratiquement illimité

o Intercom en mode Open Mesh (ouvert) : pratiquement illimité

o Intercom en mode Group mesh (privé) : jusqu’à 24 utilisateurs

• Compatibilité multi-marques grâce à Wave

• AINR (Artificial Intelligence Noise Reduction) : réduction de bruit avec IA sur le microphone

• Batterie 1700 mAh

• Autonomie de 35 heures en conversation

• Temps de charge : 2h30

• Mise à jour OTA (Over-the-Air) sans fil

• Application SENA Motorcycles

• Application SENA Wave

• Tailles disponibles : S, M, L, XL et XXL

• Coloris disponibles : noir mat, noir brillant et blanc brillant